La journaliste, l’inventeur et le sous-marin: ouverture du procès de l’année à Copenhague [revue de presse 08/03]

L’affaire a tenu en haleine le Danemark et la Suède l’été dernier. Depuis ce matin, est jugé à Copenhague l’inventeur et entrepreneur Peter Madsen pour le meurtre de la journaliste suédoise Kim Wall. Douze journées d’audience sont prévues jusqu’au 25 avril pour permettre au tribunal de mieux comprendre la personnalité du meurtrier présumé et les circonstances de la mort de la reporter à bord du sous-marin Nautiles, le 10 août 2017. La journaliste se trouvait en mer avec l’énigmatique créateur du submersible, Peter Madsen, qu’elle voulait interviewer, avant que sa disparition ne soit signalée le lendemain. Arrêté et écroué peu après, l’inventeur de 47 ans a depuis avoué avoir démembré et jeté son corps à la mer mais dément l’avoir tuée. L’autopsie n’a pas permis de déterminer les causes de la mort de Kim Wall, dont le corps décapité, démembré, mutilé et lesté a été retrouvé à plusieurs endroits dans la baie de Køge séparant le Danemark de la Suède, dans un feuilleton policier et médiatique particulièrement macabre. Peter Madsen clame depuis son innocence, affirmant que la journaliste a été victime d’un accident à bord de son sous-marin et qu’il a jeté son corps à la mer. L’accusation soutient au contraire que Peter Madsen a torturé et tué la journaliste afin de satisfaire un fantasme sexuel. Des témoins, dont plusieurs ex-liaisons, décrivent un homme nourrissant de multiples perversions sexuelles, adepte de scénarios sadomasochistes, pratiquant des simulacres d’étranglement. L’étude du disque dur saisi dans son atelier - il nie qu’il s’agit du sien – a révélé des vidéos de femmes - apparemment réelles selon l’accusation - violées, assassinées, brûlées. Le procureur a dores et déjà annoncé qu’il allait requérir la prison à vie à l’encontre de l’accusé.

Les terroristes anti-réfugiés condamnés à de lourdes peines de prison

Dans l’affaire du « groupe de Freital », les juges de Dresde ont prononcé des peines allant de quatre à dix de prison contre les huit membres de ce groupuscule d’extrême-droite accusé d’avoir mené des actions contre les réfugiés et des activistes de gauche. Et le tribunal l’a dit clairement: il s’agit bien « d’un groupe terroriste » qui a agit avec « une brutalité croissante ». Plusieurs accusés avaient reconnu les faits et s’étaient excusés, tout en rejetant le qualificatif de terrorisme. Le cerveau supposé du groupe, Timo Schulz, un conducteur de bus qui s’est tu pendant le procès, a été condamné à la peine la plus lourde, 10 ans de détention. Patrick Festing, un livreur de pizza devenu l’expert en explosif du groupuscule, s’était dit « désolé » au procès mais il a tout de même été condamné à neuf ans et demi de réclusion. La seule femme du groupe, Maria Kleinert, s’est vue infliger de son côté une peine de cinq ans et demi. Entre juillet et novembre 2015, les terroristes de Freital ont perpétré cinq attentats à l’explosif contre des foyers de réfugiées et contre la voiture d’un élu du parti de gauche radicale Die Linke. Seul un demandeur d’asile avait été blessé dans cette série d’attaques. Les faits se sont tous déroulés en Saxe, berceau du mouvement islamophobe et anti-réfugiés Pegida qui était l’épicentre de l’hostilité aux migrants. Et Freital faisait alors les gros titres pour ses manifestations houleuses, émaillées de slogans racistes et de saluts hitlériens. Ironie de cette affaire, le procès s’est tenu sous haute surveillance dans une salle spéciale aménagée dans un bâtiment qui devait accueillir des réfugiés…

En bref, les Bliztactus

Après une année 2017 record, les salariés de Volkswagen vont toucher une prime exceptionnelle de 4.100 euros chacun, selon la Bild. Oui, vous avez bien lu: 4.100 euros par personne. Le « dieselgate » semble bien loin…
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Les Allemands de l’Est se désintéressent de la politique, beaucoup plus que ceux de l’Ouest. Selon la Berliner Zeitung, les « Ossies » ne représentent que 4,9% des adhérents du SPD et 8,9% de ceux de la CDU, alors qu’ils représentent 17% de la population générale.
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Sigmar Gabriel ne fera pas partie du prochain gouvernement Merkel IV, a-t-il annoncé sur Twitter. L’actuel ministre des Affaires étrangères est sur le départ, tout comme l’actuel ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière. Demain, le SPD doit annoncer quels sont ses choix pour les postes de ministres qui lui revient, notamment pour le ministère-clé des Finances.

Bonne journée !

Toute l'équipe du bureau de Berlin.

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