Un « Airbnb pour réfugiés » lancé aux Etats-Unis

Amr Arafa, jeune Egyptien de 34 ans a créé EmergencyBnb, un site Internet qui reprend le principe d’Airbnb. Tout a commencé en novembre dernier, lorsqu’Arafa a ouvert son studio à Washington, D.C. aux réfugiés et victimes de violences domestiques.

Photo de l'appartement d'Amr Arafa publiée sur AirBnb

Photo de l'appartement d'Amr Arafa publiée sur AirBnb

De AirBnb à EmergencyBnb

Arafa a déjà hébergé un couple de réfugiés Syriens vivant au Texas. Ils étaient à Washington  dans l’attente d’une réponse de la justice sur leurs statuts de réfugiés.

En juillet dernier, une femme qui voulait échapper à un colocataire violent est restée chez lui pour quelques jours.

A chaque fois, Arafa demande des documents officiels ou des rapports de police pour les cas de violences domestiques, pour prouver que ces personnes sont réellement dans le besoin.

Après ces expériences, Arafa a réalisé qu’Airbnb n’était pas assez adapté à son projet. En effet, le site Internet l’obligeait a proposer son studio au prix le plus bas imposé, c’est à dire 10 dollars. Un coût qu’il remboursait à la fin de chaque location. De plus, Airbnb ne cible pas les personnes dans le besoin. C'est pour cela qu'il a créé EmergencyBnb en mars dernier, une plateforme qui met en relation les personnes dans le besoin avec ceux qui ont une place à offrir pour quelques jours, voire quelques semaines, le tout gratuitement.

Personne n’a encore fait de réservations via son site Internet mais, petit à petit, entre le bouche à oreille et la publicité de son site sur les réseaux sociaux, Arafa commence à avoir de plus en plus de personnes qui proposent leurs habitations. « [Ce qui est important,] c'est le fait de savoir que tes voisins se soucient de toi, » explique t-il.

Aux Etats-Unis depuis 11 ans, Arafa n'oublie pas son passé

Arafa est arrivé en 2005 à Atlanta pour suivre ses études en informatique, avec rien d’autre que 1000 dollars en poche. Un professeur de la Clark Atlanta University l’a hébergé quelques semaines, jusqu’à ce qu’il trouve un logement. Plus de 10 ans après, il s’est dit que c’était son tour d’aider les réfugiés qui viennent tenter leur chance  de trouver une vie meilleure aux Etats-Unis.

Depuis 2015, il est l'heureux détenteur de la Carte Verte qui garantie la résidence permanente dans le pays. Ce sésame a été le déclic pour lui : « Tout a commencé avec cette Carte Verte, je voulais aider les gens à avoir cette sensation de stabilité,» explique-t-il.

Les Etats-Unis acceptent un nombre record de réfugiés

Lundi 29 août, l’administration d’Obama a accueilli les derniers des 10 000 réfugiés syriens qu’elle s’était engagée à accueillir avant la fin septembre. Elle a également projeté d’accroitre ce nombre. « Nous admettrons au moins 85 000 réfugiés au total cette année, » a dit Susan Rice, conseillère en Sécurité nationale, dans une déclaration publiée ce lundi 29 août.

 

Carte du New York Times, montrant les régions dans lesquelles les réfugiés sont placés. 31/08/2016

Carte du New York Times, montrant les régions dans lesquelles les réfugiés sont placés. 31/08/2016

Une fois sur le sol américain, les réfugiés reçoivent peu d’aide, et le site d’Arafa est un bon moyen pour eux de trouver une assistance. « Je n’essaie pas de résoudre la crise des réfugiés » explique Arafa, « mais je sais qu’il y a des réfugiés ici et qu’on doit les faire se sentir les bienvenus. »

 

Clémentine Boyer Duroselle

Publié par France 2 Washington / Catégories : Non classé

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