L'Infatigable Yoko Tsuno

Yoko et Emilia reçoivent une étrange visite. Un notaire vient leur annoncer que l'arrière-grand-tante d'Emilia lui a légué son cottage... pour la remercier de lui avoir sauvé la vie en 1935 ! De fait, Yoko et à Emilia voyagent jusqu’en 1934 pour lui porter le remède contre la tuberculose dont elle souffre. Sur place, elles auront affaire à des comploteurs russes et une étrange pierre précieuse au pouvoir maléfique.

Le maléfice de l’améthyste est le 26èmetome des aventures de Yoko Tsuno apparue en 1970. Après 40 ans d’existence,  l’électronicienne est toujours aussi populaire chez les lecteurs de tous âges. Pourquoi ?

Des nouveaux personnages

Au fil des années, à part l’héroine elle-même, les personnages de la série ont été régulièrement renouvelés. Une façon de raviver en permanence la curiosité des lecteurs. Et d’éviter que les scénarios ne tombent dans la routine. Le « trio de l’étrange »du premier album Yoko/Pol/Vic a laissé la place à une demi-douzaine de personnages secondaires que l’auteur fait apparaître au fil des aventures selon les nécessités de l’intrigue.

Au risque d’ailleurs d’en faire des personnages fades qu’on aimerait plus développés. Dans un album, Yoko adopte une petite fille chinoise qui n’est plus qu’une ombre dans les albums suivants. Dans une autre histoire Pol – un des héros d’origine  - épouse Mieke, une jeune femme venue du passé. Depuis, elle apparaît épisodiquement.

Tous ces nouveaux personnages sont des femmes ou des jeunes filles. C’est l’autre grande évolution. A l’origine, en 1968, Yoko Tsuno c’était « Action et Hard-Science », avec quelques passages sur l’amitié, la fidélité, le respect de la vie. Yoko était un garçon manqué qui voulait prouver qu’elle était l’égale des hommes. A gros traits : une série pour les garçons  mais qui pouvait plaire aux filles.

Des nouveaux lecteurs

Au fil des aventures, le caractère de l’héroine s’est adouci. Les sentiments, l’amitié, les relations humaines ont pris le dessus, la science-fiction est surtout une toile de fond. En grossissant le trait encore une fois, en 2012 « Yoko Tsuno » est une série pour les filles mais qui peut plaire aux garçons. Féministe toujours, mais d’une autre façon.

Et puis rendons à César ce qui lui appartient : à 79 ans, Roger Leloup fait vivre avec passion la seule BD tous publics de Science-Fiction. En inventant les Vinéens, humanoïdes à la peau bleue bien avant Avatar, l’auteur a créé une civilisation extra-terrestre crédible et une flotte de vaisseaux spatiaux dont le trait n’a pas vieilli en 40 ans.

L’exil des Vinéens de Vinéa vers la Terre puis leur retour sur une planète dévastée, la recherche des « colonies perdues » est une source inépuisable d’aventures spatiales (pas assez exploitée au goût de certains lecteurs). Par ailleurs, la ficelle est un peu grosse mais l’apparition d’une machine à voyager dans le temps dès le 11ème album en 1981 a permis d’élargir les possibilités d’histoire. Bref, après 40 ans, la série « Yoko Tsuno » a toujours un potentiel énorme. Un gage de qualité.

Trois sites à consulter :
Crayonné tiré du Tome 25 : "La servante de Lucifer"
Publié par Nicolas Le Marignier / Catégories : Actu

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