Ursula von der Leyen au Parlement européen : copie à revoir...

Ursula von der LEYEN, candidate à la présidence de la Commission européenne

La ministre allemande de la Défense, nommée le 2 juillet dernier par les dirigeants des Etats membres pour présider la Commission européenne, a laissé une impression mitigée aux eurodéputés. Selon la règle de la double majorité, elle doit désormais convaincre le Parlement européen de voter pour elle.

Cette semaine à Bruxelles, elle a multiplié les rencontres avec les groupes politiques au Parlement européen. Durant ce « grand oral » elle a répondu aux questions des députés sur différents sujets : climat, État de droit, immigration, budget, PAC… Parmi ses engagements, la ministre allemande s’est prononcée sur la nécessité d’une neutralité climatique en 2050 et d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50% d'ici 2030. Elle prône aussi un renforcement de la politique de défense et de sécurité de l'Union européenne et l’élaboration d’une « armée des Européens ». La candidate défend également la création d’un mécanisme transparent de surveillance de l’État de droit dans tous les pays de l'UE. Sur la question de la parité, elle souhaite une commission équilibrée entre hommes et femmes et compte demander aux États membres de proposer chacun deux candidats (un de chaque sexe).

Mais chez les socialistes et les Verts, ses arguments peinent à convaincre. Iratxe Perez-Garcia, la cheffe du groupe socialiste (S&D) a déclaré ne pas avoir « obtenu assez de réponses ».  « Nous allons donc les lui envoyer par écrit et l’évaluer sur la base de ses réponses » poursuit-elle. Les socialistes demandent un « report du vote » pour laisser le temps à la candidate de mieux préparer son programme.

Les Verts ont également affirmé qu’ils comptaient voter contre sa candidature à la suite de son audition. "Nous n'avions aucune proposition concrète, que ce soit sur l’État de droit ou sur le climat" a publié le groupe sur son compte Twitter. Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts a regretté le manque de préparation de la candidate : "je m'attendais à mieux de quelqu'un qui a été ministre de Merkel pendant 13 ou 14 ans. Elle est venue les mains dans les poches et a fait preuve d'amateurisme".

Chez les libéraux de Renew, les ton général se veut plus favorable. Mais le chef du groupe Dacian Ciolos refuse de confirmer que le soutien du groupe lui est acquis.

Du côté de la famille politique de la candidate, le Parti populaire européen, les députés soutiennent sans réserve sa candidature. Il s'agit du seul groupe ayant exprimé clairement son soutien. Les Verts et le groupe d'extrême-gauche (GUE) ont annoncé leur vote contre la candidate. Quant aux socialistes, aux libéraux et aux groupes conservateurs et d'extrême droite, ils attendent de nouvelles clarifications et garanties de la part d'Ursula von der Leyen.

Le 16 juillet elle doit réunir la majorité absolue des votes des députés au Parlement européen de Strasbourg pour accéder à la présidence de la Commission. Cette majorité est d'au moins 374 voix.

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