"Argo" est-il le film le plus démago de 2012 ?

En me réveillant ce matin, j'avais très peur. Je savais que la cérémonie des Golden Globes avait eu lieu la nuit, et que mes prières ne seraient pas entendues. J'avais vu juste. A peine levée, j'ai appris, brosse à dents à la main, que le film Argo avait remporté le Golden Globe du meilleur film dramatique, et Ben Affleck celui du meilleur réalisateur. Non pas que j'aie détesté le film, qui se regarde comme une bonne série et se digère de la même façon (très vite et il n'en reste presque rien), mais face aux concurrents, il y avait de quoi grogner : Lincoln (Spielberg), Django Unchained (Tarantino), Life of Pi (Lee), Zero Dark Thirty (Bigelow).

Et puis, je me suis demandée pourquoi Argo avait eu un tel succès. Est-ce pour les acteurs ? Bof. Les décors ? Principalement des intérieurs vintage moches. Les dialogues ? Rien de fascinant. Le suspense ? Les 20 dernières minutes sont longuissimes. Etc, etc.

A mon sens, si le film plaît tant à ce type de jury, c'est qu'il rassemble les spectateurs autour de deux axes : le politiquement correct (la liberté, la bravoure, la démocratie, la coolitude, le happy ending) et l'hommage au cinéma (Hollywood parle d'Hollywood, tout le monde applaudit). L'exemple type de ce qui est, à mes yeux, un travers, c'est l'expression "Argo fuck yourself", répétée par les personnages jusqu'à la nausée.

"Démago" n'est pas "médiocre"

M'est donc venue l'idée de dresser un tableau, à la fois ultra subjectif et incomplet, des films sortis en 2012 classés en fonction de leur démagogie. Entendre par là ceux qui flattent (ou pas) nos attentes cinéphiles/politiques. Au degré zéro de cette échelle, il y a Amour, froid, direct, ambitieux mais sans prétention. A l'autre bout du tableau, Argo. Entre les deux, un éventails de films sortis (que j'ai vus), qui combinent plus ou moins ces deux critères.

Je précise que la démagogie, à mes yeux, peut avoir du bon. En tout cas, elle n'est pas en soi un gage de médiocrité d'un film. J'ai adoré Tabou, malgré sa propension à faire un clin d'œil appuyé au cinéma muet du début du siècle. A l'inverse, j'ai trouvé Camille Redouble très faible, malgré une position dans la moyenne de ce classement. On notera, pour l'anecdote, la propension des films situés en haut à gauche du tableau à tous commencer par un déterminant.

 

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Publié par Ariane Nicolas / Catégories : Actu

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