Séisme au Népal : Les médias indiens priés de quitter le pays !

Le choc du séisme est passé, la douleur reste vive. Les népalais pleurent aujourd'hui plus de 7000 morts. C'est à présent de la colère et de la frustration qu'ils expriment sur les réseaux sociaux. #GoHomeIndianMedia, voici le hashtag créé sur Twitter dimanche passé lors de "La journée mondiale de la liberté de la presse" pour blâmer la couverture médiatique des médias indiens. Des népalais qui leur demandent tout simplement de quitter leur territoire au plus vite.

Les journalistes indiens ont été les premiers à couvrir en masse le séisme. Une présence qui est aujourd'hui très mal vue par la population népalaise. Les critiques fusent sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Twitter. On comptabilise déjà plus de 125 000 tweets avec le hashtag "GoHomeIndianMedia".

Depuis le début, leur couverture médiatique ne plait pas au népalais ! Ces derniers les accusent de n'avoir montré que les bienfaits de l'aide apportée par le gouvernement indien de Narendra Modi. Les népalais redoutent aussi que les reportages ne donnent l'image d'un gouvernement fort dans un pays puissant (l'Inde) qui vient sauver un petit pays sans défense (le Népal).

À tel point que certains internautes népalais leur supplient d'arrêter ce qu'ils appellent un "exercice de relation publique". Ils signifient par là que les médias indiens mettent à chaque fois tout en scène comme dans les films bolywoodiens et qu'ils exagèrent les situations de détresse humaine pour émouvoir leur public.

 Arrêtez votre tremblement médiatique !

- Nous n'en pouvons plus de la sur-dramatisation des incidents au Népal ! .


" Insensible "
, c'est par ailleurs l'adjectif utilisé dans le pays pour les qualifier. Ils sont aussi accusés de réaliser les interviews à la hâte, de ne montrer aucune attention aux sinistrés. Pire. De les regarder mourir.

Les népalais se font aussi un plaisir de rapporter les histoires erronées de la presse indienne. En voici un exemple très significatif ;

Cette photo a été utilisée par la chaine de télévision indienne, INDIA TV. Selon celle-ci, on peut soi-disant y voir deux jeunes enfants népalais qui ont perdu leurs parents dans le séisme. En réalité, il s'agit d'une ancienne photo qui illustrait les conditions de vie difficiles de la minorité ethnique Hmong d'une province du Vietnam en 2007.

L'attitude irrespectueuse des médias indiens envers les autorités népalaises et le non-respect de leurs règles ont aussi été pointées du doigt. Leurs insistances à se trouver dans les hélicoptères de secours étaient vives...comme si ils avaient un passe-droit. Saroj Kharel, écrivain népalais, a écrit une lettre ouverte aux médias indiens, reprise sur le site de CNN. "Merci aux tonnes de reporters qui viennent au Népal pour le plan de sauvetage de l'Inde, vous avez pris le siège d'une victime qui aurait pu être transportée à l'hôpital."

Bien sûr, certains journalistes indiens se sont empressés de répondre aux critiques du #GoHomeIndianMedia sur Twitter. Comme cette réaction de Indrani Bagchi, journaliste basée à New Delhi ;

- « La télévision indienne couvre le Népal dans sa totalité, elle sensibilise, apporte des soutiens du monde entier. Après, ils sont critiqués pour leur présence intrusive.   »

Christophe Reyns (St.)