L'Italie aujourd'hui : peur sur l'euro

L'Italie prend peur pour l'euro

C'est l'indicateur que scrutent tous les gouvernements européens : leur "spread", c'est à dire la différence entre le taux d'intérêt qui s'applique pour rembourser la dette d'Etat et celui de l'Allemagne. Or, le spread de l'Italie ne cesse d'augmenter. Il est à ce matin à 200 points de base, au plus haut depuis 3 ans !

(à noter que celui de la France, à 73 points de base est également en hausse)

Pourquoi ?

L'instabilité politique en Italie mais aussi en France inquiète les marchés. En Italie, nul ne sait quand auront lieu les prochaines élections législatives, sûrement pas avant l'automne prochain. Du coup, c'est le scénario du doute, celui qui était craint par les marchés financiers après la démission de Matteo Renzi qui est en train de se réaliser : un gouvernement provisoire, sans véritable marge de manœuvre et qui ne prend pas les décisions qui s'imposent.

La bourse italienne, à Milan

En France, le discours de Marine Le Pen dimanche dernier appelant à un "Frexit" inquiète les investisseurs. Certains pensent qu'elle peut gagner l'élection présidentielle. Depuis 48 heures, le discours de la présidente du FN a d'ailleurs un large écho ici en Italie.

Devant cette peur qui monte, hier, l'italien Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne (BCE) a senti le besoin de rassurer en déclarant : "l'euro est irréversible".

Scandale des « terres de feu » : 8 enfants meurent d’un cancer en moins d’un mois.

 

On les appelle «  Terra dei Fuochi », « les terres de feu » en raison de la fumée qui s’émane continuellement de ces parcelles autour de Naples. Depuis des années, la mafia locale y brûle illégalement des ordures, sans respect des normes et mesures d’hygiène. Ces tonnes de déchets enfouis contaminent les sols, et surtout leurs habitants.

Depuis moins d’un mois, 8 enfants entre 7 mois et 11 ans sont morts d’une tumeur. Une association de mères de victimes a protesté devant la préfecture de Naples pour dénoncer le rôle de la Camorra. Pour la mafia napolitaine, le secteur de gestion des déchets est l’un des plus lucratifs.

L’an passé, un rapport commandé par le parlement italien a confirmé un nombre anormalement élevé de tumeurs chez les enfants en bas âge de la région. L’étude concerne plus d’une cinquantaine de communes, les enfants sont atteints de tumeurs malignes du foie, du pancréas, des poumons, ainsi que de malformations congénitales.

Cette gestion frauduleuse des ordures n’est pas nouvelle. La police locale a déjà interdit nombre de cultures sur ces terres, en raison d’une présence trop élevée d’arsenic et de plomb dans l’eau utilisée pour irriguer.

Une nouvelle affaire de pédophilie secoue l’église italienne

En 2014, un napolitain de 42 ans écrit au Pape François pour dénoncer des abus sexuels dont il dit avoir été victime dans sa jeunesse de la part d’un prêtre. Il  porte plainte après des années de souffrances psychologiques, mais les faits sont prescrits par la justice. Suite à sa lettre, une enquête est confiée au diocèse de Naples, sous la responsabilité du cardinal Sepe. L'homme se retrouve alors dans une spirale infernale. Il dit avoir subi plusieurs interrogatoires à charge qui se déroule au siège de l'archevêché de Naples « comme la gestapo (...)  ils m’ont dit : C’est de ta faute parce que tu as accepté d’aller chez ce prêtre." 

L'Eglise silencieuse

Le plaignant accuse le cardinal Sepe d’avoir couvert le prêtre. Pour le diocèse de Naples au contraire, l’affaire est « close ».  Le pape François ne s'est pas prononcé sur cette affaire. En juin dernier, il avait facilité la procédure de révocation des évêques mis en cause dans des affaires de pédophilie.

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