François Hollande : dernier uppercut

Le président, François Hollande, le 31 décembre 2014, au palais de l'Elysée, à Paris. (IAN LANGSDON / AFP)

François Hollande est un boxeur. L'image a été choisie par Le Monde, juste avant des voeux présidentiels où le ton a d'ailleurs été combattif. Hollande boxeur, l'image peut faire sourire, le physique rondouillard du Président de la République le prédisposant plus à jouer à la pétanque ou à s'inscrire à une compétition de curling plutôt qu'à monter sur un ring. Et puis, c'est connu, on ne frappe pas quelqu'un avec des lunettes.

Et pourtant, et pourtant, François Hollande est un vrai boxeur, ayant l'art d'endormir l'adversaire et de recevoir des coups de tous les côtés (y compris de son camp). Mais champion de l'endurance, il reste debout et in fine, c'est lui qui remporte le combat. C'est ce qui est en tout cas arrivé par le passé, que ce soit à la primaire socialiste ou à l'élection présidentielle, François Hollande passant de 3% d'intention de vote en 2008 à 28,63% au premier tour de 2012. Pour comparer, François Mitterrand avait eu 25,8% en 1981 et Jacques Chirac, 20,84% en 1995. Pas si mal pour ce qui n'est pas censé être un vote d'adhésion.

Aujourd'hui, François Hollande semble se préparer à son ultime combat, le plus difficile celui de la reconquête du pouvoir pour 2017.  "Reconquête", le mot est bien le bon  puisque certains envisagent qu'il ne se représente même pas à sa réélection ou qu'il doive, lui le président sortant, participer à des primaires. Redevenir le candidat naturel de son camp - y compris chez des frondeurs récalcitrants, donner des signes forts de volonté politique, notamment sur l'écologie en faisant de Nicolas Hulot le premier invité de l'Elysée en 2015, voilà les premiers éléments de la stratégie présidentielle. C'est loin d'être gagner mais espérant bénéficier d'une dynamique à la Obama - c'est-à-dire ascendante sur la fin, Hollande remonte la pente dans les sondages passant de 12 à 20% - les détracteurs diront qu'à force de tomber, il ne pouvait que finir par remonter. Les perspectives sont meilleures, avec la baisse de l'Euro et du prix du baril de pétrole ; il recommence donc à y croire.  Et dans une volonté d'affirmer une combattivité accrue, il va affronter pendant deux heures les questions des journalistes de France Inter - qui ne l'ont pas ménagés loin de là. Pas encore un fauve, mais plus vraiment une fraise des bois ou un capitaine de pédalo.

Pour un peu, on lui conseillerait l'écoute de Dernier Uppercut de Matthieu Malon afin de se préparer à ses combats futurs : "taper dans le bide", "coup bas", "riposte", "esquive", tout un vocabulaire que Hollande devra maîtriser pour avoir encore une chance - infime pour l'instant - de l'emporter. Le boxeur chez Malon fait son dernier combat avec l'énergie du désespoir et finit par chuter. On verra dans les mois prochains si c'est aussi le cas pour l'actuel Président de la République. Car le chômage risque de mettre K.O François Hollande, avant même de commencer le match de 2017.

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