Et si Merkel perdait ? [revue de presse 09/12]

A moins d’un an des élections législatives, il est évidemment un peu tôt pour répondre à cette question, mais après la déclaration de candidature de la chancelière, les choses bougent ! Le dernier sondage « Deutschlandtrend » de l’ARD montre ainsi que les jeux ne sont pas faits, tout dépend en réalité du candidat qui sera opposé à Angela Merkel.
Si le SPD désigne l’actuel patron du parti et vice-chancelier Sigmar Gabriel, celui-ci n’obtient que 19% des intentions de vote des sondés, contre 57% (!) pour la chancelière sortante. Mais si le SPD décide de désigner Martin Schultz (qui va revenir à la politique allemande après avoir présidé le Parlement Européen), l’écart se resserre sensiblement: 43% pour Merkel, 36% pour Schultz. Ce dernier atteint d’ailleurs une popularité égale à celle de Merkel (57%), loin devant Gabriel (43%). Voilà qui devrait plonger les membres du SPD dans le doute… Vont-ils renverser leur chef pour espérer avoir une (petite) chance de détrôner la chancelière sortante ?
Car Angela Merkel a beau sortir d’un congrès de la CDU compliqué, avec une base qui gronde et qui souhaite afficher une ligne plus conservatrice, sa résistance dans les sondages se confirme. Alors que 52% des sondés du « Deutschlandtrend » ne sont pas satisfaits par le travail du gouvernement au sens large, ils sont 50% dans le « Politibarometer » de la ZDF à penser que la chancelière fait du bon travail sur le dossier des réfugiés, 45% pensant le contraire.

Mario Draghi continue d’énerver les Allemands

Les annonces de la Banque Centrale Européenne d’hier (taux directeur maintenu à 0%, prolongation du programme de rachat de dettes) exaspèrent une bonne partie de la presse allemande, et c’est peu dire ! A la une de la Bild, inscrit en grand, le 0% et cette question: « ça va durer longtemps, monsieur Draghi ? Nous, les épargnants sommes encore les idiots ! ». Et le quotidien populaire, très lu par les petits retraités épargnants, de poursuivre dans son éditorial: « la BCE a brisé sa promesse d’indépendance. Dans la perspective d’élections importantes en 2017, elle continue d’injecter des milliers dans les coffres des économies en difficulté. Mais la seule solution pour des pays comme la France ou l’Italie est mettre enfin en œuvre les réformes trop longtemps repoussées. Alors seulement, Draghi sera en mesure d’arrêter d’injecter de l’argent et augmenter les taux d’intérêts. Au grand soulagement des épargnants ». La FAZ, le quotidien de Francfort, est sur la même ligne: « Certains membres de la BCE craignent la montée continue des partis protestataires dans la zone euro, et pensent que la politique monétaire doit lutter contre cela. Cela a l’effet contraire, le mécontentement augmentant contre ce qui est perçu comme une interférence dans la politique des pays de la part de bureaucrates non-élus et irresponsables ».

 

Bonne journée.

 

Toute l'équipe du bureau de Berlin.