Obama : hispanique à bord !

Barack Obama à Washington (Etats-Unis), le 2 octobre 2014. (SIPANY / SIPA )

La défaite des démocrates aux élections intermédiaires de mi-mandat était largement annoncée. Ce véritable référendum pour ou contre Barack Obama a tourné à la défaveur du président américain. On ne manquera pas d'analyser toutes les raisons - nombreuses - de son échec et se demander si oui ou non Obama est pieds et poings liés. A l'heure qu'il est, tous les chiffres ne sont pas connus, notamment celui de l'abstention qui s'annonçait comme record. Mais, suivant toutes les enquêtes d'opinion, les classes populaires devaient largement se détourner de leur "président chéri", notamment la population hispanique qui représente un tiers de l'électorat  : pour mémoire, ils avaient voté à 71% Obama en 2008.

Il faut dire que Barack Obama n'a pas tenu bon nombre de ses promesses. Guantanamo n'a pas encore été fermé, le Patriot Act a été reconduit - mais est-ce que cela intéresse l'opinion américaine ? On peut surtout parler d'une loi promise sur l'immigration clandestine,  qui touche justement et essentiellement la communauté latino. Le président américain s'était engagé à régulariser des millions de sans-papiers. Sans l'appui de la Chambre des représentants, il avait promis de le faire par décret. Les hispaniques, véritable cheville ouvrière des USA, attendent toujours. Pire, ils ont pu constater que l'administration démocrate expulsait plus de clandestins que ses prédécesseurs - plus de 2 millions depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche. La tentation de donner des gages de fermeté à l'aile la plus conservatrice de ses concitoyens est souvent grande ; histoire de bien montrer que l'on n'est pas laxiste (un phénomène aussi connu en France).

Cerise sur un gâteau déjà difficile à digérer, le gouvernement américain a commandité et fait diffuser cet été sur les radios d'Amérique Centrale, une chanson visant à effrayer les candidats à l'exil de venir aux USA. La chanson s'appelle "La Bestia", en référence au train qu'empruntent chaque année des centaines de milliers de personne pour aller jusqu'à la frontière américaine.

Les paroles ne font pas dans l'angélisme : "On l'appelle la bête du Sud, ce maudit train de la mort où le diable rugit dans la chaudière et se tortille / Dire qu'il est plus facile aujourd'hui pour nos enfants d'avoir des papiers au Nord est faux, dire qu'ils sont la proie des coyotes, de la bête et de la rivière est vrai / Ils sont notre avenir. Protégez-les.". Et si effectivement, le voyage vers l'Eldorado est d'un danger absolu (les récents films Sin Nombre et Rêves d'or le montrent ô combien), cela brouille encore un peu plus le message "accueillant" de Barack Obama vis à vis de ses immigrés latinos. Les mêmes qui ont sans doute fait perdre les élections aux démocrates aujourd'hui.

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