A Londres, un centre équestre installé au milieu des barres d'immeubles

Un jeune cavalier de l'Ebony Riding Club. Credits : Pool/Getty Images Europe

Au sud de Londres, l'Ebony Riding Club met un point d'honneur à accueillir de jeunes cavaliers originaires de Brixton, un quartier caractérisé par une forte diversité culturelle et longtemps marqué par les trafics et tensions raciales. 

Chevaux, enclos en bois et écuries. Sur papier, l'Ebony Riding Club a des airs de centre équestre rural typique. Pourtant, il n'est pas entouré par des champs et des forêts, mais bien par des tours et des barres d'immeubles. Autre particularité du club : la plupart des adhérents n'auraient jamais pensé pratiquer un jour l'équitation.

L'Ebony Riding Club voit le jour à la fin des années 1990 à Coldharbour, dans le quartier de Brixton. Sur la page officielle du club, ce quartier est défini comme l'un des "plus désavantagés" du pays, notamment en raison du taux très élevé de grossesses adolescentes et du phénomène des gangs.

Ici, les jeunes cavaliers ne s'en cachent pas : le centre équestre représente souvent un ilot de tranquillité. Pendant que certains montent les chevaux, d'autres déblaient les écuries. D'après Abdus Melah, un jeune membre âgé de 14 ans et interrogé par l'AFP, "les enfants qui vivent dans ces quartiers ne veulent pas forcément faire partie d'un gang". Il poursuit : "Si cet endroit n'existait pas, ils risqueraient d'en rejoindre un. En venant au club, ils passent moins de temps dans la rue et évitent les ennuis. "

Pour David Flemming, le président du club, la pratique équestre est plus qu'un passe-temps, puisqu'elle a également des vertus pédagogiques. "Nous essayons de faire venir autant que possible des enfants de la région de Brixton et des environs afin qu'ils apprennent des choses grâce aux chevaux" confiait-il ainsi le mois dernier à l'AFP.

Par ailleurs, l'équitation est également un moyen pour les adhérents d'échapper à leurs soucis personnels. Selon Zoe, une jeune fille âgée comme Abdus de 14 ans, le club "permet de se calmer". Elle explique : "Si vous avez des problèmes à l'extérieur, il faut les laisser à la porte et rester calme autour des chevaux car ils sont très sensibles aux gens qui les entourent. "

Mais le fonctionnement d'un tel endroit a un prix, et le club a parfois du mal à joindre les deux bouts. En effet, chaque année, l'entretien de l'Ebony coûte près de £400 000 (soit plus de 450 500€). Afin de survivre financièrement, le centre bénéficie de quelques parrainages de luxe. Parmi eux, celui de l'épouse du prince Charles, la duchesse Camilla, qui soutient le club depuis 2009.

 

Anouk Helft, avec Stéphanie Perez

 

Publié par Bureau de Londres / Catégories : Non classé

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