L’avenir du gouvernement Merkel entre les mains des militants SPD [revue de presse 20/02]

Les militants du SPD vont-ils dire oui au contrat de grande coalition négocié avec la CDU d’Angela Merkel ? Le vote débute ce matin, il se déroule par correspondance, doit durer jusqu’au 2 mars, les résultats seront annoncés le 4 mars. Il sont 463.723 adhérents très exactement à pouvoir voter. Cela comprend tous ceux qui sont à jour de cotisation, les derniers arrivés pouvant aussi prendre part au vote s’ils ont pris leur carte avant le 6 février à 18h. Mais le SPD a-t-il vraiment bien verrouillé les choses ? Le quotidien Bild explique ce matin qu’il a réussi à inscrire… un chien comme adhérent. Lima a trois ans, vient d’Espagne et est donc considéré comme nouvel adhérent, un parmi les milliers qui ont rejoint récemment le parti dans un mouvement inédit.  Ces nouveaux membres ont-ils adhéré pour influencer le vote final ? C’est une hypothèse régulièrement évoquée dans les journaux allemands. Car le résultat du vote s’annonce très incertain, beaucoup plus qu’en 2013 lorsque les militants du SPD s’étaient déjà prononcé sur un accord de coalition et que le oui l’avait largement emporté. Lors du congrès de Bonn fin janvier, les délégués n’ont été que 56% à approuver le principe de ce nouveau gouvernement avec la CDU, signe que le parti est très divisé sur cette question. Les partisans du non se sont faits entendre dans les centaines de débats organisés par les sections locales pour préparer ce vote, et ils ont une figure de proue très médiatique, le chef des Jusos, les jeunes sociaux-démocrates. A 28 ans, Kevin Kühnert est devenu une figure du parti, sa voix porte mais elle dérange. Il a ainsi été victime d’une tentative de déstabilisation, un faux échange d’emails avec un correspondant russe, qui a transité… par un serveur du SPD, comme le révèle ce matin la Bild. Un épisode de plus dans ce feuilleton qui entraine le SPD dans les limbes de la politique. Pour la première fois hier, un sondage a placé le parti social-démocrate derrière celui d’extrême-droite, avec 15,5% des intentions de vote pour le SPD, contre 16% pour l’AfD. Un séisme, qui semblait depuis quelques jours inéluctable.

Prison à vie pour un chauffard

En mai dernier à Hambourg, un Lituanien avait volé un taxi avant de rouler à tombeau ouvert dans les rues de la ville hanséatique. A près de 160 km/h, il avait heurté un autre taxi, tuant le passager et blessant grièvement deux autres personnes. Un tribunal a jugé hier que ce n’était pas un accident. Il a condamné le chauffard à la prison à vie pour meurtre et tentatives de meurtre. Pour les magistrats, « il ne s’agit pas d’un délit routier, c’est comme si cette personne fuyait et que pendant cette fuite elle avait tirer au hasard. » Pendant la nuit des faits, le chauffard avait commis plusieurs vols à la portière. Surpris par des policiers, il avait pris la fuite, roulant, sans permis, avec 1,8 gramme d’alcool dans le sang, zigzagant entre les voitures, feux éteints.

En bref, les Blitzactus

Jens Weidmann, l’actuel directeur de la Bundesbank, est très bien parti pour devenir le futur patron de la Banque Centrale Européenne en 2019. L’espagnol Luis de Guindos devant devenir vice-président cette année, l’équilibre entre le sud et le nord de l’Europe devrait jouer en faveur de l’Allemand.
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Un pigeon allemand prénommé « Nadine » a été acheté 400.000 euros par un milliardaire colombophile chinois.
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Francfort a gagné 2-1 face à Leipzig hier soir, lors du choc de la 23e journée de Bundesliga. Un match perturbé tout du long par les supporters, furieux de cette programmation formelle un lundi, une première en Allemagne, conséquence de l’explosion des droits de retransmission à la télévision.

Bonne journée !

Toute l'équipe du bureau de Berlin.