Pour Hollande, une semaine volcanique

 Alors que le second rassemblement national organisé par les opposants au « mariage pour tous » a déjoué tous les pronostics  (notamment ceux de la Préfecture de police) et a rassemblé dimanche, entre La Défense et l’Arc de Triomphe, une foule énorme,  le second tour de l’élection législative partielle de l’Oise s’est soldée, elle, par une très courte victoire de l’UMP Jean-François Mancel (51,41% des suffrages exprimés).

L’explosif chypriote

Double surprise : l’extrême faiblesse de la participation électorale (35,30% seulement de votants après, il est vrai, l’élimination au premier tour de la candidate PS) et le score surprenant de la candidate FN, qui progresse nettement et recueille 48,59% des suffrages exprimés. Une évidence: en France, sous le choc de la crise et du chômage et alors que le cas chypriote ébranle à nouveau l’Union européenne, les lignes bougent, le terrain devient glissant et, partout, à gauche comme à droite, le climat devient extrêmement tendu. C’est dans ce contexte –peu à peu explosif- que François Hollande (dont la cote de popularité ne cesse de baisser) doit s’adresser jeudi à la télévision à ses compatriotes.

L’ouragan Sarkozy

On n’en finirait pas, en fait, de recenser, alors que les clignotants économiques sont (presque) tous au rouge, des signes inquiétants. Après l’éviction du gouvernement du ministre du Budget Jérôme Cahuzac (même pas mis, à ce jour, en examen), la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « abus de faiblesse » dans l’affaire Bettencourt a déclenché un ouragan. Les adversaires du juge Gentil le soupçonnent de régler des comptes politiques. D’autres insistent sur la minceur supposée du dossier en question. La gauche, pas totalement à l’aise, invite, elle, la droite à respecter la séparation des pouvoirs alors que repart de plus belle la bagarre entre le camp Sarkozy et une partie du monde judiciaire.

Le cas Mélenchon

Changement de ton, mais pas de climat, avec le Congrès du parti de gauche. Le premier lieutenant de Jean-Luc Mélenchon qualifie à la tribune  Pierre Moscovici de « salopard », et Mélenchon, refusant de désavouer ce propos, explique, avec un vocabulaire proche de celui des années trente, que le ministre de l’Economie n’est pas au service de la France, mais de la « finance internationale ».  Ce qui amène l’intéressé, ulcéré, a expliqué ce qu’a été le parcours de sa famille, persécutée par les nazis. Malaise.

Des éruptions transgressives

Trois observations peuvent être faites. D’abord, l’impact de la réforme du « mariage pour tous » a été clairement sous-estimé par l’Elysée alors que ce devait être, outre le respect d’une des promesses du candidat, une façon d’éviter que les Français soient obsédés par des clignotants économiques pour le moment démoralisants. Ensuite, la crise fait des ravages et creuse, à l’intérieur de la gauche, un fossé qui s’élargit de semaine en semaine. Enfin, la poussée populiste –observée partout en, Europe, et notamment en Italie- commence à mettre à mal en France les clivages politiques classiques. Il y a, bien sûr, une gauche  et une droite mais la gauche et la droite sont en passe d’être débordées par des éruptions politiques transgressives et incontrôlées. Qui peuvent demain amener le meilleur ou le pire. Face à cela, un François Hollande affaibli devra, jeudi soir, utiliser, pour convaincre, un tout autre langage que celui de la simple habileté manœuvrière. Ou de la mise en accusation, à l’ancienne, d’une droite elle-même en difficulté.      

 

 

Publié par ddemontvalon / Catégories : Actu

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