D’un film sur la folie : "The Master" de Paul Thomas Anderson

Dans le dernier film du réalisateur de Magnolia sorti en début d’année, le personnage principal du film, incarné par Joaquin Phoenix, est un vétéran américain du deuxième conflit mondial. Ses symptômes majeurs :

-       Consommation d’alcool, de solvants et de combustibles à doses élevées.

-       Inadaptation sociale conduisant à des agressions verbales et physiques.

Ces complications psychiatriques sont fréquentes chez les anciens combattants porteurs d’un syndrome de stress post-traumatique (cf. article « d’un Fight Club thérapeutique »).

Le film décrit la rencontre de ce vétéran marginal avec une autre sorte d’inadapté, joué par Philip Seymour Hoffman : un maître à penser autoritaire et guérisseur aux idées improbables, qui tente d’imposer au monde ses techniques thérapeutiques complètement farfelues et dangereuses. Ses symptômes majeurs :

-       Idées délirantes

-       Folie des grandeurs (mégalomanie)

-       Intolérance à la frustration

Ces complications psychiatriques sont fréquentes chez les meneurs de sectes.

Le film parie donc sur une confrontation explosive entre ces deux personnages. Néanmoins, certaines critiques lui reprochent son manque de sens. En effet, on se demande parfois où veut en venir le réalisateur car les intrigues sont difficiles à dénouer, à l’image de la folie des héros. Mais c’est justement sur cet aspect que l’ovni filmique est intéressant : il tente de mettre en abîme une expérience psychopathologique intense que le spectateur est à son tour invité à éprouver…

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