Fuite de données confidentielles : l'Inde demande des comptes à la France

Coup dur pour l'industrie navale militaire française ! Depuis mardi dernier, le constructeur national est victime d’une fuite magistrale de données confidentielles à propos de son super sous-marin Scorpène. L'Inde, en attente d'une livraison d'un de ces sous-marins d'ici fin 2016, demande des comptes. 

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Que contient la fuite ?

C’est le journal australien, The Australian, qui a révélé l’affaire. Selon ce quotidien, plus de 22400 pages auraient été divulguées : l'ensemble des technologies confidentielles du sous-marin ! Renseignements sur les capteurs aériens, les systèmes de combat, de lancement de torpilles, de communication et de navigation… tout y passe. Des révélations qui pourraient fragiliser le géant indien si elle parvenait à ses rivaux comme la Chine ou le Pakistan.

Quelle est la source de la fuite ? 

Tout le monde se renvoie la balle. Le groupe français (DCNS) sous-entend que la fuite proviendrait d'Inde. De son côté, le ministère de la défense indien est catégorique : les informations ont été divulguées par une source étrangère. Pour le quotidien australien, les informations auraient pu être emportées hors de France en 2011 par un ancien officier de la Marine française sous-traitant de la DCNS, avant d'atterrir entre les mains d'une entreprise australienne. A ce jour, il n'y a aucune certitude. Le ministère indien de la défense a indiqué dans un communiqué avoir demandé aux autorités françaises de lancer une enquête pour déterminer l'origine exacte de la fuite.

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Quelles conséquences pour Scorpène ?

Les conséquences pour le constructeur français pourraient être lourdes. Et pour cause, la DCNS a vendu son sous-marin à l'Inde mais aussi Brésil, à la Malaisie ou encore au Chili. Récemment, un accord dit "historique" avait été passé avec l'Australie. Un contrat à plus de 50 milliards de dollars australiens. De son côté, l'Inde attend fermement plus d'informations de la part du fabriquant. "Nous avons demandés un rapport à la DCNS dans les plus brefs délais. Mais notre accord conclu avec le constructeur naval français n'est pas à ce jour remis en question"  nous a indiqué le ministère de la défense indien. En attendant que l'enquête avance, le futur du sous-marin "le plus avancé" reste incertain.

 

Camille Ginet et Lucille Guenier

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