WhatsApp, dans le collimateur de David Cameron

Voici une nouvelle qui risque de faire enrager les accros de la communication : le Premier ministre britannique David Cameron menace d'interdire les applications de messagerie instantanée. Son raisonnement est simple : ces messages sont cryptés, un réseau terroriste peut donc librement communiquer sous le nez des services de renseignement. Un projet de loi qui a provoqué l'indignation des Britanniques, selon le journal Express.co.uk.

Fini le petit groupe WhatsApp que vous avez créé avec vos cousins qui vivent aux quatre coins du monde. Fini aussi Snapchat et les grimaces que vous envoyez régulièrement à votre meilleur ami. Invraisemblable, non? C'est pourtant l'intention du gouvernement britannique qui veut renforcer la loi surnommée par les internautes "Snoopers Charter", soit "loi fouineuse". Tous les services de messagerie en ligne comme WhatsApp, Snapchat, iMessage ou Facebook Messenger deviendraient alors interdits en Grande-Bretagne. Un projet de loi concernant les données de communication avait déjà été rejeté par le parlement britannique en 2013 mais une nouvelle version est en préparation. David Cameron souhaite que les recherches sur internet, les réseaux sociaux, les emails, les appels ainsi que tous les services de messagerie instantanée soient enregistrés par les opérateurs pendant un an.

« Dans notre pays, doit-on autoriser un moyen de communication que [les services de renseignement] ne peuvent pas lire ? La réponse est non. » a expliqué David Cameron. Après les récentes révélations d'Edward Snowden, les Britanniques se savent déjà surveillés dans leurs usages d'internet et de leurs téléphones. Mais le nouveau projet de loi permettrait à la police et au MI5 d'aller encore plus loin dans cette surveillance.

L'annonce a sans surprise déchaîné les réseaux sociaux et notamment Twitter :

https://twitter.com/Active_Aly/status/619472929038946305

David Cameron se fait pointer du doigt : "Voilà ce qu'il se passe quand tu décides d'élire le parti conservateur" ou "Il y a eu d'abord Thatcher qui nous a volé notre lait et maintenant c'est David Cameron qui nous vole WhatsApp: c'est sûrement parce que personne n'a rejoint son groupe".

Une pétition contre cette loi a même été signée par plus de 55 000 personnes et 88% des personnes interrogées sont contre l'application de cette loi.

Les récentes attaques terroristes en Tunisie et en France semblent avoir accéléré les choses pour le gouvernement britannique, qui espère faire adopter la loi dès l'automne prochain. Les applications qui ne se seront pas en conformité avec la nouvelle loi pourraient être purement interdites, jusqu’à ce qu’elles obtempèrent aux nouvelles régulations.

Alors, si vos photos compromettantes sur Snapchat disparaissent après quelques secondes, il faudra bientôt penser que la police pourrait y avoir accès pendant plusieurs mois.

Adèle Haltz et Laura Kalmus avec Loïc De La Mornais