Chronique d’un dépressif

r.f.m II

Dans les classifications internationales des maladies et des troubles mentaux, les troubles dépressifs appartiennent à une catégorie plus large appelée « troubles de l’humeur ». Il n’existe en effet pas qu’une seule dépression, mais plusieurs, très distinctes les unes des autres (comme, par exemple, le trouble bipolaire, la dépression saisonnière, la dépression post-natale, la cyclothymie, la mélancolie, etc.).

Parmi l’ensemble des troubles mentaux, les troubles dépressifs sont les plus fréquents après les phobies et l’alcoolisme. Ils sont également la première cause de suicide (selon l’INPES, dans 70% des cas de suicides, les personnes souffraient de troubles dépressifs). Le risque de présenter un trouble dépressif majeur sur la vie varie de 10 à 25 % pour les femmes et de 5 à 12 % pour les hommes.

Les principaux symptômes d’un trouble dépressif sont illustrés dans cette chronique :

Mes épisodes dépressifs démarrent toujours de la même façon : une surcharge de travail, une humiliation ou un échec cuisant. Je me regarde alors plonger dans une tristesse chronique et je sais que je ne remonterai pas avant longtemps. J’en oublie même ce qu’ont pu être le plaisir, la facilité et la spontanéité.

Rapidement, mes intérêts se restreignent considérablement. Mes seules motivations dans la vie ne sont plus que la nourriture et mon lit King Size. Manger et dormir sont les deux choses qui me procurent un peu de satisfaction. Dans tous les cas, je préfère rester seul, d’autant plus que je grossis.

Je réussis malgré tout à travailler encore et à avoir une vie sociale, mais cet exercice reste très difficile. Il consiste à simuler que tout va bien, à rigoler aux blagues des collègues et à se donner un air naturellement détaché comme tous les abrutis de mon réseau social, sauf qu’eux ne comprendront jamais que nos vies sont totalement inutiles.

Même si je fais tout pour camoufler ma tare, j’ai l’impression que certain ont repéré que j’étais dépressif. Ceux-là, j’ai l’impression qu’ils en profitent et m’enfoncent encore plus au lieu de me tendre une main. Même mes meilleurs amis me paraissent méchants. Ces connards n’ont aucune considération pour moi. Ils ont pourtant raison, je suis une merde.

Au travail, je n’arrive plus à me concentrer. J’ai beau lutter, boire du café, mais je finis toujours par m’endormir. Je pourrais dormir n’importe où. Mon père dit que je suis « un  mou ». Il n’a pas compris que j’étais fatigué, sans énergie, et que pour moi tout était difficile. Il n’a pas compris que je n’y pouvais rien si les neurones de mon cerveau produisaient moins de dopamine. Ma mère était pareille et déjà, elle se faisait traiter de « molle » par mon père.

J’ai de la chance, je ne fais pas partie de ces mélancoliques qui se foutent en l’air ou qui multiplient les séjours en psychiatrie. Moi, je n’ai été hospitalisé qu’une seule fois. Et encore, par libre consentement. Les autres, les dépressifs sévères, on ne leur demande pas leur avis avant de les interner. Mais on dit que c’est pour mieux les soigner et les protéger d’eux-mêmes.

Pour en savoir plus sur les troubles de l’humeur, vous pouvez consulter le site d’information psycom en cliquant ici.

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