Non, les profs ne sont pas payés 10 mois par an

(Crédit AFP / Fred Dufour)

C'est un vieux serpent de mer qu'un article de Libération a fait resurgir en cette période de congé estival :  les enseignants seraient en fait payés 10 mois étalés sur 12, les deux mois de vacances d'été n'étant pas payés. Tout concourt à penser qu'il s'agit d'un mythe, auquel nombre d'enseignants croient dur comme fer, probablement parce qu'il permet de justifier la relative faiblesse de leur salaire.

Mythe

Un mythe qu'un papier de Jean-Paul Brighelli dans Marianne en 2010 a contribué à relayer, malgré une mise au point immédiate et très étayée d'un prof de maths, Michel Delord, complétée par le blog L'Hérétique. De nombreux autres blogs, y compris syndicaux, ont depuis repris l'argumentaire de Delord.

- Le texte de décret "du 10 juillet 1946" sur lequel Brighelli s’appuie n'existe pas ; seul un décret du 11 avril 1946 existe, sur la "création et la composition d'une commission chargée d'étudier le reclassement des rémunérations accordées aux différentes catégories de fonctionnaires".

- Sur ce décret s'appuie le décret du 10 juillet 1948 (Brighelli aura confondu) "portant classement hiérarchique des grades et emplois des personnels civils et militaires de l'Etat relevant du régime général des retraites", qui fixe le montant de la rémunération des fonctionnaires (pour l'anecdote, il est co-signé par François Mitterrand, alors ministre des Anciens Combattants)

- La loi 83-634 de 1983, dite loi Le Pors, fixe les droits et les obligations des fonctionnaires et aborde la question des rémunérations dans l'article 20, la question des congés dans l’article 21, deux articles modifiés en 2007.

A aucun endroit ces textes, lesquels fixent le cadre réglementaire aujourd'hui en vigueur, n'indiquent que le statut des enseignants diffère de celui des autres fonctionnaires. Le salaire des enseignants est donc calculé comme celui de tous les autres fonctionnaires, avec la même grille indiciaire, sur le même calcul simple de la valeur du point d’indice multiplié par le nombre de points.

En 1986, question posée au ministre

Cette histoire de 10 mois payés sur 12 ne date pas d’hier, puisqu'en 1986, nous rappelle Lelièvre, le député RPR Robert-André Vivien avait déjà interpellé le ministre de l'Education nationale, René Monory, en soutenant que "les commissions interministérielles du 6 janvier 1945 et du 11 avril 1946, ainsi que le décret du 10 juillet 1946 portant sur le traitement des différents fonctionnaires de l'Etat, avaient fixé les traitements des enseignants aux 10/12ième de celui des fonctionnaires de grade équivalents afin de tenir compte des vacances alors plus importantes dont ils bénéficiaient".

Il lui avait été répondu que "en application du décret n° 48-1108 du 10 juillet 1948 modifié, le classement hiérarchique des grades et emplois des personnels civils et militaires de l'Etat affiliés au régime général des retraites est défini par les indices extrêmes bruts qui leur sont affectés dans les tableaux annexés à ce décret. Ce décret constitue le seul fondement réglementaire en la matière. Il n'existe pas de règle juridique ni de clause implicite établissant un rapport entre les rémunérations des personnels enseignants et celles des fonctionnaires appartenant à des corps classés dans les mêmes catégories".

Pour être clair : seul le décret de 1948 et son tableau fixant les indices font référence, et le décret n'établit aucune différence de rapport (10/12è par exemple) entre les enseignants et les autres fonctionnaires.

Un décret de 1950 ?

Partant du principe que tout texte remplace le précédent, ne sont donc recevables que ceux ultérieurs à 1948. De nombreuses pages web font état d'un décret datant de 1950 qui alignerait la rémunération des profs sur la grille des autres cadres A de la fonction publique. A l'occasion de cet alignement, on aurait "retiré à cette grille l'équivalent de deux mois de traitement, puis divisé le tout par 12".

Si on prend le temps d'approfondir, on s'aperçoit :

- que la plupart des pages qui abordent la question sont signées du même homme : Laurent Tarillon, enseignant de sciences économiques et sociales à Grenoble ; à quelques reprises, c’est le nom de Didier Cherel qui apparaît, mais le texte est à peu de choses près identique.

- que dans aucune de ces pages, le décret de 1950 n'est cité ni sourcé.

- en cherchant, on trouve bien en 1950 plusieurs décrets concernant les enseignants du secondaire : le décret 50-1253 du 6 octobre 1950 (fixant les taux de rémunération des heures supplémentaires d’enseignement effectuées pour les personnels enseignants des établissements d’enseignement du second degré) ; le décret 50-581 du 25 mai 1950 ("portant règlement d'administration publique pour la fixation des maximums de service hebdomadaire du personnel enseignant des établissements d'enseignement du second degré") ; le décret 50-582 du 25 mai 1950 ("portant règlement d’administration publique pour la fixation des maximums de service hebdomadaire du personnel enseignant des établissements publics d’enseignement technique"); le décret 50-583 du 25 mai 1950 ("fixation des maximums de service hebdomadaire des professeurs et des maîtres d’éducation physique et sportive titulaires et délégués"). Par parenthèse, ces trois décrets ont été modifiés en 2007 par le décret 2007-187 du 12 février.

Dans aucun de ces décrets n'apparaît le calcul qui enlève "l'équivalent de deux mois de traitement" à la grille, puis divise par 12. Et pour cause : le premier décret cité concerne les heures supplémentaires, les autres abordent la question du temps de service et non des rémunérations. Existe-t-il un autre décret datant de 1950 ? Je ne l'ai pas trouvé.

 

... Deux conclusions s'imposent. 1. S'il y a tant de flou, tant de fantasmes autour des vacances et de la rémunération des profs, c'est que quelque chose manque, dans la description de leur statut. 2. Ceux qui pensaient n'être payés que 10 fois l'an vont devoir se rendre à l'évidence : leur salaire mensuel est moins élevé que ce qu'ils croyaient. Rassurons-les : au final, ça revient au même.

 

Nota : ce billet reprend la majeure partie d'un autre, publié en décembre 2012. On y relatait également un arrêt du Conseil d'état établissant que les profs n'ont que 5 semaines de congés payés. On conseille aussi la lecture de ce billet de Claude Lelièvre, qui rappelle que les vacances d'été ne sont pas liées historiquement aux travaux des champs, comme on l'entend ou le lit parfois.

 

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  • disqus_C7Fidbxi3b

    Après la guerre de 39-45, ma grand'mère institutrice publique à la retraite, a touché un rappel substantiel au titre de la "péréquation". C'était en raison de la révision générale des salaires et pensions des fonctionnaires. Quant à la division par douze, dix ou treize du salaire annuel, cela ne change pas grand'chose. Les enseignants français restent parmi les moins payés dans l'UE, au moins relativement au niveaux de vie et de salaires de chaque nation.

    • dynosaure

      Il ne faut pas uniquement comparer le montant avec les enseignants des autres pays d'Europe, mais également le nombre d'heures de cours...

      • Lucien Marboeuf

        Comme vous avez raison, dynosaure ! Car en effet, cette donnée ajoute encore au déséquilibre, attendu que les instits français travaillent nettement plus avec leurs élèves que la grande majorité de leurs homologues... Lisez donc ceci http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2013/02/16/salaire-des-instits-un-graphique-parlant.html, ou encore ceci http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2013/07/11/oui-les-instits-travaillent-beaucoup-et-sont-mal-payes.html, histoire de vous faire une idée.

      • disqus_C7Fidbxi3b

        Pour tout enseignant sérieux, le nombre d'heures de travail et de préparation est supérieur aux heures de cours. Si cela devient identique, autant remplacer tous les profs par des robots. L'Etat ferait ainsi très facilement des économies...à condition de ne pas payer les chômeurs autant que les enseignants ....

        • dynosaure

          Je suppose que les profs européens non français préparent également leurs cours...

          • Manon Nonam

            oui et vous verrez qu'à quelques dizaines d'heures près les enseignants européens sont tous logés à la même enseigne, en Finlande (le grand modèle soit disant !) il ont même moins d'heures de classe qu'en France, par contre, tous ces pays paient leurs enseignants bien plus cher, ça c'est un fait ....

      • didji

        non pas de cours mais de travail! Pour régler le problème il serait bien que l'on attribue à chaque professeur un bureau au sein même de l'établissement où il travail !!! celui ci pourrait enfin justifier de par sa présence le travail effectif qu'il effectue en préparant et corrigeant ses cours!!! Beaucoup seraient surpris que les 35 h ne sont pas pour les profs. Autres surprises: les journées de stage à la charge des enseignants comme les réunions de travail après 17h00 non rémunérées...

        • dynosaure

          J'ai dit "cours" pour comparer ce qui est comparable.
          Dans les autres pays européens, je suppose que les profs ont les mêmes contraintes (peut être davantage ?).

          • Lucien Marboeuf

            Voyez comme vous êtes, dynosaure, je vous donne des liens, comprenant des faits, des chiffres, bref, des arguments, et vous continuez à "supposer" que les profs d'ailleurs ont davantage de contraintes... Autrement dit, vous partez du principe, sans aucune autre raison qu'a priori, que ceux d'ici en ont moins ! Cela en dit long sur la manière dont sont vus les profs, dans ce pays.

        • Giroz

          Et vous croyez qu'un cadre du privé que son patron convoque à une réunion après déja 9h00 de travail sera payé en heures sup après 18 ou 19h00 ?

          • voltaire

            Un cadre n'a pas d'heures supplémentaire et ne touche pas le même salaire qu'un prof.

          • dynosaure

            Il ne fait pas les mêmes horaires et arrive rarement à prendre plus de 3 semaines de congés par an...

          • Manon Nonam

            oui les 2 autres semaines obligatoires il vient travailler clandestinement for free !! alalala les patrons aimeraient tous vous avoir comme employé 😀

          • dynosaure

            Cela vous parait inimaginable avec vos 15 semaines de congés, mais c'est pourtant la réalité pour bien des cadres (je ne parle évidemment pas des cadres de la fonction publique) qui même en congés ont un "fil à la patte" avec ce miracle de la technologie que l'on appelle le smartphone...
            Un autre monde en quelque sorte...

          • Manon Nonam

            ahahahah vous croyez qu'on est dans une bulle, bcp de profs ont travaillé dans le privé, moi y compris, et beaucoup de profs connaissent des gens qui travaillent dans le privé (c'est dingue je sais !!) et personnellement je n'ai JAMAIS vu un cadre ne prendre que 3 semaines de vacances ! par contre un artisan à son compte oui, mais vous ne me parliez pas de ça ! donc arrêtez de nous prendre pour des jambons et si ds votre boîte vous vous faites exploiter sans rien dire, c'est votre problème !!! En plus, je le redis, si prof c'est si bien que ça et que vous possédez un master (plus deux trois petits autres trucs) alors vous pouvez tenter de passer le concours, il n'a jamais été aussi facile de l'avoir qu'en ce moment (bin oui ya plus de candidats, c'est bizarre qd même, pourtant 15 semaines de vacances c'est chouette !!!!)

          • filoumen

            L'inverse est vrai aussi , si le métier de prof est si pénible ( cours a préparer , copies a corriger , éléves a supporter , faiblesse du salaire ... ) les professeurs peuvent postuler dans le privé , ils verront que c'est beaucoup mieux ( congés , stabililité de l'emploi , retraite , avancement a l'ancienneté , objectifs a atteindre , humeurs des supérieurs hiérarchiques ... )

          • Manon Nonam

            oui l'inverse est vrai, j'ai d'ailleurs déjà bossé dans le privé ! La seule différence c'est que nous on se plaint pas vraiment (un peu sur certaines choses, comme tout le mde) on répond juste aux gros jaloux qui se permettent de dénigrer notre métier et notre investissement !

          • Bruno

            C'est ce que j'ai fait et je peux vous garantir que le privé dans de mauvaises conditions (15 jours de vacances, 50h/sem et 1100 euros par mois) reste moins stressant que prof dans le 93 comme je l'étais avant. Il vaut vous rendre compte de ce que c'est que de pas avoir de quoi à se loger correctement à Paris (les salaires de fonctionnaires sont identiques sur tout le territoire), de ne pouvoir jamais sortir du travail (car on est prof 24h/24h), et d'avoir l'impression de torcher la société en permanence, en se faisant insulter et mépriser par les autres. Comment un employeur peut-il se satisfaire de laisser ses agents dans de telles conditions?

          • filoumen

            15 semaines , c'est bien plus en lycée ( 16 plus jours fériés , mois de juin sans éléves , mai partiellement occupé ,gréves , stages ... )

          • dynosaure

            Et événements familiaux qui tombent forcément en dehors des ces 15 ou 16 semaines...

          • Bruno

            Quand je me suis marié (dans la fonction publique, un vendredi), j'ai eu droit à une demi-journée, parce que ma proviseur m'a dit que c'était son pouvoir discrétionnaire. Dans le privé, c'est un droit je crois.

  • Viktor

    Si on prend en compte l'absentéisme les grèves et les vacances, ils sont payé 15 mois sur 12....

    • Manon Nonam

      ouh le gros jaloux !!!!!!! le concours vous est ouvert si vous possédez un master 😀

    • filoumen

      ,Vous oubliez les jours fériés , le mois de juin et parfois mai ( enseignement supérieur ) sans éléves , les jours de gréve , les périodes ou les éléves sont en stage ( parfois 10 semaines par an ... )Les professeurs sont des intermittents ( du spectacle ? ) qui travaillent six mois par an et sont payés 12 , ce n'est pas mal pour 12 a 18 h semaine de présence devant les éléves !

      • Lucien Marboeuf

        Autant de clichés dans un seul commentaire, félicitations, vous venez sans doute de battre une sorte de record !

      • marboeuf

        Autant de clichés dans un seul commentaire, félicitations, vous venez sans doute de battre une sorte de record !

      • Manon Nonam

        et les 12 heures ils sortent d'où ??? non parce qu'un prof c'est 18 (eps = 20) sans compter les heures supp évidemment et un agrégé c'est 15 (oui agrégé c'est vraiment top, mais bon courage pour avoir l'agreg !!!!) et ya pa que les profs du collège, ya lycée, ya primaire aussi (27 heures !) et je vous rappelle que si ce sont ces horaires là c'est car "ils" partent du principe qu'on a du travail à la maison au moins équivalent au 35 heures, donc au final on est comme tout les autres, sauf que nous, on fait au taquet d'heures sup non payées pour vos mômes et en plus on se fait chier sur la gueule par des abrutis de votre genre !

  • disqus_C7Fidbxi3b

    Avec l'informatisation générale, il faudrait payer tout le monde au rendement et aux résultats, comme autrefois les médecins chinois payés seulement si leur patient guérissait. Que diriez-vous si les profs de terminale n'étaient payés qu'avec 95% de réussite au bac pour leurs élèves ? Vous me direz : "Très facile de nos jours", mais c'était seulement pour vous faire réfléchir et vous faire souvenir du temps où l'on payait les ouvriers "aux pièces". Cela existe encore dans certains pays, et pour des salaires de misère !

    • amandree0

      "payer aux pièces" d'accord car c'est l'ouvrier qui les fabrique mais quand on travaille avec de l'humain, on n'est pas maître de tout. Les problèmes d'apprentissage et échec d'élèves ne sont pas tous de "la faute" des profs. Quoiqu'on fasse, certains élèves ne réussiraient pas de toutes façon.

    • phil1975

      "rendement et aux résultats":
      Vous n'avez pas l'air de savoir ce que c'est un service public qui ne fabrique pas des pièces pour l'industrie ou pour un autre secteur.

    • footeur

      Premièrement, aucun métier ne paye qu'au résultat ! Il y aurait obligatoirement une part fixe et une part variable !
      Deuxièmement , ceci est complètement ridicule dans le sens ou l'on peut mettre toute l'énergie et la volonté que l'on veut et certains élèves n'auront jamais leur diplôme tout simplement parce que le vrai problème de notre système c'est l'enseignement primaire et surtout l'orientation !

  • M Deschars

    Si ils ne sont pas contents, qu' ils changent d' activité !
    C' est pas interdit ! Et avec un aller sans retour .........................

  • Ekaterina

    Quand je vois tant de méchanceté ou ce sentiment d'envie (même s'il est inavoué il faut bien le dire!!) à l'encontre des profs, je ne suis pas étonnée du peu de considération que les élèves peuvent parfois nous porter, ou même de l'irrespect et de la condescendance ! Etant donné les discours qu'ils doivent entendre à la maison ...

    • Manon Nonam

      ahhh bin ça malheureusement ....

  • Joel Le Gall

    La France est vraiment une exception dans le monde. voila des discussions sans fin sur "10 mois payés 12, ou 12 pour 10, ou...". dans tout autre pays on parlerait de salaire net réel par an (y compris les primes). Et c'est finalement ce qui compte. Mais finalement c'est encore faux, les primes fiscalisées, celles dé-fiscalisées, les indemnités etc... Et bien sûr quand même une comparaison des tâches accomplies, des résultats obtenus, des objectifs fixés. Le privé c'est ça. Et les résultats ne sont pas déterminés par les travailleurs. La société peut vendre ou pas ses services ou ses produits. C'est ça le résultat. Il n'y a pas de circulaire pour fixer les résultats avant l'examen, afin de donner des instructions pour la notation. Et dans le privé on fixe d'abord les objectifs avant d'embaucher. Qui connait les programmes, les objectifs en fonction des besoins du pays, les critères d'efficacité de l'Education Nationale? On décide l'embauche de 60000 enseignants et ensuite on se demande ce que l'on va en faire. Education nationale? Plutôt enseignement national car l'éducation n'est pas assurée, sous le prétexte que c'est aux parents de le faire. Jadis tout le monde participait à cette éducation. Et si on parle tant des profs c'est parce que les grèves et autres manifestations, absentéisme, etc... qui sont si fréquents donnent une mauvaise idée des enseignants alors que c'est une conséquence de la toute puissance des syndicats qui n'existent que par la faiblesse des Gouvernements, et qui ont une capacité de nuisance incroyable. Les enseignants sont victimes d'un système que personne n'ose attaquer.

  • Guym75

    En conclusion, vous écrivez
    - "leur salaire mensuel est moins élevé que ce qu'ils croyaient" : erreur, non, vous voulez dire PLUS élevé...?
    Vous
    écrivez aussi : "Rassurons-les : AU FINAL, ça revient au même". Cette
    expression "au final" est jugée fautive par l'Académie française, lisez
    l'article de votre confrère Didier Pourquery dans le Monde du 7/2/2014 "Pour en finir
    avec l'expression « au final »"
    http://www.lemonde.fr/le-magazine/article/2014/02/07/juste-un-mot-au-final_4361090_1616923.html

    • Lucien Marboeuf

      Je dis bien : leur salaire mensuel est moins élevé que ce qu'ils croyaient, puisqu'ils pensaient, par exemple, toucher 2000 € par mois durant dix mois, quand ils ne touchent en fait que 1666 € durant douze.
      Pour ce qui est de Pourquery : nous ne sommes pas confrères, puisqu'il est journaliste et moi non, il faut faire attention à ce qu'on lit, à la nature du texte et à l'auteur, distinguer un article journalistique d'un billet de blog.
      Il n'en reste pas moins que l'article de Pourquery est excellent, et je souscris à son explication : "au final" est certainement à mi-chemin entre le latinisme (in fine, que j'emploie souvent) et l'anglicisme (in / at the end), comme peut l'être "basé sur" (based on). Je m'en vais donc bannir "au final", en attendant que l'Académie l'accueille un de ces quatre, elle qui admet désormais des termes comme "désescalade" ou "futurologie". 😉

    • marboeuf

      Je dis bien : leur salaire mensuel est moins élevé que ce qu'ils croyaient, puisqu'ils pensaient, par exemple, toucher 2000 € par mois durant dix mois, quand ils ne touchent en fait que 1666 € durant douze.
      Pour ce qui est de Pourquery : nous ne sommes pas confrères, puisqu'il est journaliste et moi non, il faut faire attention à ce qu'on lit, à la nature du texte et à l'auteur, distinguer un article journalistique d'un billet de blog.
      Il n'en reste pas moins que l'article de Pourquery est excellent, et je souscris à son explication : "au final" est certainement à mi-chemin entre le latinisme (in fine, que j'emploie souvent) et l'anglicisme (in / at the end), comme peut l'être "basé sur" (based on). Je m'en vais donc bannir "au final", en attendant que l'Académie l'accueille un de ces quatre, elle qui admet désormais des termes comme "désescalade" ou "futurologie".

  • Maryline Maureil

    Votre article ne comporte aucun chiffre et aucune démonstration !!! Allez donc étudier de près les grilles indiciaires des fonctionnaires de catégorie A des impôts par exemple, et comparez, sérieusement ! Ce que vous dites est faux ! Leur salaire est plus élevé d'environ (14%) ce qui correspond bizarrement à 1 mois et demie de plus ( par an) au même échelon (7 par exemple). Ensuite, les échelons sont passés beaucoup plus vite et de façon égalitaire pour tous les fonctionnaires des impôts. Chez nous les enseignants, il a 3 vitesses d'avancement: grand choix, choix et ancienneté, aux impôts tout le monde avance à la même vitesse. Ce qui fait que mécaniquement, si vous atteignez l'échelon 10 trois ans avant vous gagnez mieux votre vie plus longtemps ! A la fin de la carrière la différence gagnée est significative: faites le calcul !!! Effectivement, si on compare nos salaires avec ceux des autres fonctionnaires de catégorie A nous gagnons moins , c'est tout ! Les vacances en sont la raison: on préfère nous payer moins car nous sommes nombreux. Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi relayer une telle fausse information, je sais que les syndicats enseignants ne disent rien en raison d'une consensus sur les vacances certainement....D'habitude j'apprécie beaucoup votre travail et ce que vous faites, javais déjà lu cet article il y a plusieurs années mais je ne suis plus d'accord pour laisser passer une telle erreur dans le contexte électoral actuel.

    • marboeuf

      Je crois que vous ne comprenez pas ma démarche dans ce post. Vous semblez penser que je nie une différence de traitement entre les instits et d'autres corps : ce n'est pas mon propos. Mon but dans ce post était de montrer qu'on ne peut en aucun cas dire qu'on n'est pas payé deux mois de l'année, qu'aucun texte ne prévoit statutairement ce traitement particulier comme on a pu le lire ici et là, renvoyant à des décrets fantômes. Qu'on touche dans les faits 10/12 de ce que d'autres fonctionnaires A gagnent, c'est possible, mais ce n'est pas la même chose !

      Nous sommes fonctionnaires par statut, et notre rémunération est fixée par des règles et des textes. J'ai longtemps cherché, partout, je n'ai rien trouvé qui avalise la thèse des deux mois non payés. Et personne d'autre n'a trouvé non plus.
      Si vous trouvez, surtout n'hésitez pas à me le dire...
      Qu'on gagne moins que d'autres corps de la fonction publique ne suffit pas à conclure à l'existence des deux mois en moins, statutairement. Cela s'appelle un syllogisme. Moi, c'est ce qui m'intéresse, ce sont les textes.

      • Little Toods

        Bonjour, le gros soucis c'est qu'il n'y a pas un de cadre au niveau du statut de profs (je connais que la partie prof). Il n'y a pas de contrat de travail avec les informations classiques du privés ... Salaire, Temps de travail, Rôle de la mission (beaucoup trop vague donc tout passe dedans ..).
        Il y a des heures demandées à être faites sans rémunération (ex : Préparation des épreuves de TP pour le bac .... qui a été mis dans le ccf - controle continue de formation- il y a peu alors que ce n'est pas du controle continue .. mais en faisant ca .. l'état s'appuie sur le faite que ca fait parti du job ... zou pas d'être supp .. mais des heures de boulots en plus ...)
        L'éducation nationale, c'est l'entreprise qui "baffoue" le mieux les lois ... (comme pas de CE alors que c'est obligatoire pour tout entreprise de plus de n salariés .. mais comme les profs ne sont pas considérés comme des salariés ... et hop..; on évite la loi ..)
        Depuis que ma femme est devenue profs ... je découvre tous les jours que c'est un boulot dur (et de plus en plus), payé au lance pierre (2x le smic il y a 30 ans, 1,2x de nos jours) avec des contraintes hyper fortes comme obligation de partir pendant les vacances donc au pris hyper fort ... il faudrait un CE pour compenser cela ...
        Bref .. bon courage à tous les profs qui bossent durs et tard et les week ends (ma femme est en train de faire les comptes rendus de conseils de classe à chaque élève de terminale ce soir , obligation car APB lundi .... fin estimée ... 23h30 ... début de la journée ... 8h ...)
        Bon courage à tous les profs qui sont traités de feignants car ils ont pleins de vacances ... ce qui est faux ...j'ai plus de vacances qu'elle dans le privé .. et en plus ..bizarre ... personne ne veut devenir prof ...