Histoires “croustillantes” et “savoureuses“ du Tour de France

 

Evidemment, un Tour de France, même à vélo, sans que viennent s’y nicher quelques bonnes histoires de table, ça semblerait étrange. D’ailleurs, tout commence “plein pot” en 1903, dès la première étape du premier Tour. Le départ est donné de Montgeron (Essonne) devant le café “Le réveil matin”. Le programme est copieux : 467 kilomètres… L’arrivée est jugée à Lyon ! Une paille… Le vainqueur sera Maurice Garin, il gagnera également cette première édition de la Grande boucle. Il lui faudra 17 heures, 45 minutes et 44 secondes pour rallier la capitale des Gaules. Fatigué, sûrement, mais surtout affamé. Maurice Garin, doté d’une moustache en forme de guidon de vélo s’attable pour un repas pantagruélique. Il  engouffre deux poulets, quatre beefsteaks, une omelette de dix œufs et pour faire bonne mesure, il termine sur douze bananes. Un régime, entier… Le tout arrosé d’une bouteille de Bordeaux, ce qui paraît peu, pour le coup.

Plus frivole, en 1954, Federico Bahamontès, l’Aigle de Tolède, sans doute le meilleur grimpeur de tous les temps, arrive largement en tête au sommet du col de la Romeyère, dans les Alpes. Là, il avise un vendeur de glace, s’arrête et lui prend un cornet à la vanille. Qu’il déguste tranquillement. Certains disent que Bahamontès n’aimait pas trop descendre seul les pentes des sommets qu’il gravissait si facilement. Lui, bien sûr, donne une autre version de son instant fraicheur : « J’avais un problème mécanique, expliquait-il à la presse de l’époque, la voiture d’assistance tardait à venir, alors j’ai acheté cette glace. » Ok, respect au grimpeur, paix au descendeur…

On chuchote également que Rober Chapatte (un ancien de la maison, également champion cycliste),  échappé sur une étape,  se serait arrêté pour siffler une bière… Mais cela ne nous regarde pas…

 

Rafale de perdreaux

 

Il n’y a pas que les coureurs qui mangent sur le Tour, il faut aussi nourrir les journalistes. Antoine Blondin reste aujourd’hui encore la plume sublime du cyclisme, ses chroniques dans l’Equipe sont des merveilles. Nous sommes dans les années soixante, les rédacteurs des journaux organisateurs de l’épreuve dînent le soir avec la direction de la course. Premier soir, dîner fort agréable avec en plat de résistance du perdreau. Pas mal ! Le lendemain, dîner fort agréable avec en plat principal : du perdreau. Hasard ? Le troisième jour : perdreau. Redondance ? Le quatrième jour : perdreau. Acharnement ? Le cinquième jour, alors que le perdreau est annoncé, Antoine Blondin interpelle Jacques Goddet, directeur du Tour de France et lui lance : « Si le perdreau doit nous suivre jusqu’à Paris, autant lui donner tout de suite un dossard ! » Une erreur de l’organisation avait en fait envoyé le même menu à tous les restaurateurs qui recevaient les journalistes et la direction de la course.

Les spectateurs aussi grignotent, les scènes de pique-nique sont l’image même d’une France popote, mais c’est lors du passage de la caravane publicitaire que les enfants, dès 1929, ramassent sur le bitume les friandises jetées à pleine brassée depuis les véhicules. Cette année-là, le chocolat Menier a la bonne idée de distribuer des tablettes de chocolat aux spectateurs amassés le long des routes. Ce sera l’origine de la caravane publicitaire, dès l’année suivante, les biscottes Delft ainsi que la fromagerie Bell et sa fameuse “Vache qui rit” commencent elles aussi la distribution. Et ça ne s’est jamais arrêté depuis.

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