Ces athlètes français qui ont brillé aux Jeux paralympiques

Equipe de France des Jeux paralympiques d'hiver 2018 interviewée sur le plateau du 19/20 de France 3 à son retour de Pyeongchang.

Ils étaient 12 sportifs français au départ des Jeux paralympiques de Corée. À l'arrivée, record battu pour la France !  7 médailles d’or, 8 d’argent et 5 de bronze. Franceinfo.fr revient sur l'exploit réalisé par quatre athlètes restés dans l'ombre.

Aux Jeux paralympiques d'hiver de Corée du Sud (qui se sont déroulés du 9 au 18 mars à Pyeongchang), la France a atteint un nouveau palier. Avec 20 médailles, l’Hexagone a dépassé son précédent record des JO de Sotchi, quatre ans auparavant, avec 12 médailles. Certes, cette nouvelle performance, la France la doit en grande partie à deux de ses étoiles en ski alpin. Favorite et porte-drapeau de la délégation, Marie Bochet, née sans avant-bras gauche, a remporté du haut de ses 24 ans quatre médailles d’or (en descente, super-G, slalom et slalom géant). Quant à Arthur Bauchet, il totalise, malgré une maladie génétique rare, quatre médailles d’argent (en descente hommes, super-G et super-combiné). Une performance d’autant plus impressionnante quand on sait qu’il n’est âgé que de 17 ans. Les projecteurs se sont focalisés assez naturellement sur ces deux grands champions. Mais dans l'ombre médiatique, cinq autres sportifs ont contribué à cette moisson de médailles.

Benjamin Daviet : le Fourcade du handisport

Le tout premier d’entre eux n’est autre que Benjamin Daviet. Déjà médaillé à Sotchi, ce biathlète fondeur de 28 ans (qui souffre d'une jambe raide) a glané pas moins de cinq médailles à Pyeongchang : trois d’or (en biathlon sprint, biathlon moyenne distance et relais de ski de fond) et deux d’argent (en biathlon individuel et ski de fond style libre). Benjamin Daviet a d'abord été plombier, avant de pouvoir vivre sa passion pour le sport de haut niveau. Comme Martin Fourcade, il bénéficie du soutien de l’armée de Terre. D'où son surnom : le "Fourcade du handisport". Benjamin en rit mais pour lui, le biathlète de Villard-de-Lans (Isère) est un ogre parmi les valides. "Mon point commun le plus important avec lui, ajoute-t-il, c’est d’appartenir à l’Armée française. Comme lui, je fais partie des 135 athlètes de haut niveau qui ont un contrat avec le ministère de la Défense". Sur ses cinq médailles, Benjamin Daviet retient particulièrement l’or décroché au relais de ski de fond. "C’était avec le groupe, les copains avec lesquels je skie 200 jours par an", souligne-t-il.

Paraplégique depuis 2012 à la suite d'un accident de mobylette (à 17 ans), Benjamin Daviet s’est battu pour en arriver là. Au cours de son hospitalisation, il attrape un staphylocoque doré qui lui ronge le genou. Mais le jeune homme ne baissé pas les bras. Après quatre ans de rééducation,  il demande à un oncle, un matin de sa 21e année, de lui prêter des skis. "J’avais pratiqué le ski entre 11 et 14 ans, mais le plaisir et les sensations sont revenus immédiatement au Grand-Bornand d’où je viens", se rappelle Benjamin Daviet.

Après les JO, le skieur d’Annecy a remis le couvert. Au championnat de France paralympique à Chamrousse en mars, il est arrivé en tête au biathlon sprint, devant Karl Tabouret, dans la catégorie debout.

Cécile Hernandez : l’argent et le bronze

La snowboardeuse Cécile Hernandez, elle, se souviendra de sa médaille d’argent au banked slalom (slalom à virage) et surtout de sa déception en snowboard cross, où elle n’a remporté que le bronze. Une discipline dans laquelle la skieuse des Angles avait pourtant été vice-championne du monde en 2017. A sa décharge, il est vrai qu’elle n’a pas eu de chance. A la suite d'un dysfonctionnement du portillon de départ, le coup d’envoi de l’épreuve a dû être reporté de deux heures. "Cette attente m’a éteinte physiquement et mentalement", raconte Cécile Hernandez qui est atteinte d’une sclérose en plaques (que l’on qualifie souvent de "maladie de la fatigue"). "Le matin, nous avions eu une séance d’entraînement, sans oublier les qualifications lors desquelles j’ai d’ailleurs fait le meilleur chrono. Mais quand le coup d’envoi est enfin arrivé, c’était très compliqué pour moi. C’était trop tard. Je n’avais plus du tout de forces. Mon corps ne suivait plus."

Cécile Hernandez ajoute : "Avant, je dépensais beaucoup d’énergie à me dire que je vivais malgré la maladie. Mais maintenant, c’est fini tout ça. Je vis avec la maladie. J’ai une spasticité de 4 sur 5 (symptôme de la sclérose en plaques, la spasticité se traduit par une contraction réflexe des muscles ndlr). Elle est très forte et me permet de tenir sur ma planche mais si j’accumule trop de fatigue, ça peut être dangereux."

Frédéric François : "même pas peur"

Paraplégique depuis 2003 après une chute en snowboard, Frédéric François a, lui, rapporté trois médailles : une d’argent au super-combiné assis, et deux de bronze au super-G assis et au slalom assis. "Je n’ai jamais vraiment eu le sentiment d’avoir été traumatisé par ma chute. Je n’ai donc pas eu peur de remonter sur des skis ensuite. J’ai ainsi pu retrouver assez vite des sensations et le bonheur de la montagne et de la neige en ski assis", confie-t-il.

Anthony Chalençon et Thomas Clarion

Aux côtés de Benjamin Daviet, Anthony Chalençon et Thomas Clarion, tous deux aveugles, se sont illustrés en ski de fond au relais 4 x 2,5 km open messieurs avec l’or. Le premier a également rapporté une médaille de bronze en biathlon 15 km, qu’il a remportée avec Simon Valverde, qui est son guide depuis deux ans. "Côtoyer Anthony a changé l'image que j'avais des handicapés. Ce ne sont pas gens lambda qui ont adapté leur mode de vie, c'est nous les valides qui avons inventé le mot handicap", témoigne Simon Valverde qui, lui, est originaire de Lans en Vercors. C’est Benjamin Daviet qui, d’ailleurs, a montré à Simon comment guider. Ensuite, le courant est très vite passé avec Simon. Pour tirer, Anthony Chalençon, épaule une carabine dotée d’un rayon laser. Il a un casque sur les oreilles qui lui indique par un son plus ou moins aigu s’il pointe bien au centre de la cible. De retour en France, ce Morzinois s’est de nouveau imposé au championnat de France paralympique à Chamrousse (devant Thomas Dubois).

Last but not least. Guidé par Antoine Bollet, Thomas Clarion (36 ans) a également remporté le bronze au ski de fond sur 20 km. Celui qui avait déjà rapporté deux médailles de bronze de Sotchi récidive ainsi à  Pyeongchang avec le bronze aux côtés de sa médaille d’or du relais open messieurs. Déjà bon skieur, Thomas Clarion a perdu la vue à l’âge de 20 ans. Exerçant la profession de masseur-kinésithérapeute, il n’a jamais rien voulu lâcher. Encore un autre parcours exemplaire.

Pour en savoir plus

Site des Jeux paralympiques de Pyeongchang

Publié par Clara Crochet-Damais / Catégories : Non classé

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