Voleurs de canards et d'étain: les petits criminels de l'ère victorienne

Le Daily Mail, un des plus célèbres tabloïds anglais, publiait mercredi des photos étonnantes. Remontant aux premières années de la photographie, les images montrent le visage de ces petits criminels qui vers 1870, en pleine période victorienne, remplissaient  les prisons anglaises .

10 ans_enfants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est le cas de Luther Gosney. Alors âgé de 10 ans, il est incarcéré pour le vol d'une trompette en étain d'une valeur de 1,5 livres (2 euros actuels). La photo que vous voyez le montre juste avant sa sortie, après trois semaine de détention. En les photographiant et en affichant leurs portraits, l'administration pénitentiaire comptait informer le public des dangers que ces criminels pouvaient représenter à leur sortie.

En cherchant dans les archives de la prison de Dorchester, Maddy Duke, documentaliste bénévole, raconte l'histoire de ce jeune garçon. A sa sortie de prison, il est envoyé pour 5 ans en centre de "rééducation", ce qui ne l'empêchera pas de retourner en maison d'arrêt quelques années plus tard, cette fois pour des faits de vol beaucoup plus graves.
"Les victoriens avaient un système de justice très différent, ils étaient assez indulgents avec le premier délit mais si la personne recommençait la sanction était de plus en plus sévère. Ils faisaient davantage attention à combien de délits une personne a commis qu'à la gravité des faits en eux mêmes", commente Maddy Duke.

vieux prisonnier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un système qui explique certaines trajectoires comme celle d'Augustus Galton. Dès 17 ans il passe le plus clair de son temps derrière les barreaux pour vol de canards, de bottes ou de lapins...Des peccadilles qui le mèneront en prison jusqu'à 61 ans, âge auquel il mourra.
Pour la documentaliste, "ces photos nous apprennent beaucoup sur les conditions de vie de l'époque, en prison mais aussi en dehors". Pour le Daily Mail cela semble même éclairer la situation actuelle du pays. Dans son article, il compare ces jeunes prisonniers aux délinquants d'aujourd'hui. Et plus particulièrement à ce que le gouvernement britannique appelle les ASBO (Anti-social Behaviour Order), à savoir des jeunes condamnés pour des faits d'incivilités.

Ce n'est pas la première fois que de telles photographies sont publiées dans les médias. L'administration pénitentiaire australienne avait déjà ouvert ses archives il y a quelques mois. Cette fois il s'agissait d'images de prisonniers plus récentes puisqu'elles dataient de 1920 à 1930.

Maxime Bayce avec Loïc de La Mornais

Publié par Bureau de Londres / Catégories : Non classé