© Yana Paskova / Washington Post

Donald Trump s'attire les foudres des défenseurs des animaux et le soutien des chasseurs d'éléphants

Hier, jeudi 16 novembre, l'administration de Donald Trump a réautorisé les chasseurs américains à importer sur le territoire des trophées d'éléphants tués au Zimbabwe, lors de la chasse pour le loisir. Le U.S. Fish & Wildlife Service(USFWS) va émettre des permis autorisant l'apport de ces trophées d'éléphants abattus entre le 26 janvier 2016 et jusqu'au 31 décembre 2018.

En autorisant légalement cette mesure, Donald Trump s'attire la colère des associations de défense des animaux. Une fois encore, le président républicain confirme sa volonté de s'écarter de la lignée de ses prédécesseurs. Les autorités américaines renversent ainsi l'interdiction, imposée sous Barack Obama en 2014, d'importer notamment les défenses d'ivoire, très convoitées, des éléphants.

Cette décision avait été prise dans le but de lutter contre l'extinction de cette espèce, dont la population diminue considérablement d'année en année. Selon l'organisation Great Elephant Census, le nombre de pachydermes a chuté de 30% entre 2007 et 2014 en Afrique, avec une baisse de 6% pour le Zimbabwe.

De la chasse pour le loisir vers le braconnage ?

L'administration américaine exploite avec cette mesure un aspect de la loi américaine sur les espèces en danger (Endangered Species Act), qui stipule que l'importation de tels trophées peut être légale si la preuve est apportée que la chasse bénéficie à la conservation plus large des espèces. "La chasse pour le loisir, légale, bien encadrée, dans le cadre d'un programme, peut bénéficier à la conservation de certaines espèces en incitant les populations locales à conserver les espèces et en injectant l'argent dans la conservation", explique ainsi l'USFWS.

De son côté, l'organisme de protection des éléphants baptisé The Elephant Project, dénonce sur Twitter une dérive potentielle de cette levée de l'interdiction: "100 éléphants sont déjà tués chaque jour. Cela mènera à davantage de braconnage". Pour sa part, le centre américain pour la biodiversité a déploré qu'en autorisant l'importation "des têtes, des pieds et des queues d'éléphants morts aux Etats-Unis", Donald Trump "légalise le fait du tuer des éléphants menacés".

Les fils Trump adeptes de la chasse

Suite à l'annonce, de nombreux internautes ont évoqué une corrélation entre la décision de l'administration américaine et la passion des deux fils aînés du président, Don Jr et Eric, qui se rendent régulièrement à la chasse aux trophées en Afrique. Plusieurs photos ont été relayées sur les réseaux sociaux. Sur l'une d'elle, Donald Trump Jr brandit une queue d'éléphant dans la main, à côté de l'animal mort.

Yelen Bonhomme-Allard

Nouveau-Mexique : Voyage au coeur de l'unique désert de sable blanc au monde

Cette semaine, nous avons emmenons au Nouveau-Mexique, dans le sud-ouest des États-Unis, à la découvert du désert de sable blanc baptisé White Sands.

Située dans le bassin de Tularosa, entourée de montagnes, la cuvette de White Sands abrite le plus grand désert de gypse du monde, avec une superficie de 715 km². Les cristaux qui forment ces dunes sont du gypse (espèce minérale composée de sulfate de calcium), déposé là il y a plusieurs millions d'années quand cette vaste étendue blanche était encore un lac. Celui-ci s'est ensuite évaporé mettant à nu des petits blocs de gypse.

Ce sable est encore plus fin que celui du Sahara. Tellement fin que, vu du ciel, on le voit s'échapper, poussé par le vent. Les bourrasques sont particulièrement fortes de février à mars. Le sable façonne alors des dunes à la forme de vagues, particulièrement appréciées des photographes.

Un site dunaire mis au service de l'armée 

Près du désert de White Sands se trouvent plusieurs terrains militaires, en activité depuis la Seconde Guerre Mondiale. C'est ici que sont testés les nouveaux armements, les tirs d'essai de missile, ainsi que les nouvelles technologies spatiales. Le lieu a notamment servi de piste d'atterrissage à la navette spatiale américaine lors de la mission STS-3 en mars 1982. Pour des raisons de sécurité, les routes à proximité de White Sands peuvent être fermées au public pendant ces expérimentations.

Reportage de Valérie Astruc, Laurent Desbois, Andréane Williams et Arielle Monange 

Les diners, la fin d’une tradition à New-York

Nous avons emmenons cette semaine au coeur de New-York, la ville qui ne dort jamais. Face à la rénovation urbaine et aux changements alimentaires, la tradition des diners se perd, au grand dam des touristes. 

Le Stardust, situé au coeur du quartier de Times Square, est le deuxième restaurant le plus fréquenté de la "grosse pomme". Les curieux s'y pressent tous les jours pour le déjeuner ou le diner. La file d'attente, de plusieurs heures parfois, est loin de décourager les plus téméraires. À l'intérieur, entre le ballet des plats, les serveurs assurent le divertissement des clients. Chants, danse et lancer de confettis pour le final forgent la réputation du lieu. Une chose est certaine : on y vient plus pour le spectacle, que pour les conversations en tête à tête.

Mais tous les diners ne se targuent pas d'une telle notoriété. Le Square Diner, par exemple, est plus authentique. La tradition familiale prime. Le propriétaire a quitté la Grèce il y a 50 ans, "comme un simple immigré", précise son fils. À la plonge, puis derrière les fourneaux, le responsable a gravi les échelons avant de racheter l'affaire et le terrain à son ancien patron. Depuis rien a changé, et c'est justement ce look rétro que les touristes apprécient.

Grâce à leur image vintage, les diners sont régulièrement les décors de nombreux films et séries américains. Les cinéphiles se souviendront de Happy Days dans les années 70 et 80, ou Goodfellas (Les Apprentis en français). Auparavant, ces restaurants étaient fréquentés par la classe ouvrière mais les changements alimentaires actuels ont eu raison de ces établissements. Leur nombre a considérablement baissé, à tel point que les diners se font rares dans le paysage américain, notamment dans les mégapoles.

Reportage de Jacques Cardoze, Laurent Desbois et Andréane Williams

À la découverte de Georgetown, quartier historique de Washington D.C

Georgetown est une ancienne ville portuaire construire durant la première moitié du XVIIIe siècle. Elle a été fondée en 1751 par George Beall et George Gordon sous le nom de Town of George. George étant aussi le prénom du roi d'Angleterre de l'époque, George II, un doute persiste quant à l'origine du nom de la ville. Située à la limite du Potomac, la ville a rapidement prospéré grâce à son port, favorable au commerce du tabac. Aujourd'hui, Georgetown est l'un des quartiers les plus branchés de la capitale.

  • M Street

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Connu pour ses nombreux magasins, Georgetown est un quartier incontournable pour les accros du shopping. Tout au long de l'avenue, les enseignes nationales - voire internationales - côtoient les petites boutiques de créateurs. Vêtements et chaussures paradent dans les vitrines au gré des saisons et des collections.

  • Georgetown Cupcake 

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Saveurs chocolat, caramel, carotte ou noix-de-coco, il y en a pour tous les goûts. Chaque cupcake revêt un chapeau de crème colorée, avec de nombreux éléments de décoration (paillettes, fleurs, coeurs ou guimauve arc-en-ciel). Difficile de ne pas y succomber mais... armez-vous de patience ! Du matin au soir, la pâtisserie ne désemplit pas et la file d'attente est souvent longue, très longue.

  • "The Exorcist" Steps 

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Situés au 3600 Prospect St NW, à Washington D.C, ces escaliers sont devenus célèbres depuis la sortie du film d'horreur l'Exorciste en 1973. Dans le long métrage, le Père Damien Karras, possédé par le démon, a dévalé les 75 marches avant de trouver la mort en contrebas.

Aujourd'hui, l'emplacement est devenu le terrain de jeu des sportifs qui ne semblent pas effrayés par la réputation du lieu.

  • Potomac Waterfront 

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A pied, à vélo ou en bateau, le Potomac peut se découvrir de plusieurs façons. Le fleuve sert de frontière naturelle séparant les Etats du Maryland, de Virginie et le District de Columbia. Les bateaux assurent des allers-retours de 90 minutes entre Georgetown et Alexandria, la vieille ville située en périphérie de la Capitale. La station nautique du Potomac propose également des visites du fleuve en paddle et en canoë-kayak.

  • Georgetown University

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Fondée en 1789, l'université catholique jésuite est le joyau de Georgetown. L'établissement, dont la réputation s'étend au-delà des frontières du pays, propose un enseignement d'excellence basé sur l'apprentissage des sciences, des mathématiques, la philosophie, l'histoire ou encore des sciences humaines. Les frais de scolarité sont, certes, très élevés mais assurent un avenir prometteur aux étudiants. Comme toute université américaine qui se respecte, Georgetown promeut ses disciplines sportives (basketball, baseball, football) et artistiques (danse, théâtre, musique).

  • Les maisons colorées de Georgetown 

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Les maisons de Georgetown sont très célèbres pour leurs façades colorées. Bleu, rose, jaune ou vert, le mariage des nuances, le plus souvent dans les tons pastels, harmonise les ruelles et charme le regard. Beaucoup de touristes aiment s'y promener, photographiant par endroits le profil des habitations.

Pour les curieux, l'ancienne maison de Jacqueline Kennedy est visible au 3017 N Street.

Yelen BONHOMME-ALLARD avec Aliénor VINÇOTTE

Plongée au coeur du désert de Sonora, colonisé par des villas de luxe

Nous vous emmenons cette semaine dans le désert de Sonora, le plus grand d'Amérique. 

 

Décor de western où l'Homme semble à première vue absent, un monde a priori inhospitalier, mais qui recèle 2 000 espèces de plantes. Un trésor qui fait l'admiration des touristes. James est un cow-boy reconverti en guide du désert. Sa passion : ces cactus Saguaro qui peuvent mesurer jusqu'à 15 mètres. Merveilles de la nature, des dizaines de fleurs sont accrochées à ses branches, invisibles à hauteur d'homme.

Un écosystème menacé

Mais Sonara est victime de son succès. Des villas de luxe sont en train de coloniser le désert. Près de 2 000 maisons sortent de terre chaque mois. Chacune a sa piscine privée. La moitié des terres du désert est protégée, les autres peuvent être construites. Bob est originaire de la région, il dénonce les autorités qui encouragent ce boom immobilier. C'est tout l'écosystème du désert qui est menacé. Avec l'urbanisation, les routes se multiplient. La faune du désert est de plus en plus à l'étroit.

 

 

Vue sur les montagnes du d'Aserrí, une province de San Jose, la capitale du Costa Rica.

Le Costa Rica, un modèle "vert" en matière d'énergie

Imaginez un monde aux paysages magnifiques, peuplés de mystérieux animaux et de plantes luxuriantes, où l'on ne produit pas de carbone pour se réchauffer. Ce monde existe : bienvenue au Costa Rica.

Le modèle de ce petit pays d'Amérique centrale, qui abrite 5 millions d'âmes sur un territoire un peu plus grand que la région Midi-Pyrénées et riche en eau, n'est pas transposable partout.

Mais à deux mois de la conférence de Paris sur l'environnement, les nations participantes en quête de bonnes pratiques se tournent vers la "démocratie verte" du Costa Rica.

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Si on devait résumer la politique "verte" du Costa Rica en quelques chiffres, voici ceux qu'on retiendrait :

0 dioxyde de carbone émis pour produire de l'électricité l'année dernière

L'électricité provient de ressources naturelles comme l'eau et les volcans. Mais ce chiffre repose sur un fragile équilibre : sans pluie, l'hydroélectricité pourrait venir à manquer.

L’écosystème costaricain renfermerait 6% de la biodiversité planétaire

C'est le Costa Rica qui l'affirme.

25% du territoire costaricain est recouvert de réserves naturelles protégées

C'est l'une des raisons pour lesquelles le Costa Rica est la destination numéro 1 des adeptes du "tourisme écologique".

3,5% de croissance en 2014

Mais un fort taux de pauvreté (22,4% en 2014, en hausse de 3 points par rapport à 2010, selon la Banque Mondiale), une inflation de 4,5% et une dette publique qui a atteint un record en 2014, s'élevant à presque 60% du PIB.

Et en bonus :

Numéro 1 pour le bonheur: Les habitants du Costa Rica sont les plus heureux du monde

Du moins, selon l'indice Happy Planet, qui se base sur l'espérance de vie, le bien-être déclaré et l'empreinte écologique.

Retrouvez le reportage de Jacques Cardoze, Laurent Desbois, Arielle Monange et Fabien Ortiz sur ce pays modèle en matière d'énergie :

Et parce que tout n'est pas rose dans ce petit pays, retrouvez l'analyse de Geopolis : "Costa Rica : la «démocratie verte» est-elle en train de perdre son âme ?".

La route 66. Crédit : Chuck Coker

L'été américain de France 2

Des lumières de Las Vegas à New York, en passant par les paysages orangés de Moab et de Bryce Canyon, suivez les caméras de France 2 aux quatre coins des Etats-Unis. 

La capitale des excès : Las Vegas

Las Vegas n'est plus seulement la capitale des casinos.  Le jeu ne représente plus que 20% des dépenses moyennes des touristes. Il faut désormais compter avec les fontaines de chocolat, les pool parties (fête dans la piscine) ou encore les courses de voitures. Le tout au milieu du désert, dans une ville de 600 000 habitants qui consomment presqu'autant d'électricité que New York, pourtant dix fois plus peuplée.


Un point d'histoire : Le mémorial du chef indien Crazy Horse

Crazy Horse, grand chef indien vénéré des Sioux, domine la vallée du haut de ses 172 mètres. La construction de ce monument, entamée en 1974, reste inachevée, mais progresse. Objectif : dépasser en taille le mont Rushmore, qui représente quatre présidents américains quelques kilomètres plus loin.

Snoopy et la reine d'Angleterre dans la roche : A la découverte de Bryce Canyon

C'est un parc incontournable de l'Ouest américain : Bryce Canyon offre des cheminées naturelles, fruit de millions d'années d'érosion. "C'est la planète Mars", commente un touriste. Certains croient même voir des personnages dans les formes de la roche, dont Snoopy et la reine d'Angleterre.

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Destination extrême : Le désert de Moab

Au milieu des roches, conduire soi-même dans le désert de Moab est une entreprise délicate, mais autorisée. Ceux qui supportent les chaleurs écrasantes de 50°C l'après-midi apprécient la virée à VTT.

Classique mais efficace : Découvrir New York

Les Français adorent New York : ils étaient 700 000 à visiter la "grosse pomme" l'année dernière. Pour ceux qui font partie des heureux visiteurs, voici trois façons exceptionnelles de découvrir la ville : en bateau, en hélico ou... à pied.

Et ne manquez pas les plages new yorkaises ou les expos insolites du moment.

Coquillages, crustacés et présidents américains : Martha's Vineyard, île de jet-setters

Au large de Boston, les plages de l'île de Martha's Vineyard ("le vignoble de Martha") comptent parmi les plus belles du monde. Le lieu a su séduire certains présidents américains comme Kennedy, Clinton et Obama.

L'île est exceptionnelle à bien des égards : jusque dans les années 1920, la plupart de ses habitants étaient capables de parler la langue des signes.

L'île de Martha's Vineyard, ou comment le tourisme a mis fin au paradis des sourds

Au large de Boston, l'île de Martha's Vineyard est un des lieux de villégiature américains les plus prisés : y déguster des homards face au coucher du soleil, sur une plage qui s'étend à l'infini est un luxe simple, mais raffiné. L'île, l'une des plus chères des Etats-Unis, est parfois décrite comme une enclave réservée aux riches. Elle a séduit les présidents américains Kennedy, Clinton et Obama.

Un reportage de V. Astruc, L. Desbois, F. Ortiz et A. Monange

Le tourisme a profondément changé Martha's Vineyard (l"le vignoble de Martha") : dans les années 1920, les visiteurs mettent fin à ce que certains qualifient d' "utopie" pour les sourds et les malentendants.

Du XVIIe siècle jusqu'aux années 1950, l'île abritait une proportion très élevée de sourds parmi ses habitants. Selon Nora Groce, anthropologue spécialiste des questions de santé qui a étudié Martha's, l'un des quartiers de la ville de Chilmark comptait même un sourd pour 25 habitants en 1854 (contre un pour 5728 en moyenne aux Etats-Unis). En cause selon elle : la génétique. Le premier sourd sur l'île, un émigré anglais, est recensé en 1692. Deux de ses sept enfants hériteront de sa surdité. La surdité était un trait héréditaire transmis au sein de la population insulaire, isolée.

La même anthropologue parle d'une société dans laquelle les sourds étaient parfaitement intégrés et où tous étaient capables de comprendre la langue des signes, surdité ou non.

Toujours selon Nora Groce, l'utopie prend fin du fait de l'arrivée des touristes l'été, favorisant le renouvellement génétique, et de nouveaux moyens de communication reliant l'île au reste du monde à partir des années 1920. En clair : les habitants de Martha's Vineyard ont conçu de plus en plus enfants avec des personnes qui n'étaient pas nées sur l'île.

Le changement a été progressif : la dernière génération comptant une large proportion de sourds est née dans les années 1870-1880. A ce moment, il est de plus en plus courant pour les adolescents de poursuivre leurs études hors de l'île. "La diversité génétique prend souvent du temps à faire ses effets au sein d'une communauté, à moins qu'un large groupe de personnes n'arrive en une fois", déclare l'anthropologue.

La disparition de la communauté de sourds qu'abritait l'île est une preuve de "la diversité croissante de la population"  liée à l'arrivée des touristes, estime-t-elle. La chercheuse compare le changement à ce qui a pu se passer dans "les petits villages français qui ont connu une expérience similaire - des villages isolés, villages de pêcheur, qui ont attiré de plus en plus de touristes".