"French Affair" : Parfum de scandale dans la presse britannique

L'une des grandes passions des Anglais : brocarder les défauts de leurs voisins français. La "French affair" est l'occasion pour la presse anglaise de se défouler et de passer au crible le président de la République.

L'affaire alimente les journaux Outre-Manche. A commencer par le Times, qui place le sujet en Une dès lundi. L'éditorial commence par ce constat cinglant : "si David Cameron avait eu une relation comme celle que l'on présume entre Julie Gayet et François Hollande, le scandale aurait été beaucoup plus retentissant qu’en France. Il aurait probablement dû démissionner." Car lorsque l'on est élu en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, le représentant du pouvoir devient automatiquement la propriété du peuple et de l’État avec des responsabilités vis-à-vis de tous les citoyens. Le Times s'amuse à publier plus loin dans ses  pages une sorte d'agenda fictif du président en franglais, intitulé « My Week », où celui-ci affirme : « Je suis le sexy, dirty chien ! »

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 De son côté, Le Telegraph s'étonne "du manque d'appétence des français pour les secrets de polichinelle de François Hollande. « Le président français s'est fait prendre le pantalon sur les genoux, trompant non pas la mère de ses enfants, mais la maîtresse, pour laquelle il a quitté cette dernière… », se gausse Christine Odone dans Le Telegraph de Londres.

Le Daily Mail cherche lui à comprendre ce début de ce «sordide soap opera français». Il prend ses racines, selon le quotidien, dans la séparation Royal-Hollande.

Dans son édition du mardi 14 Janvier, Sam Greenhill fait un parallèle pour le moins remarquable. "Dans son dernier film, Quai d'Orsay, Julie Gayet joue une conseillère diplomatique particulièrement séductrice envers le coeur du gouvernement français. Cette femme fatale est maintenant en passe de devenir la nouvelle première dame de France. (...) Quand la vie personnelle devient le miroir de ses propres rôles." 

British Humour

Avec son humour grinçant habituel, le Sun du mardi 14 janvier propose un quizz à ses lecteurs : "Êtes vous plutôt  "Premier ministre anglais" ou "Président français?". Un écho à l'ancien Premier ministre britannique John Major qui a trompé sa femme pendant quatre ans avec Edwina Currie, qui fut ministre de Margaret Thatcher... Une maîtresse moins sexy que l'actrice française, comme le sous-entend le quotidien ! (John Major avouera même publiquement avoir eu "honte" de cette relation...)

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S'ensuit une vingtaine de questions plus ou moins loufoques. "Que dirait la Reine si elle savait à propos de votre infidélité? Réponse A, ce n'est pas un problème. Vos compatriotes ont une famille royale qui a été guillotinée, il y a quelques siècles ou réponse B, Ca pourrait rendre les réunions hebdomadaires un peu étranges." ou encore "Vous avez un garde du corps pour? Réponse A, vous apporter à vous et votre amoureuse des croissants pour petit-déjeuner? ou réponse B, pour vous rappeler que vous n'avez pas laissé vos enfants au pub."

Dans son édition week-end, le tabloïd renchérit avec une double page: "He scoots, he scores".

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Les anglais sont friands des jeux de mots. Le scooter comme parallèle au shoot d'un ballon de foot (to scoot, jeu de mot avec to shoot, "tirer" en anglais) et "to score" (marquer un but, qu'on pourrait aussi traduire en argot français par "choper" une conquête).

Dans un registre tout aussi sarcastique, le Daily Mail s'interroge sur le maintien de Valérie Trierweiler : «ses avantages de femme de président (un budget généreux et un cabinet de cinq personnes) sont menacés par ce scandale». Des «privilèges qui coûtent une fortune et mécontentent les Français», assène le tabloïd.

Les caricatures pleuvent dans la presse outre-Manche. A l'image de celle présentée sur Sky news, qui compare le président de la République à Ernest Penfold, le hamster de la série "Danger Mouse". Un personnage maladroit et attachant au physique quelque peu semblable à notre président.

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Preuve que la "French affair" passionne les médias britannique, la conférence de presse du président de la République a été diffusée en direct sur la BBC, Channel 4, Euro News, SkyNews... Un événement tout à fait exceptionnel Outre-Manche. Mais le mystère autour de la "French Affair" demeure. Car lorsque la première question a retentit : "Valérie Trierweiler est-elle encore première dame?" Le président s'est refusé à clarifier la situation. D'où la déception de la presse britannique, SkyNews annonçant en bandeau sur son antenne que "Hollande évite de répondre à la question".

 

Gwladys Bonnassie avec Loïc de La Mornais

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