LA PHOTO DE MOHAMED MERAH

QUESTION : Pourquoi faut-il que systématiquement des mots soient illustrés d'images qu'on a vues des centaines de fois ! Quelle misère intellectuelle que ces rituels ! On dit "11 septembre" pof ! il faut se farcir la 872ème chute des tours... Ça sert à quoi ? Un cas qui me semble irriter le plus de gens - qui ne vous écrirons pas tous - c'est Merah : son nom ne peut pas être prononcé dans un journal sans qu'on ne soit obligé de revoir sa bobine de crétin réjoui descendant de sa bagnole de rallye... Le but des actions comme celles qu'a exécutées ce triste personnage est (au moins dans l'esprit des commanditaires, directs ou indirects) la communication et la propagande... quelle est l’influence sur des esprits faibles, incapables sans doute de faire la différence entre salaud et héros, de cette mise et remise en vedette, parfaitement inutile, de Merah ? Les journalistes croient peut-être que ça n'en a pas... moi je ne sais pas. Mais pourquoi prendre le risque ? (Jean-Luc P)

REPONSE :  La télévision, ce sont des images. Plus qu’une évidence, un lieu-commun. Pourtant, vous nous le rappelez régulièrement, ce « plus » devient parfois un «moins». La diffusion d’images violentes en est l’exemple même. Cette fois il s’agit également, estimez-vous en grand nombre, d’une forme de violence : la (re-)diffusion fréquente de la photo de Mohamed Merah. Toujours la même parce que c’est la seule dont dispose la presse. Cette photo qui montre un jeune homme riant, plein de vie, est bien entendu en complète contradiction avec le tueur de sang-froid (7 personnes dont 3 enfants exécutés en mars 2012) qu’il est devenu. C’est cette distorsion qui choque certains d’entre vous. Ne plus la diffuser serait un engagement difficile à tenir car dans certains cas elle peut avoir un sens et une justification journalistique. Dans un courriel récent, Mickaël S. fait une proposition intéressante: « ne serait-il pas plus opportun de montrer les photos des victimes qui méritent bien plus d’être rappelées à notre mémoire que celle de leur assassin ». C’est une idée que j’ai transmise à la rédaction de France2.

 

UN-AN-APRÈS-LES-QUESTIONS-SUR-LAFFAIRE-MERAH

 

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