En Inde, un village abandonne son nom et se rebaptise "le village Trump"

C'est l'image du jour. Marora, commune pauvre et rurale de l'Etat de l'Haryana, à 74 km de New Delhi, s'est renommée de son propre chef "village Trump" en hommage au locataire de la Maison Blanche. La démarche coïncide avec le déplacement aux États-Unis du Premier ministre Narendra Modi, prévu dans quelques jours.

A l'entrée du hameau, une gigantesque pancarte bleue accueille les visiteurs : "Bienvenue au village Trump". Dessus, trône le portrait de Donald Trump exhibant un large sourire. Difficile de manquer l'écriteau.

Même si la cérémonie de changement de nom a été présidée par les chefs de la communauté et une ONG indienne, le nom "Trump" n'a toutefois rien d'officiel pour l'instant. Le gouvernement local ne s'est pas exprimé sur le sujet.

Yelen BONHOMME-ALLARD

Le reporter de guerre Stéphan Villeneuve est décédé à Mossoul

France Télévision a annoncé ce matin la mort de Stéphan Villeneuve, grand reporter de guerre, tombé à Mossoul, en Irak. Il tournait un reportage pour l'émission Envoyé Spécial, lorsqu'une mine a explosé. Blessé, le journaliste n'a pas survécu. Le drame a également coûté la vie à son collègue et "fixeur" Bakhtiyar Haddad.

Il est tombé en racontant la guerre. Stéphan Villeneuve, est décédé à Mossoul, en Irak, alors qu'il enquêtait pour l'émission Envoyé Spécial, pour la société #5 Bis Productions. Aux côtés de ses confrères, il suivait les forces spéciales irakiennes dans la bataille pour reconquérir Mossoul, détenue par le groupe Etat islamique. Lundi, France Télévisions et Reporters sans frontières avaient annoncé que trois journalistes français avaient été blessés lors de l'explosion d'une mine. Le journaliste kurde, Bakhtiyar Haddad qui les accompagné a perdu la vie sur le coup.

Lors d'un communiqué publié ce mardi, France Télévisions a annoncé la mort de Stéphan Villeneuve : "La direction et les équipes de France Télévisions s'associent à la douleur de sa compagne Sophie, de ses quatre enfants, de sa famille et de tous ses proches. Elles leur présentent leurs plus sincères condoléances".

L'explosion a également grièvement blessé la journaliste Véronique Robert et plus légèrement le reporter Samuel Forey. Ce dernier est basé au Moyen Orient depuis 2011 et couvre la bataille en Irak contre l'Etat Islamique. Les deux professionnels ont été pris en charge à l'hôpital d'une base militaire américaine.

Passionné par son métier, il est mort en l'exerçant 

Il avait 48 ans, une femme et quatre enfants. Stéphan Villeneuve était un grand reporter mais surtout, il était passionné par l'information. Tout au long de sa carrière, il a couvert de nombreux conflits à travers le monde. En 2014, BFMTV avait diffusé ce reportage du journaliste qui avait passé dix jours au Kurdistan Irakien, aux côtés des soldats peshmergas luttant contre les jihadistes.

Yelen BONHOMME-ALLARD

 

David Pujadas, le visage de France 2, tire sa révérence devant les téléspectateurs du 20h

Clap de fin. Après plus de 16 ans aux commandes du journal télévisé de France 2, David Pujadas a quitté, ce jeudi, le plateau du 20 heures. Évincé par la direction de France Télévision, le présentateur avait annoncé son départ le 8 juin. C'est chose faite. Le JT a été marqué par plusieurs hommages, soulignants le professionnalisme du journaliste. À 20h36, David Pujadas a pris une dernière fois la parole, non sans émotion et sous les applaudissements de son équipe.

David Pujadas, le visage de France 2

Reporter et présentateur de 52 ans, David Pujadas fait ses classes sur TF1 puis LCI. Il intègre par la suite France 2, le 3 septembre 2001. Cette date marque le début de son règne sur l'information de la chaine publique, détenant ainsi le titre de longévité à ce poste. Pour les téléspectateurs, David Pujadas était devenu le visage de France 2. En parallèle, il anime des émissions politiques telles que Des paroles et des actes, et l'Emission politique.

Quelques moments marquants de sa carrière 

Une semaine après son arrivée, David Pujadas a dû assurer la couverture des attentas du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Un démarrage sur les chapeaux de roues.

Le présentateur était un habitué de la vie politique et plus particulièrement des élections présidentielles puisqu'il a animé les soirées électorales des quatre dernières campagnes présidentielles.

En juillet 2013, le journaliste recevait Bernard Tapie en tant qu'invité sur le plateau du 20 heures. Le sujet de l'interview portait sur l'affaire du Crédit Lyonnais. L'échange entre les deux hommes avait été très mouvementé et Bernard Tapie s'était montré très agressif.

En avril 2015, David Pujadas s'est rendu à Damas, capitale de la Syrie, dans le but d'interviewer le président Bachar el-Assad concernant le conflit et la guerre qui ravage son pays depuis 2011. Il est le premier journaliste français à interviewer le président syrien dans le cadre de ce conflit.

Un avenir incertain

Concernant l'avenir de David Pujadas, rien n'est encore confirmé. Plusieurs rumeurs évoquent un retour éventuel chez LCI.

Les doutes quant à la suite du 20 heures ont été levés par David Pujadas en personne. Il sera remplacé par Anne-Sophie Lapix à la rentrée de septembre. En attendant, c'est Julian Bugier qui assurera l'interim de la présentation du journal télévisé.

Yelen BONHOMME-ALLARD

Les forces de l'ordre boucle le quartier de Notre Dame de paris. Crédit photo : RTL..fr

Un individu agresse un policier avec un marteau sur le parvis de Notre-Dame

Le secteur de la cathédrale Notre Dame de Paris (IVe arrondissement de la capitale) est actuellement quadrillé par les forces de l'ordre. Un policier a été agressé au marteau par un individu, cette après-midi vers 16h10 (heure française).

Selon la Préfecture de police, un homme munit d'un marteau a attaqué et blessé un policier à la tête. L'individu a été aussitôt maîtrisé par un autre policier. Ce dernier a fait usage de son arme. Blessé aux jambes, l'assaillant a été transporté à l’hôpital pour être soigné et interrogé. Le fonctionnaire de police a également été pris en charge par les secours. Aucune information n'a pour l'instant été transmises sur son pronostic vital.

Pres de 900 touristes sont confinés à l'intérieur de l'édifice religieux, en attendant leur évacuation. Des photos ont rapidement été postées sur les réseaux sociaux.

Par mesure de sécurité, un périmètre de sécurité a été mis en place et plusieurs stations de métro se trouvant à proximité du lieu ont été fermées. Les stations concernées sont Saint-Michel et Cité, sur la ligne 4, et Cluny, sur la ligne 10.

"Notre pays comme beaucoup d'autres pays européens sont victimes d'une menace terroriste où au nom d'une idéologie criminelle on s'en prend au force de l’ordre" a déclaré Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, quelques minutes après l'attaque. "C’était quelqu’un qui se présentait comme un étudiant algérien, d'une quarantaine d’année, muni d'une carte dont nous devront verrier l'authenticité".

Face à la multiplication des actes terroristes ces derniers jours (en France et en Angleterre) Gérard Collomb souligne "qu'on est passé d’un terrorisme très sophistiqué à un terrorisme où n’importe quel outil peut servir d'agression".

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Le ministre de l’Intérieur affirme que l'assaillant aurait crié "C'est pour la Syrie", au moment de porter les coups au policier.

Yelen BONHOMME-ALLARD

"Make our planet great again" : Emmanuel Macron met la toile à ses pieds

A la suite de l'annonce de Donald Trump jeudi 1er juin, quant au retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, Emmanuel Macron a réagit en français puis en anglais dans une vidéo. Publiée en direct sur les réseaux sociaux, celle-ci marquera sans doute le quinquennat du président de la République.

Moins de 24h après sa diffusion, la vidéo a deja fait le tour du monde. Aimée près de 100 000 fois et retweetée 41 000 fois, la citation "Make America great again", détournée pour l'occasion en "Make our planet great again" est devenue virale. L'ironie de cette punchline à peine masquée, en référence à la campagne présidentielle de Donald Trump, a suscité de nombreuses réactions sur la toile. #makeourplanetgreatagain est devenu l'un des hashtags le plus utilisé sur le réseau social Twitter.

Une photo du slogan, postée sur le compte officiel du président français, a elle aussi été reprise par les internautes. Un peu moins de 200 000 fois pout être exact. En ponctuant son allocution de la sorte, Emmanuel Macron s'assure un tour de force diplomatique, mais affirme également sa volonté de s'imposer sur la sphère internationale.

Ce coup de communication est un réel coup de projecteur. En position de leader, Emmanuel Macron, s'adresse directement, dans la langue de Shakespeare et sans y être invité par la Maison Blanche, aux entreprises américaines. Un geste inédit défiant ouvertement le président américain.

Yelen BONHOMME-ALLARD

[ Revue de presse ] Débat du deuxième tour: des attaques dignes de la présidentielle américaine ?

En octobre dernier, Politico qualifiait le deuxième débat présidentiel américain de débat "le plus atroce de l'histoire". Ce matin, la presse américaine se demande si la France a voulu marcher dans les pas de l'Oncle Sam.

Un débat vicieux, brutal et grossier 

"Le Pen et Macron s'affrontent lors d'un débat présidentiel vicieux". C'est le titre de l'article publié par le New York Times à la suite du débat d'hier.

Le prestigieux quotidien américain relève l'impression d'une dispute de salle de classe: "Elle l'a coupé et lui a dit de ne pas lui faire la leçon. Il a tristement secoué sa tête, elle a ri sarcastiquement". Politico, de son côté, déplore un débat "laid, long et grossier". 

Comme une impression de déjà-vu

Une ambiance qui n'est pas sans rappeler la virulence des débats politiques américains, comme le souligne le New York Times: "Le débat s'apparentait davantage à un festival d'insultes télévisé à l'américaine plutôt qu'à une discussion raisonnée du fond à laquelle les français sont habitués (...), laissant les modérateurs impuissants".

Cet impression amère de déjà-vu a également frappé d'autres médias, comme le Washington Post, pour qui "les insultes ont volé": 

"Malgré les enjeux, l'événement a rarement atteint le niveau de discussion précise des propositions qui caractérise habituellement le discours politique français. Dans un spectacle reflétant les interactions entre Donald Trump et Hillary Clinton durant la campagne électorale américaine à l'automne dernier, Macron et Le Pen se sont pris à la gorge." 

"Oeil pour oeil, dent pour dent" 

Le Wall Street Journal, quant à lui, souligne le fait que les deux candidats "se sont vite abaissés à une bataille oeil pour oeil, dent pour dent, durant laquelle ils ont lutté pour parvenir à se mettre K.O".  

Pour le New York Times, ce dernier affrontement était "une vive démonstration de deux visions de la France radicalement différentes entre lesquelles les électeurs auront à choisir dimanche". Politico, de son côté, note que, malgré son intensité, le débat "n'a que peu de chances d'influencer la décision des citoyens à quatre jours de l'élection".

Regarder le débat sans comprendre la langue... et en tirer (presque) les mêmes conclusions

Ryan Broderick, journaliste pour BuzzFeed à Paris, a tenté d'analyser le débat malgré son petit niveau de français. Il avait aussi regardé le débat à onze et en tire une première leçon: "ce n'est pas aussi drôle sans le grand-père gauchiste énervé et le communiste qui s'ennuie".

Tout comme le New York Times, Broderick a remarqué les gestes des candidats, qui sont peut-être le seul élément qui les démarque encore de leurs homologues américains.

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"C'est ça. La politique française en une photo", écrit Ryan Broderick pour Buzzfeed.

À part le fait que "Le Pen adore en faire des tonnes", il a remarqué Nathalie Saint-Cricq, et pense qu'elle devrait "être présidente": "elle maîtrise le truc comme une championne".

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À l'image de l'ensemble du débat, le journaliste note que sa fin a été "quelque peu floue". "Tout ce que je sais c'est que Macron a répété "Madame Le Pen" encore et encore alors que Le Pen lui a crié dessus pendant un bon moment", conclut-il.

Victoria David

 

 

 

La présidentielle française vue par les médias américains

Alors que l'échéance du premier tour approche, la presse américaine redouble de créativité pour tenter d'expliquer cette campagne à laquelle même les créateurs d'House of Cards n'aurait pas osé penser.

"N'élisez pas un autre Donald Trump".  Près de cinq mois après l'élection surprise de Donald Trump, c'est au tour de la France de voter, lors d'un scrutin dont les médias américains semblent avoir pris la mesure.

"Le futur politique du pays est encore complètement incertain" 

À chaque fois c'est la même chose. Le journaliste doit se livrer au périlleux exercice de la présentation des candidats. Périlleux, car il est difficile d'établir des parallèles entre les partis français et américains, et ce d'autant plus plus qu'on assiste à une recomposition majeure du paysage politique français. Alors on fait simple: Le Pen est d'extrême droite, Fillon conservateur, Macron "centriste radical" et indépendant, Hamon socialiste et Mélenchon d'extrême gauche. Jusque-là, ça va.

C'est quand il s'agit de pronostiquer les résultats que ça se complique. Telle une bonne série Netflix, les épisodes s'enchaînent avec chacun leur lot de surprises. "L'élection française est un spectacle d'horreur," titre ainsi Slate.com, quand le Washington Post souligne "l'humeur rebelle" des électeurs ainsi que leur indécision à quelques heures du premier tour.

Difficile d'expliquer à des lecteurs américains, habitués à un système bipartisan, que quatre candidats sont au coude à coude. Slate, dans un article estimant Macron comme la moins mauvaise des solutions, envisage "quatre scénarios, dont trois cauchemardesques". 

"Pourquoi la France compte?"

"Pourquoi la France compte?", c'est la question que pose le New York Times, pour tenter de susciter l'intérêt autour de nos élections. 
"67 millions d'habitants, la sixième plus grande économie du monde, un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU," égrène Aurélien Breeden. Le journaliste ajoute surtout que la France est "l'une des plus vieillies alliées des Etats-Unis". 

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Le New York Times consacre un long article à la présidentielle française le 7 mars 2017. Clémentine Boyer Duroselle.

En mettant l'élection française dans la ligne du Brexit et de la victoire de Donald Trump, les médias américains montrent ce qui est réellement en jeu dans cette élection: la confirmation, ou pas, d'une "résurgence anti-mondialiste".

 

Alors que le New York Times souligne à quelle point la politique étrangère de la France pourrait changer selon les résultats, le Time met en garde sur une sortie de la France de l'UE qui "dévasterait le bloc européen et affecterait les marchés financiers". Le Hollywood Reporter, de son côté, s'inquiète des conséquences d'une victoire de Le Pen sur les co-productions hollywoodiennes. 

Dans un article pour le New York Times, Kamel Daoud fait remarquer le "curieux déni" de la possible victoire de Marine Le Pen, qu'il qualifie d'une erreur "monstrueuse". "L'électeur français n'est peut-être pas si bon", écrit-il, dénonçant l'analyse "décalée" des autres candidats, persuadés que "l'élection de Mme Le Pen irait à contresens de l'histoire". Il dénonce un "positivisme politique", qui n'a pas vu que "Mme Le Pen a peu à peu levé les tabous et normalisé les propositions scandaleuses".

Albi, symbole d'une peur bien française

Le New York Times, qui s'est intéressé de près à la campagne présidentielle, a essayé de comprendre le succès des extrêmes à travers un prisme bien particulier, celui du "déclin des villes de province comme marqueur de l'identité" française. Pour "prendre la mesure de la décomposition en cours", le journaliste choisit Albi, à une heure de Toulouse. "Une enfilade de commerce fermés", une ville qui semble "abandonnée"...Adam Nossiter rend compte de cette tragédie française.

 

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Article du New York Times sur Albi, paru le 7 mars 2017. 

La cause de ce déclin? "Les Trente Glorieuses", selon lui. "C’est le paradoxe français: une nouvelle société de consommation a écorné “l’âme” française, ce qui a empiré, aujourd’hui, avec l’effondrement de la croissance économique."

D'où une angoisse, celle de voir disparaître ce mode de vie dont les Français sont "profondément fiers" et qui est si bien représenté par "ses villes de province de taille moyenne où Balzac situait ses romans". 

L'élection américaine, saison 2? 

Le parallèle, même s'il a ses limites, entre Marine Le Pen et Donald Trump est de tous les papiers. De là à voir dans notre élection un nouveau scrutin américain, il n'y a qu'un pas, que bien des plumes franchissent. C'est ainsi que Foreign Policy voit en Mélenchon un nouveau Bernie Sanders. "Comme Sanders, Mélanchon parle au désir des électeurs de gauche de réécrire les règles orthodoxes de la politique", peut-on lire. De son côté, le Washington Post voit une étrange similarité entre Hillary Clinton et Emmanuel Macron:

"La fin de campagne de Macron commence à ressembler aux derniers jours de campagne d'Hillary Clinton aux Etats-Unis, quand Clinton, qui partage un pédigrée "establishment" similaire et une vision économique néolibérale comparable, n'a pas réussi à convaincre les indécis ni à motiver les électeurs les plus apathiques".

"Les électeurs français ont appris au moins une chose de la victoire de Donald Trump: ils doivent se tenir prêt à une surprise", peut-on lire dans un autre article du journal, faisant ainsi écho à des dizaines d'autres journaux américains qui soulignent l'incertitude inouïe dans laquelle la France est plongée.

 

Même John Oliver, animateur du très populaire Last Week Tonight, a tenu à interpeler les Français. "Vous, en France, n'aimez rien de plus que faire mieux que la Grande-Bretagne et l'Amérique. Maintenant c'est à vous de le prouver. (...) Imaginez combien vous vous sentirez supérieurs si vous ne faites pas les mêmes erreurs que nous." Voilà, en substance le message de John Oliver, dont la voix a effectivement porté de l'autre côté de l'Atlantique.

"L'Angleterre et les Etats-Unis ont "fucked up". Ne "fuck up" pas non plus. (...) Vous valez mieux que ça. Ceci est votre chance d'être à la hauteur de la philosophie des Lumières.

Soulignant la possible perturbation des élections par la menace terroriste, les médias américains, conscients que tout est bel et bien possible, retiennent eux aussi leur souffle en attendant les résultats.

 

Victoria David

 

Vénézuela: L'économie au fond du baril

Comment l'économie du Venezuela a-t-elle pu s'effondrer aussi vite? Au début des années 2000, le pays d'Hugo Chavez était le miracle socialiste d'Amérique du Sud. Les politiques de redistribution sociale massives d'el presidente, financées sans limite par la rente pétrolière issue des vastes réserves du pays, avaient conduit à une forte augmentation de la qualité de vie des citoyens.

Il y avait bien quelques économistes pour s'interroger. Pourquoi la part des exportations pétrolières ne cessait-elle de croître dans une économie supposément en plein boom (de 68,78% des exportations en 1998 à 96,28% aujourd'hui)? Las, les objections étaient balayées par l'enthousiasme électoral pour Hugo Chavez.

Puis le baril de pétrole s'est effondré et l'économie du Venezuela a suivi la courbe. L'illusion de l'abondance créée par le gouvernement grâce à ses rentes pétrolières s'est volatilisée. Les supermarchés de Caracas sont vides et les vénézuéliens sont contraints à des heures de queues pour les denrées les plus basiques.

En décembre 2015, le parti chaviste a été puni dans les urnes lors des élections législatives et le président Maduro pourrait vivre ses derniers mois à la tête du pays.

Notre reportage au Venezuela par Jacques Cardoze, Laurent Desbois, Arielle Monange et Fabien Ortiz.

BLOG - VENEZUELA Economie by ftv-geopolis

Le mat de l'ambassade cubaine ne portrait plus de drapeau depuis plus de 50 ans.

Revivez l'ouverture de l'ambassade cubaine à Washington

L'ambassade cubaine à Washington, et l'ambassade américaine à La Havane ont réouvert leurs portes lundi après plus de 50 ans de fermeture. Un symbole du réchauffement des relations avec le régime Castriste initié par Barack Obama, marqué par la fin de l'embargo sur l'économie de l'île.

Notre reportage, par Samah Soula, Laurent Desbois et Fabien Ortiz.


BLOG - Reouverture de l'ambassade Cubaine a... by ftv-geopolis

Tout comme dans le cas iranien, les tensions entre Cuba et les Etats-Unis ne sont pas oubliées grâce à un simple accord. Le gouvernement cubain réclame toujours la restitution de la baie de Guantanamo, louée par les Etats-Unis pour un prix symbolique depuis 1903. La fermeture de la prison du Guantanamo faisait partie du programme électoral de Barack Obama, mais n'a toujours pas été actée.

Sujet de Laurent Desbois et Samah Soula.


Cuba: La question de Guantanamo by ftv-geopolis

"On recherche...Encore!" Un faux avis de recherche à la gloire d'El Chapo. (AFP)

Tout ce que vous ne saviez pas sur l'évasion d'El Chapo

L'évasion de Joaquín Guzmán Loera, chef du cartel de Sinaloa, d'une prison de haute sécurité au Mexique le week-end dernier est toujours largement commentée au Mexique et aux Etats-Unis. La justice mexicaine a dévoilé les images du tunnel qu'il a utilisée pour s'échapper de la prison, long de plus d'un mile. Notre sujet, par Samah Soula et Laurent Desbois.


Nouvelle evasion d'El Chapo, baron mexicain de... by ftv-geopolis

- Son évasion aurait coûté environ 50 millions de dollars

Les premières estimations du coût complet de cette évasion grandiose s'élèvent à environ 50 millions d'euros. L'estimation a été fournie par Jhon Jairo Velasquez Vasquez, un ancien haut-gradé du gang de Pablo Escobar. Ce coût comprend non seulement la construction d'un tunnel de plus de un mile, avec renforts en bois, éclairage, ventilation et une moto sur rail, mais surtout...Le coût de la corruption. En effet, il est presque assuré qu'El Chapo disposait de complicités à l'intérieur de sa prison.

- C'est sa seconde évasion

El Chapo avait été arrêté pour la première fois au Guatemala en 1993. Transféré dans une prison de haute-sécurité au Mexique, il était notoire qu'il avait tourné l'établissement en un centre de commandement personnel pour son cartel grâce à des officiers pénitentiaires ultra-corrompus. En 2001, Guzman s'était évadé presque sans efforts, caché dans un wagonnet de linge sale mené hors de la prison avec une escorte de gardes.

- Sa dernière cavale a duré 13 ans

Il a fallut 13 ans au gouvernement mexicain pour remettre la main sur El Chapo après son évasion en 2001. Après la mort de Ben Laden, il était même devenu le « Public Enemy Number One » des Etats-Unis. La récompense pour sa capture avait atteint plus de 7 millions de dollars. Il avait finalement été arrêté en 2014 à Culiacan à l'issue d'une traque racontée par cet article du New York Post. Son arestation avait été un triomphe dans le combat de Enrique Pena Nieto contre les cartels. Un succès aujourd'hui remis en cause, qui met en péril la position du président mexicain.

- Il est familier des tunnels

Le cartel de Sinaloa n'est pas en manque de tunneliers. Guzman a longtemps utilisé ces ouvrages d'art sauvages pour échapper aux tentatives de capture du gouvernement mexicain, comme le montre ce reportage du Wall Street Journal, datant de sa dernière capture.

- Il a longtemps été sur l'une des personnes les plus riches et les plus puissantes du monde

En tout cas, selon Forbes. A partir de 2003, date à laquelle El Chapo est devenu le trafiquant le plus puissant au monde grâce à l'arrestation de plusieurs de ses rivaux, le magazine Forbes plaçait régulièrement El Chapo sur ses listes des personnes les plus riches du monde - avec une valeur estimée à un milliard de dollars - et sur celles des plus puissantes - son cartel est implanté sur les 5 continents.

En 2014, Forbes l'a retiré de ses classements suite à son arrestation. Fera t'il son retour?

- Il en veut à Donald Trump

Un compte twitter associé à Ivan Guzman, le fils d'El Chapo, s'est empressé de menacer de mort le milliardaire américain et candidat à la primaire républicaine Donald Trump. Ces menaces font suite aux propos polémiques de Trump, qui a déclaré que les immigrés mexicains étaient « des voleurs et des violeurs ».

Le tweet menaçant Donald Trump (les injures ont été censurées).

- Des chansons ont déjà été composées pour honorer son évasion

Il n'a pas fallu longtemps aux compositeurs de narcocorridos - les chansons en l'honneur des cartels et de leur chefs - pour s'emparer de l'évasion d'El Chapo. Dès le lendemain, de nouvelles chansons en son honneur ont fleuri sur Youtube. Il peut paraître incompréhensible de chanter ainsi l'homme qui détient un tiers du marché de la drogue en Amérique du Nord, mais El Chapo est bien vu dans les villes sous le contrôle de son cartel. Tout comme les groupes islamistes, les cartels balancent la terreur par le social. Ils investissent dans des entreprises, des infrastructures, et plupart des familles des régions contrôlées tirent leurs revenus des trafics. Pas étonnant donc, de voir des chanteurs se réjouir d'une évasion aussi rocambolesque.

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