Pour les touristes britanniques peu scrupuleux, l'arnaque à la fausse tourista ne fera plus recette

Prétexter une petite tourista et empocher plus de 20 000€ … Une combine bien rôdée qui permettait à certains touristes britanniques peu scrupuleux de rembourser leurs vacances, voire de s’en payer des nouvelles ! C’est un véritable réseau entre le Royaume-Uni et l'Espagne qui a été mis à jour. Depuis 2014, les escrocs utilisaient une faille de la loi britannique et proposaient aux vacanciers de se faire rembourser une partie du voyage, en portant plainte pour une prétendue intoxication alimentaire.

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Si l’escroquerie a pu fonctionner aussi longtemps, c’est parce que la loi britannique présente une faille : les consommateurs qui portent plainte n’ont pas à fournir de certificat médical mais simplement une facture d’achat de médicaments, afin de démontrer leur bonne foi. Ainsi, certains cabinets d’avocats britanniques promettaient jusqu'à 18 000 euros de dommages et intérêts pour les touristes plaignants, d’après le journal El Pais.

En 2017, le nombre de plaintes pour intoxication alimentaire déposées au retour des vacances a été multiplié par 7 ! Face à cette augmentation douteuse, certains hôteliers espagnols ont même fait appel à des détectives privés afin de débouter les plaignants peu scrupuleux !

En octobre dernier déjà, un tribunal de Liverpool avait condamné un couple d’Anglais à 15 et 9 mois de prison pour avoir réclamé £20 000 (22 800€) à un tour opérateur, affirmant avoir été malades durant tout leur séjour. Seulement, le couple avait posté sur les réseaux sociaux quelques photos en souvenir de leur voyage… sur lesquelles ils n’avaient pas vraiment l’air malades !

Une des photos postées Paul Roberts et Deborah Britons sur Facebook

Une des photos postée par Paul Roberts et Deborah Britons sur Facebook

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Face à la recrudescence des fausses plaintes, en septembre dernier la police espagnole a arrêté 7 personnes et saisi des ordinateurs à Majorque. Les conclusions de l’instruction sont donc claires : c’est un véritable réseau qui s’était mis en place et il y a fort à parier que la justice espagnole ne s’arrêtera pas à ces quelques condamnations. Le système aura coûté aux hôteliers espagnols une somme estimée à 60 millions d’euros d’après le rapport d’instruction rendu public par le tribunal de Majorque.

Marion Russell avec Loïc de La Mornais