Midterms : Au lendemain des résultats, nous avons posé 3 questions à Gerry Warburg, politologue

Gerry Warburg

C'est officiel, Donald Trump devra cohabiter lors des deux dernières années de son mandat. Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants, mardi 6 novembre, au terme des élections de mi-mandat, en dépassant le seuil de la majorité fixé à 218 sièges. 

Les républicains gardent toutefois la main sur le Sénat. Malgré cette victoire en demi-teinte, le président américain s'est réjoui lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. "C'était un grand jour, un jour incroyable", a-t-il déclaré. "Le Parti républicain a défié l'histoire pour étendre notre majorité au Sénat et en déjouant de façon importante les prévisions à la Chambre" des représentants, a-t-il jugé.

Au lendemain des résultats le bureau de France 2 Washington fait le point sur les résultats avec Gerry Warburg, politologue.

Venons-nous d'assister à la vague démocrate tant attendue ? 

Gerry Warburg : Il n'y a eu de vague démocrate ni au Sénat ni dans le centre du pays, comme c'était attendu : le Texas et le Dakota du sud restent républicains. En revanche, la vague a bien déferlé sur la Chambre des représentants, mais aussi sur les banlieues américaines. Les villes deviennent démocrates, et les banlieues blanches se retournent contre leur président. Les démocrates ont gagné les banlieues. C'est un fait propre à la géographie politique au États-Unis. Les femmes candidates et élues dans ces banlieues représentent souvent des complications pour Donald Trump. La plupart de celles qui s'apprêtent à siéger à la Chambre des Représentants rejettent les valeurs du président.

Pourtant, globalement, quand vous regardez une carte des résultats, le pays est majoritairement rouge, c'est-à-dire républicain. En définitive, les États-Unis sont encore plus divisés qu'ils ne l'étaient hier.

Ces élections sont-elle donc une victoire pour Donald Trump ? 

Gerry Warburg : Assurément, non. La Chambre des Représentants, désormais majoritairement démocrate, va désormais contrôler tout ce qu'il souhaite entreprendre. À sa tête, Nancy Pelosi entend réguler les activités du président. Elle aura le pouvoir de refuser certaines de ses initiatives. Aux États-Unis, la Chambre est l'organe le plus proche du peuple. Il n'y a aucun doute quant au fait qu'elle représentera un obstacle de taille face à lui.

Mais, comme nous avons pu l'entendre ici et là, aucune procédure d'impeachment ne sera lancée à son encontre. Le Sénat reste républicain, et ce n'est pas surprenant. Trump a déjà revendiqué d'"énormes victoires" au Texas, en Floride et dans le Kentucky. Ces élections étaient avant tout un référendum, une assurance que son pouvoir est toujours entier.

La course à la présidentielle 2020 débute-t-elle officiellement aujourd'hui ? 

Gerry Warburg : Oui, absolument ! 2020 commence aujourd'hui. Il faut même s'attendre à ce que plusieurs démocrates, comme Harris Warren et Cory Booker, renforcent prochainement leurs forces politiques respectives. 

 

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