Réfugiés: le cri d’alarme des communes [revue de presse 29/01]

Elles ne peuvent plus faire face: plusieurs communes allemandes ont décidé ces derniers jours de ne plus accueillir de réfugiés. Les raisons, et les situations, sont variées. La ville de Cottbus, par exemple, fait face à une série d’incidents graves entre réfugiés, habitants et groupes d’extrême-droite, avec deux attaques au couteau et un climat très tendu dans la ville. Le conseil municipal a donc décidé de stopper l'installation de nouveaux demandeurs d’asile. Toujours à l’est, la ville de Freiburg a pris la même décision, qui s’applique jusqu’à fin 2019. Le maire social-démocrate a expliqué : « nous ne voulons pas mettre en péril le travail réalisé jusqu’ici pour une intégration réussie. Nous devons faire une pause pour répondre aux besoins urgents ». Les structures éducatives de la ville sont en effet à la limite de leurs capacités.  D’autres communes en Allemagne sont dans la même situation, à tel point que l’association fédérale des villes a lancé un appel solennel au SPD et à la CDU, qui négocient en ce moment un accord de coalition. Elle leur demande de prolonger la suspension du regroupement familial, explique ce matin la Bild. « Pendant que certaines communes ont peu de réfugiés, d’autres sont très sollicitées », explique le directeur de l’association. Qui réclame enfin l’application d’une mesure prise en 2016: l’obligation pour les réfugiés d’habiter dans la vile qui leur a été assignée, ce qui permet, en théorie, un meilleur équilibre entre communes.

De Prague à Helsinki, un week-end électoral mitigé pour l’Europe

Ce week-end a été marqué par plusieurs scrutins importants pour l’Europe, la place du populisme, et les relations avec la Russie. En République tchèque tout d’abord, le président sortant, le pro-russe Milos Zeman, a été réélu avec 51,36% des voix face au pro-européen Jiri Drahos. Semant  qui a qualifié la crise migratoire « d’invasion organisée » et de « bouillon de culture propice à des attaques terroristes », va continuer de resserrer les liens avec les pays de l’Est hostiles aux quotas européens, et au-delà avec la Russie de Poutine.
En Finlande en revanche, c’est un président tournée vers l’Ouest qui a été réélu. Pauli Niniistö l’a emporté dès le premier tour avec 62,7% des voix, très loin devant les autres candidats. Une victoire scellée sur une approche balancée des relations avec la Russie. Niniistö a réussi à ménager le puissant voisin, ne se montrant pas favorable à ce que son pays rejoigne l’OTAN, mais en se plaçant sous la protection du bouclier nucléaire américain.

En bref, les Blizactus

Les Verts allemands se sont dotés d’une nouvelle direction ce week-end, avec l’élection de Annalena Baerbock et de Robert Habeck. C’est la ligne des « realos » qui s’est imposée, faisant pencher encore un peu plus le parti vers le centre, une menace pour le socle électoral du SPD, déjà mal au point.
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Les dirigeants de Volkswagen étaient au courant que des tests sur la dangerosité du diesel étaient menés sur des singes aux Etats-Unis, selon des documents internes, cités par la Bild ce matin. L’affaire fait grand bruit des deux côtés de l’Atlantique. Ce matin, le Stuttgart Zeitung révèle par ailleurs que des tests ont aussi été effectués sur des cobayes humains par un organisme de recherche financé par les constructeurs allemands Volkswagen, Daimler et BMW.
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Enfin ! Près d’un demi-siècle après sa création, le légendaire groupe allemand de musique électronique Kraftwerk a décroché dimanche son premier Grammy Award, dans la catégorie du meilleur album dance et électronique, pour son disque live « 3-D The Catalogue ».

 

Bonne journée !

 

Toute l'équipe du bureau de Berlin.

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