Wimbledon : pluie de crème fraiche sur fraises du Kent

Comment savoir si l’été arrive à Londres ? Rien n’est plus simple. Si le stade de Wimbledon ouvre ses portes : c’est l’été. Les Anglais ont ainsi mis en œuvre de multiples stratagèmes pour parvenir à se repérer dans le calendrier. A la belle saison, enfin donc l’été, les hommes portent des canotiers et des blazers blanc à rayures, les femmes sortent coiffées de tambourins et de capelines. Pour ceux et celles, bien sûr, qui ont le privilège d’assister en bonnes places, à la régate royale de Henley, au derby d’Ascot et aux matches de tennis organisés par le All England Tennis and croquet club.

On pensait ces traditions statutaires, clivantes socialement, pas du tout. Un gentleman n’a pas besoin d’être habillé d’un blazer pour être un gentleman, une lady reste une lady même sans tambourin ; certes, elle le regrette… Mais secrètement.

Ces traditions ne sont là que pour signaler le retour de l’été, bien plus sûrement que ne le font les hirondelles, qui parfois hésitent à traverser le channel… En queue de pie, en plein été, vous n’y pensez pas…

A Wimbledon, pour finir d’imaginer que juin est bien là et que très certainement juillet suivra, on sert des fraises à la crème. C’est un must, absolument incontournable. Comme le Pimm’s, ce cocktail fort sucré et fort alcoolisé, où batifolent des morceaux de fraise et de concombre, que les anglais appellent également "Summer cup". On boit plus de 200 000 verres de Pimm’s durant la quinzaine de Wimbledon (ce besoin d’auto persuasion…).

Quant aux fraises à la crème, 8 600 coupes sont dégustées chaque jour. Les "strawberry fields" qui approvisionnent le stade sont tous exclusivement situés dans le Kent, for a long time and forever. La raison : la fraîcheur… Ne souriez pas. Elles sont cueillies à D – 1, et arrivent à 5.30 am pour être préparées sans retard le jour même. Au total, les spectateurs engloutissent 28 000 kilos de fraises arrosées de 7000 litres de dairy cream. Et l’on croyait qu’ils regardaient des matches de tennis…

 

Pour finir, une petite recette. Oublions la crème fraîche, seulement possible lorsque les fraises sont bien mûres, très parfumées, sinon vous risquez la noyade totale d’un fruit submergé par l’épaisse onctuosité blanche. Non, comme l’année n’est pas bien ensoleillée, même dans notre belle France - convenons-en - les fraises ont besoin d’un petit coup de booster. Je vous suggère donc cette recette :

 

Soupe de fraises à la fleur d’oranger

Ingrédients

Pour 4 personnes

500 grammes de fraises Mara des bois

3 oranges à jus

5 cl d’eau de fleur d’oranger

Poivre long

Vinaigre balsamique blanc (le rouge est utilisable également, mais il teinte la couleur de la soupe)

Feuilles de menthe, de basilic ou de verveine (au choix)

Sucre semoule 1 à 2 cuillères à dessert (selon les goûts et le taux de sucre naturel des fraises)

Préparation

Lavez les fraises, laissez les égoutter. Les couper en quartier, puis les placer dans un saladier, verser dessus le vinaigre balsamique (2 cuillères à café), le sucre et le poivre long (deux pointes de couteaux). Laissez l’ensemble mariner au frais pendant au moins une heure.

Pressez le jus des oranges, ajouter l’eau de fleur d’oranger. Goutez, si le parfum de la fleur d’oranger est trop ténu, ajoutez en un peu…

Dressage

Répartir les fraises dans des coupes à fruit, verser le mélange jus d’orange fleur d’oranger. Décorer avec des feuilles ciselées de menthe, de basilic ou de verveine selon les goûts.

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