De Bern à Ferrand, l’histoire malmenée

Rois et reines jusqu’à l’obsession, prétentions scientifiques déplacées et confusion des genres… Largement incarnée en France par une courte liste d’animateurs et d’auteurs présents jusqu’à saturation dans tous les médias possibles, la vulgarisation historique se perd dans des dérives qui ne servent ni la discipline, ni le public

 

L’année 2017 s’est terminée sur les chapeaux de roue sur le front de la vulgarisation historique, avec la publication chez Plon d’un ouvrage étonnant, préfacé par un Franck Ferrand tout sourire en couverture, sous la mention « Franck Ferrand présente » : La guerre de Troie a bien eu lieu mais ailleurs. Présenté par l’animateur d’Europe 1 comme un ouvrage « courageux » aux « puissants arguments » capable de provoquer un « cyclone », un « tsunami », ce livre vieux de près de trente ans ne provoque pourtant rien du tout. Il n’est qu’un facile recyclage signé d’un économiste néerlandais qui s’est contenté de joyeusement pomper les affirmations fantaisistes d’un avocat belge du 19e siècle, Théophile Cailleux, qui situait le véritable site de Troie près de… Cambridge. Une « thèse » à laquelle on devrait normalement accorder le même genre de crédits qu’à la foule de publications pseudo-érudites mais bien décidées à « prouver » que des Aliens ont créé l’Atlantide, quand il ne s’occupaient pas à bâtir les pyramides pour y laisser des crânes de cristal.

Mais voilà : l’ouvrage est publié dans une grande maison, naguère encore connue pour publier plutôt de Gaulle et Churchill que de pareilles inepties, et portée par la caution d’un homme qui incarne pour beaucoup l'histoire populaire, grâce son émission quotidienne sur une grande radio nationale. Et pourtant : Franck Ferrand n’en est pas à son coup d’essai quand il s’agit d’appâter le public à grands renforts d’histoire mystérieuse, de secrets cachés, d’ésotérisme et de conjuration des universitaires, pour lui vendre tout et n'importe quoi.

Contre toute évidence archéologique, Ferrand prospère ainsi depuis des années sur le pseudo-mystère d’Alésia qu’il s’obstine à situer dans le Jura, contre l’avis de toute, littéralement toute la communauté des historiens, des archéologues et des linguistes de métier que ce petit jeu commence à sérieusement agacer. Cet été encore, transformé pour l’occasion en commentateur du Tour de France, l’animateur avait profité de l’occasion pour affirmer ce mensonge , balayant une fois encore d’un revers de main le travail des professionnels d’une discipline qu’il prétend faire aimer à ses auditeurs.

Et tant pis si on rase de près la théorie du complot et des méchants savants contre les gentils présentateurs. Un air connu : depuis des années, le présentateur a publié plusieurs livres, dont certains sont à classer dans le registre parano-mystérieux de type  « cette histoire que les officiels vous cachent ». Le tout se retrouve placé par des libraires naïfs en tête de gondole du rayon Histoire au lieu d’aller rejoindre les fictions de Dan Brown au rayon des romans historiques, et pas forcément des meilleurs. Tout le monde n’est pas Umberto Eco.

Une science humaine maltraitée par ceux qui prétendent la servir

Au cas où les ventes fléchiraient, Ferrand peut compter sur le relais de Stéphane Bern qui lui ouvre ce mois-ci une pleine page dans le magazine Secrets d’Histoire, où l’animateur est présenté comme « l’historien d’Europe 1 » - rappelons une fois encore qu’il n’est pourtant pas plus historien que l’auteur de ces lignes, mais auteur et présentateur. Autrement dit, il n’est savant que de la science des autres, ce qui devrait l’amener à descendre d’un ton lorsqu’il se laisse aller à incendier des universitaires qui ont pour eux les décennies de pratique scientifique qu’il n’a pas.

Au gré de la petite musique jouée par Franck Ferrand, Stéphane Bern ou l’inénarrable Lorànt Deutsch, star de l’édition dont on ne compte plus les erreurs factuelles, s’installe l’idée perverse qu’ils représenteraient finalement mieux la discipline historique que ceux qui le font avancer chaque jour dans leurs laboratoires, à longueur de recherches. Les professionnels ? Rabaissés au rang de « savants patentés, autorisés » par un Ferrand qui ne s’est plus frotté à la recherche scientifique depuis un lointain DEA. Et ce mot : « autorisés », comme si qui que ce soit empêchait Franck Ferrand de dire ce qu’il souhaite, y compris n’importe quoi. En revanche, rien ne force la communauté scientifique à le laisser aligner intervention sur intervention sans en pointer les biais ou les faiblesses.

Mais rien n’y fait. Quand ils ne sont font pas traiter de tous les noms, historiens, archéologues et chercheurs se voient taxés du crime suprême : être ennuyeux. Ce qui est au passage une sottise de plus tant la liste des spécialistes personnellement investis dans la vulgarisation de leurs propres travaux ne cesse de s’allonger, et tant émergent des talents capables de proposer un peu partout et notamment sur le web des contenus de qualité, séduisants et nettement plus au fait des évolutions récentes de la recherche historique.

Histoire bling-bling

Pendant ce temps-là, trois ou quatre figures (Ferrand, Casali, Deutsch, Bern…) trustent antennes et plateaux et reviennent sans cesse sur leurs petites obsessions, souvent teintée d’une nostalgie monarchique plus ou moins assumée. La liste des sujets abordés dans l’émission Secrets d’Histoire, présentée par  Stéphane Bern, est assez révélatrice de cette tendance. En onze saisons, les deux tiers au moins de ses 115 épisodes ont été directement dédiés à des aristocrates : rois, reines, empereurs, favorites, comtes et comtesses… A de rares exceptions près (l’Élysée, Charlotte Corday, Agatha Christie, Victor Hugo, Jésus…), les autres concernent des « mystères » (le masque de fer, Louis XVII, Robin des Bois…) mais surtout de grands personnages, proches du pouvoir suprême quand ils ne l’occupent pas : Danton, de Gaulle, Talleyrand…

Bref, l’histoire résumée à une collection de figures imposées, toujours les mêmes – Casanova, Jésus ou Molière ont même eu droit à plusieurs épisodes. L’Antiquité est presque absente, l’époque contemporaine et le Moyen Age ne sont pas tellement mieux lotis et l’essentiel se concentre autour  d’une centaine de figures des cours européennes des 17e et 18e siècles.

Des sujets inintéressants ? Certainement pas – mais vus et revus, comme s’il n’y avait pas d’autres possibilités que de radoter sur les affaires de cœur d’une quinzaine de dynasties européennes, comme si l’actualité du travail et du débat historique tournait encore autour de ces sujets rebattus. Au reste, le magazine Secrets d’Histoire, décliné de l’émission et vendu autour du nom et du visage d’un Stéphane Bern plus souriant que jamais, fait exactement le même choix éditorial. Sur les quinze derniers numéros, seules deux couvertures ne montraient pas un roi ou une reine quelconque. Jésus et Casanova…

La fable plutôt que la science

Pour « faire aimer l’histoire », puisque c’est là leur grande promesse, Deutsch, Ferrand ou Bern ont choisi la fable plutôt que la science, le clinquant plutôt que l’honnête et le simplisme plutôt que le scrupuleux. En servant une soupe hors d’âge, en radotant autour de vingt grands personnages et de trente « mystères » résolus depuis longtemps, leur approche en dit long sur l’idée qu’ils se font d’un public jugé manifestement incapable de s’intéresser à autre chose qu’aux reines et aux princesses, aux énigmes qui n’en sont plus et aux anecdotes les plus éculées.

C’est prendre les gens pour des idiots, c’est s’éloigner de toute notion d’exigence et c’est surtout risquer de frôler parfois le mensonge, sinon l’escroquerie. Il serait largement temps de se reprendre : pour citer une jolie formule de l’helléniste Pierre Vidal-Naquet, jadis parti en guerre contre un très approximatif ouvrage de Bernard-Henri Lévy, « la production intellectuelle ne devait pas relever purement et simplement de la production marchande ».

Publié par jcpiot / Catégories : Actu

A lire aussi

  • Aucun article
  • vincent

    vous savez, un pays qui refuse de reconnaître l'histoire du génocide vendéens par exemple et plus largement sa culture judéo-chrétienne comme historique ne va pas former de bons historiens non plus

    • GuillaumeM

      Regardez la définition de génocide, vous verrez que les guerres de Vendée n'en sont pas et qu'il n'y pas de conscience vendéenne même s'il y a massacres et crimes contre l'humanité.
      Quant à la culture judeo-chretienne comme une des racines historiques, peu d'historiens universitaires remettent en cause cette idée. Au minimum, ils soulignent que ce n'est pas la seule racine

      • vincent

        Un génocide est un crime qui consiste en l'élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d'un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel...De janvier 1794 à la chute de Robespierre (juillet de cette même année), la Convention et le Comité de salut public mettent en oeuvre un plan qui, dans s’appelle un « génocide ». Toute la population située dans le périmètre de la Vendée militaire doit être supprimée. Toute, sans distinction d’âge, de sexe, ni même d’idéologie: les Vendéens républicains, coupables d’appartenir à la même « race maudite », doivent aussi être supprimés. Pour cela, on essaie sans grand succès le poison ou le gaz… Avec plus de succès, les noyades et la guillotine serontutilisées jusqu’à Thermidor. Mais ce sont surtout les colonnes de Turreau qui feront « merveille » dans l’exécution du plan...

        Si on regarde les lois de l'époque :

        1er août 1793 :

        "Anéantissement de tous les biens…la Vendée doit être un cimetière national..."
        et du 1er octobre de la même année :
        "Extermination totale des habitants".

        Ennovembre 1793, l'ordre du jour du général Grignon, commandant la 2ème division des colonnes infernales du général Turreau, indique :

        "Je vous donne l'ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d'être brûlé et de passer au fil de l'épée tout ce que vous rencontrerez d'habitants".
        Le Général Westermann, dans sa lettre à la Convention du 23 décembre 1793, précise :
        "Suivantles ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, et massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me
        reprocher. J’ai tout exterminé".
        Ledécret du 2 ventôse an 2 (20 février 1794) ordonnait la déportation des
        innocents et des bons citoyens de manière à ne laisser plus dans les
        pays révoltés que "les rebelles que l'on pourra plus aisément détruire".

        Le député précise ensuite :
        "Les moyens utilisés [...] ont été nombreux : épuration ethnique par mutilation sexuelle, création du premier camp d'extermination de l'histoire moderne à Noirmoutier, premiers essais de gazage de masse [...], premières crémations avec les fours à pain et les églises [...], noyades collectives [...], création aux Pont de Cé d’ateliers de tannage de peau humaine".

        Pour ceux qui désirent en savoir plus sur ce génocide franco-français, l'ouvrage de Reynald Seycher, La Vendée-Vengé, décrit l'ampleur du massacre organisé.

        • jcpiot

          Il n'y a qu'un problème, ou plutôt deux : pas un historien spécialiste de la Révolution depuis trente ans ne suit les conclusions de Seycher et vos citations sont complètement partielles, donc fausses.

          Les ordres évoqués ne sont pas signés de la Convention, mais de militaires dont personne ne nie qu'ils se sont rendus coupables de crimes de guerre impardonnables. Mais un génocide, il serait souhaitable d'arrêter d'employer des mots n'importe comment. Il n'existe aucun ordre de la Convention exigeant des militaires qu'ils commettent un génocide.

          Le décret d'août, qui concerne les "Mesures à prendre contre les Rebelles de la Vendée" précise mot pour mot ceci (article 8), joyeusement oublié par Seycher : "Les femmes, les enfans et les vieillards seront conduits dans l'intérieur. Il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l'humanité".

          Le décret d'octobre précise : "La reconnaissance nationale attend l'époque du premier novembre prochain pour décerner des honneurs et des récompenses aux armées et aux généraux qui dans cette campagne auront exterminé les BRIGANDS de l'intérieur". Autrement dit, les hommes en arme.

        • GuillaumeM

          Sauf que la Vendée n'est ni un groupe national ni un groupe ethnique. C'est une opposition politique. C'est là que se situe la nuance d'une part. Et d'autres part, de nombreux historiens (pas Bern et Ferrand entendons nous bien) estiment qu'il n'y pas de système systématique d'élimination.

          La volonté d'élimination et de destruction ne fait pas de doute poir ine partie des députés. Le débat historique n'est pas là.

          Westermann est juge et partie. Il souligne surtout sa compétence pour éviter qu'on l'accuse de négligence.

          • vincent

            la Vendée est une opposition politique : heuuuu non, c'est un secteur géographique : n'importe quoi...c'est sur que les dizaines de milliers de femmes de paysan et d'enfant jeté dans la Loire ou massacrée ou brulés et j'en passe pendant que leur mari étaient à la guerre...étaient des opposants politiques d'une dangerosité énoooooorme pour la révolution et qui méritaient qu'ils soient massacrer par des soldats ou des miliciens...heuuu, rappelez moi déjà ce que l'on apprend à nos enfants dans les livres d’histoire : haaaa, oui, que la révolution a été un soulèvement patriotique du peuple, des paysans etc contre la royauté....pis après le peuple et les bon paysans ont été massacré quoi par les révolutinnaires en fait mais cela, dans les livres, ça fait 3 lignes

          • GuillaumeM

            Sauf qu'on parle bien de Vendée militaire dans les guerres de Vendée. Quand à la Vendée, c'est un découpage géographique créé par la Révolution, découpage qui ne correspond à rien avant 1789. Jean-Clément Martin et d'autres ont démontré que les Vendéens ne se soulèvent pas parcequ'ils sont vendéens et seraient opprimés en tant que tel mais ils se soulèvent contre la conscription (comme dans beaucoup d'endroits) et contre l'exécution de Louis XVI.

            La question ne porte par sur l’atrocité des massacres ni sur la dangerosité des victimes mais sur la question de savoir si les vendéens qui se sont soulevés formaient un groupe ethnique. La réponse est non. L'autre question est de savoir s'il y a un système génocidaire? C'est une question plus délicate mais il semble que malgré la volonté de détruire cette opposition, il n'y a pas de système génocidaire.

            Je ne regarde pas les livres scolaires qui pour un certain nombre sont imprécis voire erronés sur plusieurs points. Les enseignants peuvent ne pas s'appuyer systématiquement sur ces ouvrages.

            Quant aux programmes il faut faire des choix. Le programme de 2015 (sauf erreur de ma part) a choisi de se concentré sur les apports politiques, sociaux et économiques de la Révolution française. C'est un choix. Mais à aucun moment le programme n'évoque l'idée de parler de la RF comme d'un soulèvement patriotique. Ce sont les enseignants qui en font le choix. A eux d'avoir une éthique et de s’intéresser à l'historiographie récente qui ne néglige absolument pas la question des violences révolutionnaires bien au contraire.

            Faut-il faire plus que 3 lignes sur les guerres de Vendée dans les cours de collège? Chacun est juge. Ces guerres ont fait environ 200 000 morts. Il ne faut pas négliger ce poids mais il ne faut pas non plus le surévaluer. Il s'agit de trouver un juste équilibre dans un programme que les enseignants trouvent déjà chargé.

          • locolupus

            Clair, net, précis, documenté. Merci.
            Je me permet d'ajouter la question des prêtres réfractaires parmi les multiples causes du soulèvement.

          • GuillaumeM

            Effectivement, vous avez raison j'ai négligé cette cause (je ne suis pas spécialiste de la RF ce qui explique d'éventuelles lacunes).

          • vincent

            vous êtes mignons tous les deux:)..

          • vincent

            vous êtes mignons tous les deux:)

          • locolupus

            Quand on est à cours d'argument, il reste le sarcasme :)

          • vincent

            non l'humour : mais vous en êtes dépourvu tout autant que l'Histoire

          • Olivier

            Que d'approximation... La "Vendée militaire" a été nommée ainsi car il s'agit du territoire que s'est disputé militairement l'armée catholique et royale et les armées républicaines. Elle correspond à peu près au nord Vendée, à une grande partie du Maine et Loire, et au sud de la Loire-Atlantique.
            Mais le soulèvement populaire contre la révolution étant parti de Vendée, c'est bien le peuple vendéen qui a été la cible d'une politique d'épuration systématique (femmes, enfants et vieillards inclus) par le pouvoir en place. Il suffit de lire les décrets de la Convention et les courriers des généraux républicains pour s'en convaincre, et de ne pas se laisser avoir par les "on-dit".
            Enfin ce soulèvement à effectivement eu lieu à cause de l'injustice de la conscription, mais absolument pas à cause de l'exécution de Louis XVI. Au départ, les vendéens ont très bien accueilli la Révolution. Mais à partir du moment où une dictature s'est mise en place (il est incontestable que la Terreur est une période dictatoriale), et a voulu leur imposer une religion d'Etat, en plus d'une conscription fondée non pas sur l'égalité, mais sur l'argent (ceux qui pouvaient payer pouvait y échapper), le peuple vendéen s'est soulevé, et est allé chercher la noblesse pour mettre des chefs ayant des connaissances militaires à leur tête (mais ils auront aussi des généraux issus du peuple et de la bourgeoisie).
            Le motif religieux des guerres de Vendée ne doit pas être sous estimé.
            Pourquoi prendre ensuite fait et cause pour la monarchie ? Parce-que tout simplement, c'était mieux avant : sous Louis XVI, ils étaient libres. Et qu'ils ne connaissaient rien d'autre.
            Les guerres de Vendée ne sont donc pas tant un mouvement contre-révolutionnaire qu'un mouvement de résistance face à une dictature.
            Le génocide ? Juridiquement, je vous répondrai non, car cette infraction est récente, et toute infraction pour être caractérisée doit exister par un texte de loi.
            En revanche, les faits répondent parfaitement à la définition du mot génocide : l'extermination systématique d'un peuple dans une zone géographique délimitée, notamment pour un motif religieux. Et 200.000 morts (c'est une assez bonne estimation, on est entre 150.000 et 300.000 morts selon les historiens), à l'époque, c'est énorme !
            Mais effectivement, ça dérange, puisque cette idée à elle seule salie l'idéologie que constitue aujourd'hui la Révolution française. Beaucoup de personnes n'en sont pas encore à votre niveau, à savoir de reconnaître certaines violences illégitimes de la Révolution française.

          • GuillaumeM

            Il ne s'agit pas de ne pas reconnaître que le soulèvement est parti de Vendée mais le fait que plusieurs régions se joignent à cette insurrection démontre que nous sommes face à aucun groupe ethnique ou national. De même, on parle de "Vendée" dans les décrets et discours politique pour évoquer d'autres soulèvements en France. Les députés ne voyaient pas la Vendée militaire comme un cas isolée. Elle entendait en faire un exemple politique, mais pas ethnique, racial ou religieux.

            Effectivement le mot génocide est une notion récente. Cependant, contrairement il n'y a pas d'extermination systématique. Et les vendéens ne sont ni un groupe ethnique, ni un groupe religieux, ni un groupe racial ni un groupe ethnique. Donc il ne peut s'agir d'un génocide, au-delà du débat politique que cela peut susciter.

            Vous avez raison concernant la Constitution civile du clergé. Mais je ne suis pas sûr qu'il faille pour autant négliger le motif communautaire (entendre les atteintes aux droits des communautés locales) que l'on retrouve dans d'autres zones rurales.

            Personnellement, il me semble que les (grands) universitaires spécialistes de la question révolutionnaire s'accordent à reconnaître les violences révolutionnaires (qui ne viennent pas que des "patriotes") même si quelqu'un comme Jean-Clément Martin tend à atténuer l’atrocité des violences révolutionnaires et contre-révolutionnaire.

    • locolupus

      Et hop, il n'aura pas fallu longtemps pour voir ressurgir l'ineptie du "génocide" vendéen. Pour faire court : Crimes de guerre, avec un ensembles de pratiques de l'époque ou antérieures liées à la répression de rébellion ou à la mise en coupe réglée d'un territoire (terre brûlée, petite guerre, ...) : OUI. Génocide : NON.

      • vincent

        je réécris...

        Un génocide est un crime qui consiste en l'élimination physique
        intentionnelle, totale ou partielle, d'un groupe national, ethnique ou
        religieux, en tant que tel...De janvier 1794 à la chute de Robespierre
        (juillet de cette même année), la Convention et le Comité de salut
        public mettent en oeuvre un plan qui, dans s’appelle un « génocide ».
        Toute la population située dans le périmètre de la Vendée militaire
        doit être supprimée. Toute, sans distinction d’âge, de sexe, ni même
        d’idéologie: les Vendéens républicains, coupables d’appartenir à la même
        « race maudite », doivent aussi être supprimés. Pour cela, on essaie
        sans grand succès le poison ou le gaz… Avec plus de succès, les noyades et la guillotine serontutilisées jusqu’à Thermidor. Mais ce sont surtoutles colonnes de Turreau qui feront « merveille » dans l’exécution du
        plan...

        Si on regarde les lois de l'époque :

        1er août 1793 :

        "Anéantissement de tous les biens…la Vendée doit être un cimetière national..."

        1er octobre de la même année :
        "Extermination totale des habitants".

        En novembre
        1793, l'ordre du jour du général Grignon, commandant la 2ème division
        des colonnes infernales du général Turreau, indique :

        "Je vous
        donne l'ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d'être
        brûlé et de passer au fil de l'épée tout ce que vous rencontrerez
        d'habitants".
        Le Général Westermann, dans sa lettre à la Convention du 23 décembre 1793, précise :
        "Suivant les ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, et massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me
        reprocher. J’ai tout exterminé".
        Ledécret du 2 ventôse an 2 (20 février 1794) ordonnait la déportation des
        innocents et des bons citoyens de manière à ne laisser plus dans les
        pays révoltés que "les rebelles que l'on pourra plus aisément détruire".

        Le député précise ensuite :
        "Lesmoyens utilisés [...] ont été nombreux : épuration ethnique par
        mutilation sexuelle, création du premier camp d'extermination de
        l'histoire moderne à Noirmoutier, premiers essais de gazage de masse
        [...], premières crémations avec les fours à pain et les églises [...],
        noyades collectives [...], création aux Pont de Cé d’ateliers de tannage
        de peau humaine".

        • locolupus

          Répétez la même chose que précédemment ne va pas changer mon opinion.
          Mais si vous insistez pour copier/coller :
          - "(...) Le député précise ensuite (...)"
          Quel député en 1794 parle du premier camp d'extermination de l'histoire moderne ?
          - D'ailleurs, "(...) premier camp d'extermination de l'histoire moderne (...) "
          Comment peut on utiliser la notion de camp d'extermination AVANT la révolution industrielle ?
          - " (...) premières crémations avec les fours à pain (...)"
          Pourriez vous indiquer le nombre de cas de ces crémations ? De mémoire, on est très loin du processus de masse.
          - " (...) Gaz (...) ".
          Lequel ?
          - Vous indiquez :
          "Toute la population située dans le périmètre de la Vendée militaire doit être supprimée. Toute, sans distinction d’âge, de sexe, ni même d’idéologie"
          puis vous citez Le décret du 2 ventôse an 2 (20 février 1794) déportant les vendéens républicains. Pouvez vous précisez laquelle de ces 2 propositions contradictoires reflète votre opinion ?

          La Vendée n'est pas la seule région de France à avoir armé un mouvement contre-révolutionnaire et elle n'est pas la seule à avoir eu à subir une répression violente, malheureusement courante à cette époque sur le continent Européen. Le drame vendéen est une tâche noire (parmi d'autre) de la révolution française. On me l'a enseigné à l'école, en région parisienne, et il y avait bien plus que 3 lignes dans mon manuel d'Histoire sur ce sujet.

          • vincent

            vous savez ce texte ne vient pas de moi mais de plusieurs députés qui l'ont déposé pour reconnaître le génocide vendéens : je pense qu'ils avaient bien plus de compétences et de connaissances que vous et que moi pour savoir ce qui était écrit sur le fond et la forme....le génocide Arméniens a été exactement le même processus....mais il y avait moins d’Arméniens que de vendéens : pourtant, on parle de génocide arméniens...

          • locolupus

            Je sais, car je sais reconnaître un texte écrit, d'un texte copier/coller dont j'ai déjà vu des passages. Je connais un peu le sujet, un ami a rédigé sa thèse de doctorat d'Histoire sur la contre-révolution.
            Je vous invite à lire des textes à la source sur les guerres de Vendée et la déportation des arméniens. Vous pourrez ainsi constater les différences.

          • vincent

            quelques différences évidement mais la volonté était la même : détruire un peuple, une identité et une religion

          • locolupus

            - "détruire un peuple, une identité et une religion".
            Peuple vendéen, identité vendéenne ... Sur quelles bases géographique / sociales ? Religion... Mais bien sûr des catholiques qui tuent des catholiques.

            Tant qu'à être dans le délire, vous allez me dire que les croisades sont des génocides ? Louis XIV qui fait raser le Palatinat, les guerres de religion, ce sont des génocides ? La guerre de sécession, c'est un génocide du Sud par le Nord ? Tamerlan, qui rase l’Asie en faisant des millions de mort, c'est du méga génocide ?

            Je vous enjoins à faire un minima de recherches sur les notions de génocide, crime contre l'humanité, crime de guerre et à étudier l'Histoire, au lieu de sortir des fragments de discours issus de propos idéologiques ou de faire des analogies qui n'en sont pas.

          • vincent

            ben en fait, je me base sur de nombreux historiens mais aussi de députés qui parlent de génocides et dont un projet de loi a été déposé...en fait, je pense que ces gens là sont surement plus compétent que vous la dessus...l'histoire ne vous appartient pas ni à moi et donc, je dis ce que je veux mais lorsque je vois que des professionnels après avoir fait des années de recherche le pensent aussi ainsi que des élus, ben je me dis que y'a peut être une idée à creuser même si locopulus n'est pas content et préfère garder à l'image une belle et romantique révolution Française où seul les méchants ont été punis...allez, au revoir

          • Jôrg Bétine

            Une bonne fois pour toute pour qu'on parle de génocide il faut une volonté manifeste d'élimination systématique d'un groupe ethnique.... dans la France de 1789 les vendéens ne constituent pas un groupes ethnique. Dans la France de 1789, il n'y a pas de volonté systématique d'élimination des vendéens. Dans la France de 1794 il y a une volonté manifeste de contré la révolution et de l'autre coté de contré la contre révolution.
            Pendant la guerre de vendée une partie des habitant se joignent au camps républicain. Ils représentent d'ailleurs autour de 25% du total des mort vendéens (donc tuer par d'autre vendéens).
            Dans ce contexte on parle donc juste de la repression lors de la guerre de vendée.

          • vincent

            calmez vous calmez vous...un génocide est un crime qui consiste en l'élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d'un groupe national, ethnique ou religieux en tant que tel....donc c'est un génocide au regard des rapport de l'époque...quand à votre fameuse phrase : contrer ceux qui étaient contre la révolution, c'est à pleurer : c'est comme les communisme et leur millions de mort dans les paysans et le peuple : rappelez moi déjà le but de la révolution : ha ouiiii...libérer le peuple et les paysans des méchants seigneur...et comment ??? en tuant le peuple et les paysans alors ???...reprenez vos base avant d'écrire : les vendéens n'étaient pas contre la révolution mais contre la conscription obligatoire et refusait que l'on détruise leur Foi comme le voulait les révolutionnaire qui étaient profondément anti-clérical...donc ils ont voulu détruite la Vendée chrétienne en tuant femmes, enfant, vieillard : bref, génocide...

          • locolupus

            Non. Mais. LOL.
            Historien et députés, c'est comme les autres métiers : Il y a des compétents, des incompétents et des personnes qui peuvent "arranger" les choses pour que cela servent leur point de vue. Il y a bien des historiens et des hommes politiques qui nient l'existence des camp d'extermination nazi. "Une belle et romantique image de la révolution française". Elle n'est ni l'un, ni l'autre. La république française est née dans le sang. En revanche, il existe des faits, des définitions. Les ignorer pour des raisons partisanes au lieu de les traiter de façon objective, c'est ce qui différencie l'idéologue de l'historien. Au lieu de polémiquer dans le vide et sans argument, je vous encourage, une fois de plus, à faire des recherches sérieuses par vous mêmes sur le sujet que vous évoquez.

          • vincent

            vous aimeriez beaucoup vivre en Corée du Nord, à Cuba ou dans certains pays vous : là bas, y'a un seul historien et une seul histoire : les autres, on les tue :):):)...vous savez ce que l'on dit : l’Histoire est écrite par les vainqueurs : cela veux tout dire....l'Histoire pour moi doit se réécrire sans cesse sans Tabou ni loi pour l'y interdire...

  • Eric
  • Sampaio de Souza

    Mais enfin, n'est-il pas évident que la science officielle est au service du discours officiel ? Or le discours officiel nous cache, par exemple, que c'est tous ses satellites qu'on envoie dans l'espace qui nous détraque la météo, et remets-en nous une Eugène ! Et ça personne n'en parle, c'est bien une preuve !
    Bref, Deutsch et Ferrand ne sont même pas le complotisme, mais dans le discours de piliers de comptoirs. Ils font autant de l'histoire que Laurent Cabrol faisait de la climatologie. Mais comme c'est de l'histoire, ça passe auprès d'un public de crédules - ça passerait moins bien s'ils s'attaquaient à la physique quantique ou à la chirurgie cardiaque.
    J'en profite pour signaler que vous finissez par une formule pléonastique. "Un très approximatif ouvrage de Bernard-Henri Lévy". Écrivez "un ouvrage de", cela suffira.

    Bien à vous.

  • locolupus

    Très bon papier. Je plussoie.

  • un physicien

    Il n'y a, hélas, pas qu'en histoire, ni même en sciences humaines que ce phénomène a lieu ( les frères Bogdanov ...). Et que dire quand le Président de la République Française (FH), à la tribune de l'ONU, range les séismes dans les événements climatiques ?

  • Lecaillon

    Belle mise au point. Les historiens de l'ombre, ceux qui apportent leur modeste pierre pour ajouter à la connaissance sans chercher à faire le buzz et qui aimeraient bien qu'on leur accorde dix minutes d'antenne de temps en temps (j'en fais partie) vous remercient.

  • Matthieu Deltombe

    Même Christine Bravo arrivait a faire mieux que les quatre cités dans cet article ...