Tout ce que vous ne saviez pas sur l'évasion d'El Chapo

"On recherche...Encore!" Un faux avis de recherche à la gloire d'El Chapo. (AFP)

L'évasion de Joaquín Guzmán Loera, chef du cartel de Sinaloa, d'une prison de haute sécurité au Mexique le week-end dernier est toujours largement commentée au Mexique et aux Etats-Unis. La justice mexicaine a dévoilé les images du tunnel qu'il a utilisée pour s'échapper de la prison, long de plus d'un mile. Notre sujet, par Samah Soula et Laurent Desbois.


Nouvelle evasion d'El Chapo, baron mexicain de... by ftv-geopolis

- Son évasion aurait coûté environ 50 millions de dollars

Les premières estimations du coût complet de cette évasion grandiose s'élèvent à environ 50 millions d'euros. L'estimation a été fournie par Jhon Jairo Velasquez Vasquez, un ancien haut-gradé du gang de Pablo Escobar. Ce coût comprend non seulement la construction d'un tunnel de plus de un mile, avec renforts en bois, éclairage, ventilation et une moto sur rail, mais surtout...Le coût de la corruption. En effet, il est presque assuré qu'El Chapo disposait de complicités à l'intérieur de sa prison.

- C'est sa seconde évasion

El Chapo avait été arrêté pour la première fois au Guatemala en 1993. Transféré dans une prison de haute-sécurité au Mexique, il était notoire qu'il avait tourné l'établissement en un centre de commandement personnel pour son cartel grâce à des officiers pénitentiaires ultra-corrompus. En 2001, Guzman s'était évadé presque sans efforts, caché dans un wagonnet de linge sale mené hors de la prison avec une escorte de gardes.

- Sa dernière cavale a duré 13 ans

Il a fallut 13 ans au gouvernement mexicain pour remettre la main sur El Chapo après son évasion en 2001. Après la mort de Ben Laden, il était même devenu le « Public Enemy Number One » des Etats-Unis. La récompense pour sa capture avait atteint plus de 7 millions de dollars. Il avait finalement été arrêté en 2014 à Culiacan à l'issue d'une traque racontée par cet article du New York Post. Son arestation avait été un triomphe dans le combat de Enrique Pena Nieto contre les cartels. Un succès aujourd'hui remis en cause, qui met en péril la position du président mexicain.

- Il est familier des tunnels

Le cartel de Sinaloa n'est pas en manque de tunneliers. Guzman a longtemps utilisé ces ouvrages d'art sauvages pour échapper aux tentatives de capture du gouvernement mexicain, comme le montre ce reportage du Wall Street Journal, datant de sa dernière capture.

- Il a longtemps été sur l'une des personnes les plus riches et les plus puissantes du monde

En tout cas, selon Forbes. A partir de 2003, date à laquelle El Chapo est devenu le trafiquant le plus puissant au monde grâce à l'arrestation de plusieurs de ses rivaux, le magazine Forbes plaçait régulièrement El Chapo sur ses listes des personnes les plus riches du monde - avec une valeur estimée à un milliard de dollars - et sur celles des plus puissantes - son cartel est implanté sur les 5 continents.

En 2014, Forbes l'a retiré de ses classements suite à son arrestation. Fera t'il son retour?

- Il en veut à Donald Trump

Un compte twitter associé à Ivan Guzman, le fils d'El Chapo, s'est empressé de menacer de mort le milliardaire américain et candidat à la primaire républicaine Donald Trump. Ces menaces font suite aux propos polémiques de Trump, qui a déclaré que les immigrés mexicains étaient « des voleurs et des violeurs ».

Le tweet menaçant Donald Trump (les injures ont été censurées).

- Des chansons ont déjà été composées pour honorer son évasion

Il n'a pas fallu longtemps aux compositeurs de narcocorridos - les chansons en l'honneur des cartels et de leur chefs - pour s'emparer de l'évasion d'El Chapo. Dès le lendemain, de nouvelles chansons en son honneur ont fleuri sur Youtube. Il peut paraître incompréhensible de chanter ainsi l'homme qui détient un tiers du marché de la drogue en Amérique du Nord, mais El Chapo est bien vu dans les villes sous le contrôle de son cartel. Tout comme les groupes islamistes, les cartels balancent la terreur par le social. Ils investissent dans des entreprises, des infrastructures, et plupart des familles des régions contrôlées tirent leurs revenus des trafics. Pas étonnant donc, de voir des chanteurs se réjouir d'une évasion aussi rocambolesque.

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