Dans les chaussettes

@AFP

C’est ce tweet de Louise Tourret, la journaliste de Radio France et de Slate, qui a tout déclenché, mardi midi.

Tweet Tourret

Je savais bien que les résultats de TIMSS, l'étude internationale des acquis des élèves en maths et en sciences, allaient tomber dans la journée, mais la photo m’a pris par surprise, mine de rien (note pour plus tard : ne jamais aller sur Twitter pour se détendre entre midi et deux). Et merde, me suis-je dit. Là, on touche le fond, visuellement c’est même assez insupportable. Qu’est-ce qu’on va prendre, ce soir, demain, sur le web, au JT, dans les journaux…

En salle des maitres

A table, j’ai balancé l’info, comme ça, pour partager mon fardeau. Les collègues ont immédiatement sorti les portables pour jeter un œil, se sont envoyé les articles qu’ils trouvaient et tout le monde a pu partager ce graphique déjà gravé sur ma rétine.

La salle des maitres a oscillé entre la stupéfaction et la stupeur, les oh et les ah se succédaient, et comme souvent on a pris le parti d’en rire d’abord, c’est ce qu’il y a de mieux à faire au fond et, puisque les élèves évalués par TIMSS sont en CM1, les collègues de CM1 en ont pris plein la tronche, ah mais ça m’étonne pas vu le travail que font Stéphanie et Anne-Lyse, on leur donne des gamins impec en fin de CE2 et elles nous les rendent à moitié débiles en début de CM2, c’est pas compliqué on ne peut plus rien en faire de ces mômes en maths après qu’ils sont passés dans leurs classes.

Et puis quelqu’un est tombé sur une phrase de la ministre disant que les professeurs des écoles, souvent originaires de filières littéraires, étaient trop fragiles en mathématiques, et ça a pas mal grogné, voilà, les coupables étaient tout trouvés, ce serait encore pour notre pomme, mais en même temps on sentait bien qu’il y avait là-dedans quelque chose de difficile à écarter du revers de la main en regardant ailleurs.

Dans la foulée, et ce n’est pas anodin, ma copine Marianne, championne de l’autodérision et maitresse de CE2, nous a bien fait rire en disant qu’elle était contente, quand même, de ne pas devoir enseigner les fractions, qu’elle n’avait jamais tout à fait compris cette histoire-là, et avec le second degré qui la caractérise, elle a émis des doutes sur l’utilité des fractions, franchement, à part pour la pâtisserie, on se demande bien…

A la récré, j’ai croisé Anne-Lyse à la photocopieuse. Elle venait de jeter un œil sur l’évaluation donnée à ses élèves de CM1, sur la multiplication : huit d’entre eux ne savaient pas leurs tables. On a fait la même moue, dépitée et impuissante, sans commentaire, TIMSS planait au-dessus de nos têtes.

Dans le métro

Dès que j’ai eu deux minutes, et même une heure devant moi (vive les transports en commun), je suis allé voir comment bruissait Internet. J’ai lu, le moral dans les chaussettes, les titres qui font mal, tout le monde était d’accord, en gros les élèves français sont nuls en maths et le pire c’est que personne ne semblait étonné. J’ai lu les points faibles de nos élèves, les fractions, les décimaux, les opérations, j’ai noté que beaucoup connaissent mal les tables de multiplication et ont du mal à saisir le sens des nombres. Je me suis épargné les commentaires des internautes, ça devait grouiller de trolls, merci bien, ça allait comme ça.

J’ai préféré lire ce qu’en disaient les mathématiciens ; Stella Baruk, dont la découverte m’avait enchanté à l’IUFM, dire qu’on se trompait depuis années en pensant que « la question centrale était de rendre «concret» les nombres quand il faudrait au contraire passer par l’abstraction, assumer le fait que les nombres sont abstraits », rappeler que « nous avons à notre disposition nos dix doigts, c’est un outil merveilleux dont on dit qu’il ne faudrait pas se servir. C’est parfaitement naturel. Nous comptons, les kilomètres, les litres en base 10 et nous avons dix doigts et on nous apprend à ne pas nous en servir ! ».

J’ai lu Cédric Villani, médaille Fields en 2010 (former des élites, comme d’hab et même en maths, on sait toujours faire) dire qu’il était « normal que les résultats ne soient pas au rendez-vous », vu le recrutement et la formation en France, ajouter que les efforts doivent porter sur les enseignants, « ce qui veut dire les soutenir, leur donner les moyens de mener leur action, les former, leur laisser du temps pour tester, réfléchir et préparer », dire aussi que « ce qui compte, c’est apprendre à raisonner ».

J’ai lu Jean-François Chesné, docteur en maths, directeur scientifique au Cnesco, pour qui le problème vient du « profil non scientifique des enseignants du primaire, très majoritairement issus de filières littéraires ou de sciences humaines. La formation initiale n’est pas adaptée : le nombre d’heures de maths en deuxième année de master « métiers de l’enseignement » est faible. Sans parler d’une formation continue et d’un accompagnement au niveau local pas toujours suffisants », dire aussi que les programmes ne lui paraissent pas à remettre en cause, ni les horaires, « la France apparaît parmi les pays qui consacrent au CM1 le plus grand nombre d’heures annuelles à l’enseignement des mathématiques ».

J’ai lu Bernard Egger, président de l'association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP), évoquer une fois de plus le niveau des instits en maths, « pour une écrasante majorité d'entre eux [80%, d’après le Cnesco], ils viennent de filières littéraires. Lorsqu'ils deviennent enseignants, ils ont de vraies lacunes et de vraies craintes par rapport aux mathématiques. »

J’ai lu aussi qu’il fallait relativiser cette étude comme d’autres, ça m’a sorti quelques minutes de ma torpeur de lire ça, de me rappeler qu’il faut toujours, en effet, mettre en perspective et tenir à distance les conclusions lapidaires, ne pas « céder à la fièvre des palmarès »,  et je me suis promis de garder ça à l’esprit mardi prochain, jour ou PISA sortira – histoire de nous maintenir la tête sous l’eau, y a pas de raison qu’on soit pas dernier là aussi.

A la maison

En traversant le parc qui mène chez moi, sous les branches décharnées de ce début d’hiver, j’ai repensé aux difficultés à faire entrer les tables de multiplication dans la tête des élèves, en CE2, de tous les supports, techniques, jeux, ateliers mis en place pour les aider à les apprendre, les heures passées sur ces saletés de tables, les groupes de soutien, les activités pédagogiques complémentaires et l’impression d’avoir tout essayé, vraiment tout tenté, mais le constat que cela ne suffisait pas, pour certains, pour trop.

Je me suis rappelé les élèves ne connaissant pas leurs compléments à 10, en CM2 ; le nombre d’erreurs dans les soustractions posées, encore ; les regards hagards de certains, face au problème à résoudre, la difficulté à abstraire, le mal à raisonner, à comprendre un énoncé, à organiser une recherche, la peur de se tromper.

Je me suis rappelé ma surprise de voir certains élèves faire un simple point, pour noter un point géométrique, je me suis souvenu avoir vu des fiches de préparation comportant la même erreur, sur Internet, sur des sites de partage d’instits.

Je me suis souvenu de cette remarque de José, le grand ancien de l’école, qui m’a dit un jour, apprenant que j’avais eu un bac C, « mais qu’est-ce que tu fous là ? ».

J’ouvrais la porte de chez moi quand j’ai compris la cause de mon désarroi, pourquoi le poids sur ma poitrine depuis ce midi : j’ai pris les résultats de TIMSS de plein fouet parce que je les ai pris pour moi, je me sens responsable, un peu comme le cadre d’une entreprise qui se démène comme un beau diable et, découvrant le bilan annuel catastrophique de sa boite, forcément se dit qu’il doit y être pour quelque chose, simple rouage mais rouage quand même. J’ai pensé aux milliers de collègues qui devaient ressentir la même chose. Il n’est pas possible d’être détaché quand on est investi dans son travail, impossible de ne pas être touché quand on est la partie d’un tout violemment remis en cause par la froideur des statistiques.

Je n’étais plus que doutes, je n’avais plus aucune certitude. A quoi bon se battre au quotidien pour qu’un TIMSS vienne montrer à quel point je ne sers à rien. Plus les études paraissent, qui semblent indiquer la faillite de notre système – et malgré les rares contre-exemples – plus je me demande ce qui déconne, au juste, et comment faire, et moins les réponses me viennent. Inévitablement, j’envie ceux qui savent, qui ont compris, qui ont réponse à tout. Non, je ne les envie pas, ils ne me sont d’aucune aide. Pour ma part, je sèche.

Normalement, demain est un autre jour, mais comme demain a la tête de PISA 2015, j’ai des doutes.

 

Nota : on lira avec intérêt le post de blog de Claude Lelièvre, qui rappelle opportunément que le niveau en maths des petits français est préoccupant depuis plus de 20 ans, dans l’indifférence générale.

Suivez l'instit'humeurs sur Facebook et sur Twitter @LucienMarboeuf.

A lire aussi

  • Aucun article
  • Claire Marouf

    Je suis très contente que vous abordiez ce sujet, nous avons eu, nous aussi une discussion à ce propos avec ma collègue de CE1 (je suis en CP). Elle désespère chaque année un peu plus du niveau des élèves que je lui envoie!!....et moi je ne suis plus du tout satisfaite non plus de l'enseignement des mathématiques que je pratique....: 8 ans de Picbille, avec toujours autant de mal pour les enfants à "mentaliser" les calculs. Cette année, j'ai changé de fichier mais ce n'est encore pas ça....Du coup, suite à cet échange, je m'intéresse de près à la méthode dite de Singapour...très peu d'infos sur le net, très, très progressive, avec une programmation un peu déroutante mais qui , apparemment, permet aux élèves de vraiment abstraire le concept de nombre.....je ne suis pas contre un retour d'expérience d'ailleurs. En tout cas, ces résultats ouvrent à débat, c'est sûr!!

    • Joelle Cadet

      je pratique depuis 3 ans et c'est génial. dérangeant, pas facile à maitriser, mais efficace!

      • John-Ive Penven

        Bonjour, avez vous des liens à faire partager sur cette méthode ? Merci.

    • Viktor

      Faut ressortir les bûchettes et les bouliers ...

    • lopezdegwada

      Pourtant le fichier que vous utilisez qui est très progressif, est surement le meilleur, mais le fichier ne fait pas tout le boulot. Il faut y ajouter du calcul sous toutes ses formes. Par contre, après le CP, ce qui est étudié, surtout en numération, n'est pas assez progressif. (les nouveaux programmes sont plus cohétents)
      Moi, je fais du CM2 de puis plus de 20 ans entrecoupé par des passages au CP.. Je constate tous les ans que la plus grande faiblesse des élèves qui arrivent en fin d'école primaire est le calcul. Les enfants ne maitrisent ni les tables, ni les opérations, ni les relations entre les nombres. On voit bien là l'importance des choix "pédagogiques" et de ces phrases matraquées dans les IUFM. "Toute situation est une situation problème". Ainsi, dans les classes précédentes on privilégie "les situations problèmes" alors qu'on ne maitrise pas le calcul. C'est abherrant !
      Un exemple simple amenant à la réussite ou à l'échec.
      En France, qui fait l'apprentissage des tables ? Les parents, bien sûr. "Apprenez vos tables". Les enseignants se déchargent de cette activité sur les parents. L'activité n'est peut-être pas assez "pédagogiques" pour les enseignants ! Quel enseignant ferait réciter des tables pendant 30 minutes à ses élèves lors d'une inspection ?
      Dans les pays asiatiques que nous prenons en exemple de réussite, les tables sont récitées quotidiennement en classe par toute la classe suivant un rituel.
      Ainsi, dans un reportage, une petite élève asiatique disait que sa moyenne était de 19,5 sur 20. Le journaliste la félicitait et la petite fille lui expliquait que tous les élèves avaient entre 19 et 20. Normal, c'est le travail quotidien de tous !
      Pourquoi j'insiste sur cet apprentissage ?
      Parce que c'est un exemple révélateur. La connaissance des tables apporte aux enfants, une connaissance des relations entre les nombres qui facilitera ensuite la compréhension de situations problèmes. Sans ces connaissances, l'élève tatonne.

      Voici une autre phrase faisant typiquement partie de cette l'absurdité des pédagogistes français, "L'élève doit apprendre à apprendre".
      Et bien NON, à l'école primaire l'élève doit avant tout apprendre les fondamentaux, dont le calcul. Il n'est pas là pour "apprendre à apprendre"

      J'ai beaucoup d'autres exemples qui expliqueraient nos faiblesse en mathématiques, mais les premiers responsables sont avant tout les choix pédagogiques dictés et enseignés par ... ?

      • Joelle Cadet

        comment l'expliquer? la stratégie opératoire est un vrai casse-tête alors qu'avant, même pour les allergiques, c'était un facile ! je galère chaque année de plus en plus avec la soustraction à retenue et la division. leur tables il les savent en décembre du CE2. Pas le choix, c'est tous les jours jusqu'à ce que ça rentre!

        • lopezdegwada

          Voici les pourcentages de réussite des élèves qui arrivent dans ma classe (test de rentrée).
          50 % savent faire une soustraction avec retenue
          70 % savent faire une addition avec 3 termes
          60 % une multiplication avec 1 chiffre au multiplicateur
          20 % une multiplication avec 2 chiffres au multiplicateur
          10 % une division avec un chiffre à abaisser

          60 % connaissent les tables de 2 3 4 5
          20 % connaissent les tables de 6 7 8 9

          20 % reconnaissent des doubles, triples, moitiés, tiers, quart
          Le calcul est négligé de façon évidente...
          Explication
          Mes collègues des classes précédentes appliquent à la lettre les programmes et les pédagogies à la mode... interdisent le calcul avec les doigts, le surcomptage, font une séance de calcul par semaine, des ateliers de problèmes, laissent l'apprentissage des tables aux parents (à la maison) ... Bref, ils ne font pas du calcul une priorité (comme pour l'orthographe, d'ailleurs même choix, mêmes résultats catastrophiques)

    • Maryline Fougerouse

      Dans mon école, mes collègues de CP testent cette année la méthode de Singapour... Elles sont un peu inquiètes de cette méthode très "lente"/"progressive", cela dit, elles constatent déjà une meilleure compréhension...C'est bien le principal! A voir si la tendance se poursuit...
      Perso, je suis en CM et ma collègue de CE1-CE2 utilise la méthode de Stella Baruk depuis 2 ans et en est ravie... Je ne sais pas si cela vient de là ou simplement de mes élèves mais cette année, je n'ai jamais eu des CM1 qui comprenait aussi bien les problèmes!

      • lopezdegwada

        Mais pourquoi ne prend-on pas son temps à l'école primaire ?
        Deux pistes
        - les programmes qui sont adaptés aux meilleurs et d'autres décrochent
        Un exemple : En France, au CP, on étudie les nombres jusqu'à 100, puis au CE1 jusqu'à 1 000.
        Dans d'autres pays, au CP, on étudie les nombres jusqu'à 100, puis au CE1 jusqu'à 200.
        - encore une fois, les pseudos formateurs qui voudraient deux "séances d'apprentissage" par jour, une en maths, une en français. Ce qui veut dire qu'à chaque séance , l'élève apprendrait quelque chose en plus.

    • Eoliah Dici

      reprenez les livres des années 1950/65 ça marchait super bien

  • Antoine

    En complément des arguments avancés dans cet article, les maths sont aussi une affaire de psychologie. Si on arrêtait d'entendre à longueur de journée que les maths c'est difficile, nos enfants s'y mettraient plus sérieusement. Aujourd'hui, on trouve normal d'avoir des difficultés en maths alors on ne fait aucun effort pour les comprendre.

  • Joelle Cadet

    une autre enquête internationnale celle-là, place la France 35ème mondiale, Singapour en tête. J'utilise cette méthode depuis 3 ans bah... il n'y a pas photo : j'ai fait des progrès en math!

  • Joelle Cadet

    https://www.facebook.com/enfantszen/videos/1773014182965606/

    A voir aussi, assez bien vu même si cela parle de l'Amérique....

  • Balajo220 ame91

    Ca ne date pas d'aujourd'hui ! Je suis ingénieur retraité, et lors de mes études au lycée, j'ai demandé a mon prof de maths, à quoi servaient les équations du second degré. Il m'a répondu que cela me servirait plus tard, en physique, mécanique, etc....
    Il aurait pu me donner un ou deux exemples pour donner un aspect plus concret à ce qu'il m'avait appris, mais rien !
    Même question trois ans plus tard pour les intégrales et les dérivées, même réponse ! Comment s'étonner de nos jours que les jeunes soient aussi empotés devant un problème concret qui pourrait être aisément résolu grace aux maths ?
    L'enseignement de cette discipline est incomplète, il manque les applications concrètes, mais ce n'est pas du domaine du prof de maths m'a-t-on dit !
    Je ne sais pas si il en est de même de nos jours, mais cela ne m'étonnerait pas !

    • didji

      même constat! il a fallu que je fasse de l'électronique pour savoir à quoi servait Laplace et Fourrier...et c'est à ce moment là que j'ai enfin commencé à comprendre les maths et leurs utilités...mais que de temps perdu à résoudre des équations dont je ne savais pas à quoi elles pouvaient servir. Par contre, comme plus des deux tiers n'ont rien à "foutre" de l'école et de l'instruction ( par conviction, mais aussi par l'éducation parentale), ils sont voués au chômage, emplois précaires ou hôtesses de service à la personne (emplois d'avenir ???) il n'est pas difficile de comprendre que pour eux ou elles, les maths sont leurs derniers soucis...
      Un exemple "concret" à ce que vous dites: quand j'étais en CM1 j'avais un petit copain dont les parents étaient épiciers, il était imbattable en calcul mental, pour rendre la monnaie et les fractions parce qu'il passait déjà derrière la caisse, qu'il n'y avait pas de machines à calculer et de caisses enregistreuses dites intelligentes... Non, je ne me réfère pas à Topaze et du père maçon...et pourtant !!!

    • Eoliah Dici

      mais cher monsieur on parle ici d'école primaire. Mon bouquin de calcul s'appelait "j'apprends à raisonner" et , ma foi, nous maitrisions parfaitement tous ses contenus: fractions, proportions, système métrique, intervalles, surfaces , volumes, figures géométriques etc....

  • Censuré

    Les petits français ne sont pas seulement nuls en maths. Ils sont aussi nuls en langues, en sciences et en français, et j'oublie peut-être d'autres matières.
    Donc pas d'affolement, le niveau est "homogène"...

  • mth

    Quelle blague! Nos "petits Loulous", il ne faut pas trop les pousser! Et en lisant la syntaxe de cet article, il n'y a pas que les maths qui font défaut à notre éducation. A bon entendeur...

  • http://blog-de-guy.blogspot.fr/ Chassigneux guy

    J'étais un littéraire, mais je pense que j'ai plutôt correctement enseigné les maths car je savais la difficulté de cet apprentissage en particulier en calcul mental où j'avais du mal en tant qu'élève. Voir celui qui est à l'aise en informatique qui te dit" c'est facile!", il n'y a rien de plus anti-pédagogique. Merci pour les publications sur votre blog.

  • enfaitpourquoi

    Je peux donner ma petite expérience: dernier de ma classe en maths en 3ème, je n'y comprenais vraiment rien, et sans doute cela venait de bien avant.... j'ai redoublé ma 3ème, mais entretemps et au 1er trimestre, j'ai absolument fait tous les exercices de mon livre de cours , et je dis bien tous! résultat: je suis arrivé en tête de ma classe, à la stupéfaction de mon prof qui était le même que celui de ma 1ère 3ème; ensuite j'ai suivi cette règle rigoureuse de faire le maximum d'exercices en maths; j'ai obtenu une licence en maths quelques années plus tard... il n'y a pas de secrets, et ce n'est pas de triturer la pédagogie qui sauvera notre système; il faut que les enfants trouvent le temps de s'exercer... ce qui veut dire que la ministre, au lieu de sortir des phrases sans queue ni tête - pauvres enseignants qui font ce qu'ils peuvent - doit dégager les options qui bloquent les plages d'etude personnelle dans les emplois du temps .

  • azop

    Les générations sacrifiées en maths sont celles qui sont arrivées après la théorie des ensembles.
    Vous avez appris la division à l’ancienne école, par exemple : 30 divisé par 3 égal 10, voici comment cela se présente maintenant :
    "Soient a et b deux éléments de Z. a est divisible par b ou encore a est multiple de b s'il existe un élément q dans Z tel que a = bq. Dans ce cas nous le noterons b|a."
    Totalement incompréhensible, sauf pour quelques individus qui sont bien souvent des enfants de professeurs de mathématiques, lesquels consacrent l’essentiel de leur temps libre à faire des cours de rattrapage à leurs enfants.
    Les mathématiques sont devenus une langue étrangère parlée par quelques uns.
    Il serait temps de revenir au concret des temps anciens…..

  • Eoliah Dici

    alors les instits sont des littéraires? rien à sauver les gamins sont archi nuls en orthographe et écriture rédactionnelle

  • Tite Mesange

    Je trouve votre article très intéressant. Ma fille est actuellement en CP et tout se passe bien sauf ... les maths. Ce que dit Stella Baruck m'interpelle, du moins pour ma fille.

    Le fichier utilisé est celui de Piquebille. Que de belles couleurs qui donnent envie de travailler par rapport à ce que nous avions à l'époque lol mais que de notion compliquées dans un but soit disant de simplifier les choses en les rendant concrètes !
    Vendredi, le fichier rentre à la maison pour signature, voici un magnifique NA dont je ne comprends pas, le résultat de chaque addition étant le bon (ou alors je suis encore plus mauvaise que je ne le croyais...) Mon mari ne comprend pas plus, ni papy, ni mamie... Je relis alors la consigne et comprends que ma fille n'a pas fait le dessin des billes pour faire les calculs et que bien qu'elle sache compter 2 + 2, elle se retrouve à avoir tout faux !

    Peut être l'institutrice aurait pu mettre un ECA, ou une explication. En tout cas,le constat est que 2 mois après la rentrée, ma fille déteste déjà les maths et angoisse à cause de ça.
    Je me dis que son avenir en maths ne sera pas mis en question pour ça, l'important est qu'elle arrive à compter mais elle a le sentiment d'être mauvaise compte tenu de la notation. Quid des futures évaluations ?
    Enfin, je pense que malheureusement, les enfants appréhendent les maths chacun à leur façon, certains auront besoin de matérialiser les choses et les autres non, et il est évident que les instituteurs ne peuvent pas faire une technique par élève (pour moi l'instit littéraire qui serait nul en maths je n'y crois pas, on ne demande pas en primaire de leur apprendre les statistiques et équations à double inconnue lol).

    Enfin, voilà, je ne pensais vraiment pas déjà me poser de questions sur la pédagogie dès le CP ! En tout cas, il est plaisant de voir que certains instituteurs se sentent encore concernés par rapport aux pédagogues inventeurs de réformes qui regardent ça de loin et leur rejette souvent la faute. Merci.

  • Raphaëlle Gelineau

    Peut être tout simplement parce que tu te fais confiance et que ça marche. Les statistiques nous trompent à bien des égards?. Et comme tout bon enseignant qui se respecte tu vas chercher, tu vas te remettre en question et surtout tu va faire au mieux ...de ce que tu es et de ce que tu peux. Peut être faudrait il entendre que l'enseignant n' est pas non plus doté de supers pouvoirs et qu'il ne devrait pas, en toute lucidité et réalité, avoir le projet de sauver le monde... Je t'envoie plein d'ondes positives...courage!

    • Truffignon

      Et surtout tu VAS faire au mieux. Surtout après l'avoir bien conjugué à 2 reprises dans la même phrase.

  • Myeter

    Ce constat m'affole aussi.

    Je précise d'entrée que je n'ai pas d'enfant ; alors je n'ai peut-être guère droit à la parole.

    Néanmoins, j’aimerais exprimer que chercher la responsabilité au niveau du système, des enseignants me parait passer à côté d'un fait indéniable.

    Le fait que maintenant les enfants sont rois (là, on voit bien le mec qui n'a pas d'enfant !). En gros, ils font ce qu'ils veulent et ne font pas ce qu'ils ne veulent pas.

    Et surtout quand ça fait un peu mal, ils ne font pas.

    Or certes, c'est pénible, mais il me semble incontournable, pour être à l'aise en math de maîtriser ses tables de multiplications !

    Un peu comme la liste des verbes irréguliers en Anglais.

    Ca veut dire quoi ? Ca veut dire "gravé dans la tête".

    Ca veut dire du "par coeur" !

    Et là, je suis conscient de dire une énormité absolument contraire à tout les nouveaux us et coutumes.

    C'est hors de question.

    Mais sans cela, personnellement, je n'y crois pas.

  • John-Ive Penven

    Merci beaucoup Joëlle. Si je comprends bien il est important de commencer par le CP. Je vais essayer de commander des manuels sur les différentes années.

  • Damien Le Goff

    La méthode de Singapour semble être une méthode d'enseignement qui présente quelques caractéristiques de la Pédagogie Explicite en ce qu'elle donne - à en croire cette vidéo - les outils nécessaires à la résolution des exercices donnés et qu'elle inclut une pratique guidée (qui n'est cependant pas détaillée ici). De là à prétendre que c'est la meilleure méthode au monde, il faudrait pouvoir décorréler les résultats obtenus aux tests internationaux des conditions socioéconomiques - il me semble que SIngapour ne présente pas de populations particulièrement défavorisées par exemple - ainsi que d'autres facteurs infuençant les apprentissages, comme par exemple le temps consacré à la pratique (time on task) qui n'est pas nécéssairement le même là-bas qu'ici (et qui est toujours moindre en mileu défavorisé, notamment pour des questions de discipline). La Pédagogie Explicite, ou Enseignement Explicite, s'appuit sur les sciences cognitives pour permettre une mémorisation de qualité (en éliminant au maximum les ambiguités) et un transfert efficace des apprentissages depuis la mémoire de travail vers la mémoire à long terme (pratique intensive et révisions fréquentes tout au long de l'année) libérant ainsi la mémoire de travail et permettant de raisonner. Elle est très efficace en maths comme dans les autres disciplines. Je ne saurais que trop vous recommander d'aller visiter les sites APPEx et Form@pex pour en apprendre davantage au sujet de cette pédagogie qui se situe à l'opposé des dogmes constructivistes qui règnent aujourd'hui dans les école et les ESPE et qui sont en grande partie responsables des résultats des petits français.

    • Joelle Cadet

      Une méthode n'est jamais parfaite et Singapour par exemple est fragile en géométrie. Mais elle a répondu à pas mal de mes questionnements notamment sur le raisonnement et le calcul mental. C'est une bonne suite de picbille que je n'aime pas trop en CM...

  • Avlula

    Et encore, on parle des mathématiques parce que c'est universel et qu'on peut donc comparer différents pays, mais c'est l'arbre qui cache la forêt, parce que que dire du niveau dans les autres matières ? Français, Histoire, Géographie, Culture générale, Travaux manuels...
    Les différentes causes : programmes idéologiques insensés directement issus des loges maçonniques, mauvaise éducation des parents (à laquelle s'ajoute celle des enfants) qui entraine une omniprésence des écrans (nocifs en tant que tels pour le sommeil et l'attention, mais il faudrait parler de ce qui s'y affiche comme abrutissement), une mauvaise santé (nourriture, vaccins, surprotection...),

    bref effectivement l'instituteur n'est qu'un rouage d'une dégradation générale qui a commencé il y a quelques générations et que l'on paye maintenant.
    On pourrait philosopher aussi, sur le sens de la vie et donc la motivation... Si les parents mettent leurs enfants à l'école dans l'esprit "c'est pour avoir un emploi" donc une place dans ce grand esclavage à l'argent, plutôt que pour des raisons plus nobles...
    C'est un tout à mon avis, et c'est aussi une bonne nouvelle parce que ça veut dire qu'il suffit de remettre le train sur les rails et il y aura un cercle vertueux qui arrangera grandement les choses pour la prochaine génération. La génération "sacrifiée" est d'autant plus motivée à ne pas commettre les mêmes erreurs que leurs parents qu'ils en ont souffert.