La candidature de Bruno Le Maire ou comment bousculer la com' des ténors de l'UMP

Bruno Le Maire, le 10 juin 2014, à Paris, au siège de l'UMP. (FRED DUFOUR / AFP)

Bruno Le Maire a présenté sa candidature pour la présidence de l'UMP ce matin sur BFM TV. En quoi cette "sortie du bois" est tout sauf improvisée. Retour sur la stratégie de com' tissée patiemment par cet élu depuis des années.

1 Symboliser la "nouvelle garde politique"

A 45 ans, Bruno Le Maire fait résolument partie de la nouvelle garde politique. Une posture qui tranche face au vieux briscard qu'est Hervé Mariton, seul candidat déclaré avant lui et de dix ans son aîné. Il n'est plus si jeune -certes-, mais pas si vieux. Si le terme "renouveau" est martelé à chacune de ses apparitions, cela fait deux ans que l'homme politique reste campé sur cette ligne, sans en déroger. La communication, c'est avant tout de la cohérence et du bon sens. Finalement, ses éléments de langage distillés au fil des années bénéficient aujourd'hui d'une caisse de résonance.

2 Se porter candidat pour gagner en notoriété

Qui connaît véritablement Bruno Le Maire ? Certes, son passé de ministre de l'agriculture l'a placé un temps sous le feu des projecteurs, mais il manque encore cruellement de notoriété. Finalement, à présenter sa candidature aujourd'hui, il a tout à gagner : exposition médiatique et forte visibilité. La campagne commence de son côté pour obtenir avant les autres prétendants les 1% de parrainage dont il a besoin pour se porter candidat. D'ores et déjà en rang de bataille, son staff a posté en ce sens sur son blog un appel aux militants. De son côté, il vient d'ailleurs de tweeter. La bataille peut commencer : "Merci pour vos nombreux retours enthousiastes ! L'aventure commence ...".

3 S'entourer de jeunes élus pour pirater le logiciel de l'intérieur

Pour l'instant, il n'est question que de la Présidence de l'UMP, mais l'homme est ambitieux et il est impossible d'interdire au Président de se présenter à la primaire. Le calcul est simple du côté de ses équipes : celui qui aura mis les mains dans le cambouis de l'UMP partira avec un avantage en termes d'image lors de la primaire. Le triumvirat entériné à la tête de l'UMP est à l'image de la paralysie du parti depuis 2012 : organigramme totalement dédoublé, insatisfaction chronique des militants...la révolte gronde sourdement. Pour pirater le logiciel de l'intérieur, Bruno Le Maire dispose d'un groupe de soutien non négligeable à l'Assemblée. Flanqué du jeune Thierry Solère et de Laure de la Raudière, ses deux fidèles parmi les fidèles, entourés de jeunes maires tels que Delphine Bürkli, il peut marquer la différence. Son tour de France n'a pas été un coup d'épée dans l'eau.

4 Sortir du bois aujourd'hui pour prendre de court les autres prétendants

Nathalie Kosciusko-Morizet ne peut se présenter tout de suite sans donner l'impression de se désintéresser totalement de la Mairie de Paris. Il l'a court-circuitée. Quant à Xavier Bertrand, malgré ses sorties médiatiques, il entend plus verrouiller le parti pour des questions de fichiers. La présidence, très peu pour lui du moment qu'il peut conserver une posture présidentielle en gardant un oeil sur François Baroin.

5 Axer les éléments de langage sur la transparence, le renouveau et la hauteur de vue

Renouveau, transparence, honnêteté... ses mots ne manqueront pas d'émailler la campagne qui vient d'être lancée. Car Bruno Le Maire joue à fond cette carte pour gagner en crédibilité. Les médias s'intéressent d'ores et déjà à lui. Il n'a rien à perdre, tout à gagner.

Bilan dans quelques semaines, mais les paris sont lancés.

Anne-Claire Ruel

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