François, l'écolo

"Il faut protéger notre maison commune". C'est en substance l'appel du pape François à l'humanité toute entière : sauver la planète des désastres qui l'attendent irrésistiblement. Avec son encyclique "Laudato si", le Saint-Père dénonce la responsabilité de l'Homme dans l'évolution du réchauffement climatique.

Certains y voient un tournant. D'autres une ineptie. Dans tous les cas, l'objectif du pape a déjà été partiellement accompli : secouer les mentalités. Jeudi, le Saint-Siège a officiellement publié une encyclique qui se veut révolutionnaire. Avec "Laudato si" ("Loué sois-tu"), François revêt une nouvelle soutane : celle du défenseur de l'écologie.

Une posture pas si exceptionnelle au regard de la position de l'Eglise catholique sur les questions environnementales. Si cette encyclique est bel et bien la première intégralement dédiée à cette thématique, les prédécesseurs de François avaient déjà sommé les femmes et les hommes de remettre en cause leur empreinte néfaste sur la nature. C'est ainsi qu'en 2002, Jean-Paul II profitait de l'organisation de la 23e Journée mondiale du tourisme pour déclarer cette phrase emplie d'indignation : « Comment nier que l'humanité vit aujourd'hui une situation d'urgence écologique ? » C'est d'ailleurs lui qui, en 1979, proclamait le premier patron des écologistes : Saint-François d'Assise.

Saint-François d'Assise, patron "céleste" des écologistes

Saint-François d'Assise, patron "céleste" des écologistes

Son successeur, quant à lui, jouait davantage sur le registre religieux. Benoît XVI résumait la lutte contre le réchauffement climatique en ces termes : "L'Eglise a une responsabilité envers la Création [ndlr : la planète] et doit la faire valoir publiquement".

C'est donc tout naturellement que François reprend le flambeau de ceux qui l'ont précédé, mais en allant plus loin, cette fois. Son encyclique a reçu un très bon accueil auprès des acteurs écologiques comme Nicolas Hulot, qui a salué un "renfort inespéré". Une manière également pour le chef de l'Eglise catholique de renforcer l'aura progressiste qui émane de sa personne. Dans son texte, François est catégorique sur les conséquences sociales des dégâts causés à l'environnement : "Toute approche écologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés."

Mais si François a décidé de radicaliser la position de son Eglise sur les enjeux environnementaux, c'est aussi parce qu'il a en ligne de mire la grande conférence sur le climat (COP21), orchestrée par les Nations unies et qui doit se tenir en décembre 2015 à Paris. Une façon de rappeler à la communauté internationale que son propre Etat, le Vatican, a lui aussi son mot à dire sur la question.

Retrouvez l'analyse de Renaud Bernard et de Giona Messi sur l'appel à la défense de l'environnement du pape. 

Yoann GIAMMETTA-D'ANGELO

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