Le parti Europhobe britannique au cœur d’une campagne choc

A l'image de cette affiche, qui clame "vos galères quotidiennes financent son train de vie de star", les hauts fonctionnaires de Bruxelles sont montrés du doigt. A l’approche des élections européennes, des posters publicitaires issus du parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) scandalisent les partis opposants. Choqués par les propos de ces posters, ils dénoncent une campagne très « raciste », suscitant la polémique.

Prêtes à être affichées auprès d’une centaine de sites dans toute la Grande-Bretagne, ces affiches provocatrices dévoilent une série d’avertissements.

Sur l’une d’elle, on peut lire « les travailleurs britanniques sont durement touchés par un nombre infini de travailleurs étrangers ».

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Une autre indique que «  26 millions de personnes en Europe recherchent un travail. Et vers quels emplois se tournent-ils ? »

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Enfin, une dernière énonce : « Qui dirige vraiment ce pays ? 75% des lois britanniques émanent de Bruxelles ». Sur une même affiche, il est mentionné que les contribuables anglais financent la « vie luxueuse » des bureaucrates européens.

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Un appel à voter contre l’UKIP

De vives réactions ont éclaté à la suite de la diffusion de la campagne politique. Le député Nicholas Soames, petit-fils de Winston Churchill, a tweeté : « A un moment où notre pays a besoin de s’unir, la campagne publicitaire de l’UKIP est offensive, ignorante et crée de profondes divisions ».

Quant au conservateur Lord Debden, il ajoutait pour dénoncer cette publicité « l’UKIP incarne ce qu’il y a de pire dans l’être-humain : nos préjugés, nos égoïsmes et nos peurs ».

Par ailleurs, le député Mike Gapes du parti travailliste précisait dans New Statesman que « les politiques de la droite nationaliste, que ce soit l’UKIP, Le Pen ou Wilders, représentent une menace pour l’avenir de notre pays mais aussi pour la prospérité de l’Union Européenne. C’est pourquoi, tous les britanniques, du Commonwealth ou citoyens européens vivant au Royaume-Uni, doivent absolument être inscrits pour voter, et surtout voter pour vaincre les extrémistes UKIP le 22 mai prochain ».

La contre-attaque de Nigel Farage

Le chef du parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, Nigel Farage, défend la campagne controversée de l’UKIP sur l’immigration, qualifiée de « raciste » par les critiques. Il rejette les préoccupations de « l’élite populaire » et affirme que « ces posters sont le dur reflet de la réalité vécue par de millions de britanniques qui peinent à gagner leur vie hors de la bulle de Westminster ».

Il va même jusqu’à rétorquer : « Allons-nous irriter l’élite populaire ? Oui. Est-ce que cela nous ennuie ? Pas le moindre. »

Une communication hors-de-prix  

La campagne choc s’élevant à 1.8 million d’euros  – entièrement financée par le millionnaire et ex-conservateur Paul Sykes -  est aujourd’hui perçue comme le plus grand investissement électoral du parti UKIP, à l’approche des élections européennes.  Le parti eurosceptique révèle également la volonté de doubler le budget afin d’atteindre 3.6 million d’euros pour ces élections, comparé au montant total de 1.6 million d’euros pour les européennes de 2009.

Une dépense colossale qui pourrait néanmoins jouer en leur faveur. En effet, selon un dernier sondage issu de l’ICM, l’UKIP remporterait 27% des voix aux élections européennes. Cela le placerait en seconde position, juste derrière le parti travailliste qui détiendrait 30%. En revanche, les conservateurs arriveraient en troisième position avec 22%.

Zoé Loporto avec Loïc de La Mornais

[REVOIR] Au Royaume-Uni, le parti eurosceptique et populiste UKIP pourrait arriver en tête lors des prochaines élections européennes. Surfant sur la vague anti-euro et la méfiance historique des Britanniques contre l'Union, son leader Nigel Farage martèle son message : retour des frontières et indépendance du Royaume-Uni face à Bruxelles. Des thèmes aussi développés en France par le FN même si Nigel Farage a refusé toute alliance avec le parti de Marine Le Pen au Parlement européen.

Reportage : Loïc de La Mornais, Ozgur Kizilates, Nic Boothby.

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