La campagne pour la chancellerie est lancée ! [revue de presse 30/08]

Pour Sigmar Gabriel, le vice-chancelier et ministre de l’économie, cela ne fait aucun doute: les négociations sur le traité de libre-échange transatlantique sont « mortes », il n’y a aucune chance d’aboutir à un accord… Une déclaration faite dimanche soir sur la télévision publique et qui n’en finit pas de susciter des remous. Hier, le porte-parole du gouvernement (et donc un peu celui de S. Gabriel…) a été très ferme en rappelant que les négociations suivaient toujours leurs cours, alors qu’à Bruxelles la commission disait exactement la même chose. Quelle mouche a donc piqué le ministre, par ailleurs chef du parti de centre gauche SPD ? « Rarement une déclaration de Gabriel aura laissé autant de chaos derrière elle », écrit ce matin la Bild. « Il acte la mot du TAFTA mais il veut continuer d’avancer sur le CETA . Libre-échange avec le Canada mais pas avec les Etats-Unis ? On dirait qu’il pense que l’on peut être à moitié enceinte… »
Pour la FAZ, cette déclaration montre surtout que le duel entre « Gabriel et Merkel a déjà commencé ». Le TAFTA est en effet un épouvantail pour la gauche, et en déclarant que les négociations n’iront nulle part, Gabriel entend remobiliser l’électorat du SPD contre la chancelière. Les élections législatives sont dans un an, mais la campagne a déjà commencé en coulisses…

Un « putsch tranquille » contre Merkel ?

Plusieurs journaux reviennent d’ailleurs ce matin sur les spéculations du week-end au sujet d’une nouvelle candidature d’Angela Merkel. En multipliant interviews et tribunes dans la presse, les hauts-responsables de la CDU sont à l’offensive sur soutenir la chancelière, mais tous les regards sont tournés vers le puissant patron de la CSU bavaroise, Horst Seehofer: va-t-il ou non être aux côtés de la chancelière ? Ce débat est « ridicule », a-t-t-il déclaré hier, sans dire clairement ce qu’il fera, « les gens en ont assez de ces jeux de pouvoir ». Die Welt s’interroge: « pourquoi Seehofer ne se lance-t-il pas dans la course à la chancellerie ? Soit il manque de courage, soit c’est un calcul: laisser la chancelière se lancer jusqu’à ce que les sondages suggèrent qu’elle n’y arrivera pas. La laisser tomber ou lieu de la soutenir. c’est une question de temps, ce sera un putsch tranquille… »

 

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