Suppression de la prérentrée : l’annonce gadget de Benoit Hamon

(Crédit AFP)

On a appris avec étonnement ce jeudi 15 mai que le ministre de l’Education Nationale Benoit Hamon aurait prévu de supprimer la prérentrée des enseignants initialement prévue en août. Le ministre devait annoncer l’information au Conseil Supérieur de l’Education vendredi 16 mai mais l'info a fuité. Certains syndicats se félicitent déjà, mais franchement, il n’y a aucune raison de se réjouir.

Pourquoi ce report ?

La rentrée en août, fut-ce le 29, certains profs ont du mal à se faire à l’idée. Lors de la présentation des calendriers scolaires pour la période 2014 – 2017 et l’annonce de cette rentrée en août, des dents avaient grincé. Question de symbolique, écrivait-on alors.

Pourtant, rien de très nouveau sous le soleil. Une prérentrée en août, on en a déjà connu, pas plus tard que cette année : dans mon école comme dans de nombreuses autres, on est rentrés le 30.

Néanmoins, plusieurs syndicats enseignants (surtout du secondaire, le SNES, le Snalc), avaient demandé un report de cette rentrée aoutienne. En leur accordant (sans qu’on sache encore s’il s’agit d’une suppression ou d’un simple report), Benoit Hamon confirme qu’il cherche à pacifier les relations avec les enseignants en donnant « des gages de bonne volonté », selon l’expression consacrée. Il a été nommé à la place de Peillon, ministre impopulaire, précisément pour ça : arrondir les angles, quitte à déformer le matériau existant (on l’a vu pour sa révision du décret sur les rythmes). On avait déjà cru sentir que la possibilité offerte aux Conseils d’Ecole d’adopter des nouveaux rythmes libérant l’après-midi du vendredi était une sorte de petit cadeau subliminal aux enseignants supposés heureux de bénéficier d’un weekend allongé (et tant pis si cela va à l’encontre de l’esprit même de la réforme, et de la plus élémentaire logique s’agissant des rythmes de l’enfant…).

Benoit Hamon semble d’autant décidé à jouer l’apaisement avec les profs que le contexte est à l’austérité : ce même jour, Marylise Lebranchu a confirmé le gel du point d’indice des fonctionnaires et, il y a une semaine, paraissait le « bilan social de l’éducation nationale », qui confirmait une fois de plus la sous-rémunération des profs – particulièrement des instits.

Concours de coq syndical

Dès mercredi soir le Snes FSU, principal syndicat du secondaire, tweetait : « La prérentrée en août, le ras-le-bol de la profession (au salaire gelé) est arrivé aux oreilles du ministre, qui annonce le report à septembre ». Autre réaction venue du secondaire, celle du Snalc : « Faire rentrer les enseignants en août était inacceptable. Nous avions déposé un préavis de grève et je peux vous dire que nos militants y auraient répondu favorablement ».

Dans ce concours d’ergots, la réaction du SE-UNSA semble plus mesurée, et surtout plus pragmatique : « Le tout-en-un n’est pas sérieux pour l’école, déclare son secrétaire général Christian Chevalier. Si le ministre repousse la prérentrée des enseignants, il doit aussi repousser celle des élèves. Cette journée était nécessaire, ne serait-ce que pour des questions d’organisation. Lors de cette journée de prérentrée, les équipes se retrouvent autour du responsable d’établissement, les nouveaux enseignants font connaissance avec leurs collègues… C’est un moment important en termes de construction d’équipe, mais aussi d’organisation. Si la prérentrée était annulée, il y a un risque de très grosse désorganisation dans les établissements le 1er septembre ! La vraie question est donc de savoir si le ministre repousse la rentrée des élèves, ou pas ».

Logique, en effet, sauf que repousser la rentrée des élèves, c’est perdre une journée de classe, ce qui n’est ni dans l’intérêt des élèves ni dans l’intérêt des profs. Paul Raoult, président de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, ne s’y trompe pas : « On a encore oublié l’intérêt des élèves. Et puis, est-ce vraiment faire un cadeau aux enseignants que de supprimer cette journée importante pour commencer l’année ? ».

Pas de quoi se réjouir

D’abord, parce que ce report / suppression ne va rien changer : il faudra bien la faire cette prérentrée ! Comme le note Christian Chevalier, la prérentrée est une journée (deux, même) qui a une fonction et une utilité, dans une équipe enseignante. En repoussant la prérentrée, Benoit Hamon fait comme si on n’avait rien à faire ce jour-là, comme si ce qu’on y fait d’habitude n’avait pas d’importance ! Or, il faudra quoiqu’il arrive faire les réunions d’équipe de début d’année, des informations importantes administrativement et pédagogiquement y sont habituellement données et discutées.

Et puis, concrètement, un instit a bien des choses à préparer dans sa classe, avant que ses élèves y débarquent ! Alors, m’est avis que bien des collègues seront dans leur classe avant la rentrée, comme prévu… Pour ma part, j’y serai, forcément. Je ne me vois pas débarquer le jour de la rentrée, sans être venu avant préparer ma classe !

En jetant aux enseignants ce vieux morceau de viande avarié, Benoit Hamon ne flatte pas forcément leurs meilleurs instincts. Comme il ne peut leur donner ce qu’ils demandent, il leur donne ce qu’ils n’ont pas demandé, en espérant qu’il s’en trouvera suffisamment que cela contente. Mais nombreux sont ceux qui vont trouver qu’on les prend franchement pour des idiots. L’effet recherché était l’apaisement, le résultat pourrait bien être diamétralement opposé.

Stigmatisation anti-prof

Et puis, dans l’opinion, l’effet de cette annonce sera à n’en pas douter catastrophique. Il n’est qu’à voir comment Le Monde commençait son article : « Bonne nouvelle pour les enseignants, mauvaise nouvelle pour l’école ! », parlant plus loin d’un « cadeau fait aux enseignants contre l’intérêt des élèves ». Autant dire que ce « cadeau » franchement empoisonné ne fera que mettre de l’eau au moulin de ceux qui ont fait de la stigmatisation des profs leur sport favori : ces derniers seront vus, une fois de plus, comme des corporatistes égoïstes plus soucieux de leur petit intérêt personnel que de l’intérêt supérieur de l’école, et à qui on fait fleur sur fleur.

Soyons donc clair : mon intérêt n’est pas de ne pas venir le 29 août ! Mon intérêt, et celui de mes élèves, est que je puisse préparer la rentrée au mieux ! Je ne vois pas ce que j’ai à gagner à ne pas venir le 29 août (vu que je viendrai de toute façon) mais je vois bien ce que j’ai à y perdre (désorganisation, retards divers), le tout baigné dans le flot d’anathèmes qui va nous tomber sur le coin du museau. Non merci.

Aux dernières nouvelles, Benoit Hamon serait en train de repousser la rentrée des élèves d'une journée pour réparer sa bourde. Du coup, ça fera un jour d'école à rattraper. Le 7 juillet ? La belle affaire...

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  • Elisa De Figueiredo

    On a vraiment plus à perdre qu'à y gagner ! N'est-ce pas se moquer du sérieux de la profession ??? Comme si on pouvait arriver les mains dans les poches le 1er septembre ! Nous qui avons l'habitude en primaire de venir au moins deux jours la dernière semaine du mois d'août, le minimum aurait été de reconnaître ce temps comme celui de pré-rentrée au lieu de nous imposer en plus les mercredis travaillés en concertation. Encore une fois, on se moque de nous : notre travail en amont passe encore sous la trappe et l'on a l'impression que n'est effectif que le temps passé devant les élèves. Quand seront donc reconnues les heures passées devant notre ordinateur à faire des recherches pour notre classe, à s'acheter notre matériel pédagogique et l'investissement passé sur les lieux en dehors des heures de classe ( corrections, affichages, préparations de matériel etc etc etc...) Je suis outrée par de telles mesures.

  • lili

    ça me met hors de moi ce genre de déclaration ! Quel syndicat du premier degré a demandé ceci ? On en a besoin de cette journée ! (qui dure 2 jours d'ailleurs !) Du coup on va encore aller bosser gratos parce qu'il faudra bien bosser avant l'arrivée des élèves...
    Franchement si les syndicats ont demandé ça on se demande bien à quoi ils pensent!

    • Max Geister

      Ces syndicats pensent -et peut-être pas à tort- que le ministère veut "zoner" les vacances d'été, ce qui facilitera l'éradication du bac en contrôle terminal. Les épreuves orales de langues se passent déjà en cours d'année et ce ne sont déjà plus des épreuves nationales.
      Ils se demandent également si l'acceptation de la pré-rentrée officielle en août au nom des "36 semaines entières" réclamées par la FCPE n'est pas la porte ouverte à toutes les dérives : pourquoi ne pas rattraper les fériés quand ils tombent en semaine puisque ça ne fait plus 36 semaines complètes ?

      • Bidi Griche

        On a les 36 semaines complètes même avec les deux jours supplémentaires à la Toussaint. Ce qui est demandé, c'est que la journée de pré-rentrée entre dans nos 36 semaines réglementaires, tout simplement. Il est demandé que le ministère respecte simplemnt notre contrat de travail, ni plus ni moins. Cela va bien au-delà de la polémique créée "les enseignants ont 2 mois de vacances et ne veulent même pas reprendre fin aout, ces feignasses".
        NON ! Les enseignants ont un contrat de travail de 36 semaines par an (+ 108 h annuelles), la pré-rentrée doit avoir lieu dans ces 36 semaines ! On profite, je trouve, suffisamment comme ça de notre bonne volonté et professionnalisme....
        Par ailleurs, par rapport à la journée de rattrapage du 2/09/31 que l'on nous a demandée de faire, sous prétexte que les élèves n'avaient pas eu 36 semaines complètes:
        FO met en avant l’article L 521-1 du code de l’Education qui traite de la durée de l’année scolaire. Cet article prévoit un nombre de semaines et non un nombre de jours : "L'année scolaire comporte trente-six semaines au moins réparties en cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes".
        Si on suit la logique du ministère, il faudrait à ce compte là rattraper tous les jours fériés puisque ces semaines-là, les élèves n'ont pas leur compte de 24 h hebdo....

  • Karmagelo

    Bravo ! Super article. Merci

  • http://toujoursuncoup.blogspot.fr/ Sfar

    Merci pour cet article. Ce qui est d'autant plus étonnant c'est cette fixette sur le mois d'août alors que déjà cette année, les enseignants de mon école et sans doute beaucoup d'autres ont repris dès le jeudi 29 août! Nous avons travaillé 2 jours du mois d'août sans que cela ne traumatise personne surtout que la majorité de mes collègues étaient déjà en train de préparer leur classe quelques jours avant la reprise du 29/08.
    C'est une initiative plus que farfelue et complètement illogique nous concernant et cela ne va faire qu'attiser la mauvaise opinion des parents et autres à notre égard.
    Merci du """cadeau"""!

  • amandree0

    Une rentrée sans pré-rentrée ça n'a aucun sens et aucun enseignant ne dira le contraire.
    Et si le but non avoué du fait de supprimer la journée de pré-rentrée était de laisser les équipes se réunir quand même (car il le faut bien !) sans être rémunérées ? Moi je me demande sérieusement si c'est ce qu'ils ont en tête.
    Nous devrons nous réunir le 29 (ou le 30) -ou les deux car on a l'habitude de faire deux jours pour être sûrs que tout est nickel- de toutes façons car une rentrée ça s'organise un minimum et qu'une première journée de classe ratée ça ne fait vraiment pas sérieux. Les cafouillages, on essaie tout de même de les éviter !

  • JF CAREMEL

    Elections professionnelles en vue, ce billet fait la part belle à l'unsa et la FCPE.
    3 remarques
    1. Les collegues du 2d degré demandaient bien que pré-rentrée ait lieu en septembre, syndicat ultra majoritaire en tete (snes-fsu)
    2. Drole de conception du métier d'enseignant, qui ne préparerait sa rentrée que lorsqu'il y ait obligé ? Et 3 jours avant les élèves. On n'a pas besoin d'être sifflé pour se mettre au boulot.
    3. Aucun texte n'oblige pas à donner aux élèves 36 semaine de cours COMPLETES ... Quand on voit toutes les heures de cours qui sautent en dépit des profs (stages des élèves, épreuves communes, interventions diverses ...), on se dit que ce n'est pas une pré-rentrée fin août qui changera la donne.
    A moins d'être à 2000 km du terrain, ou le porte-voix de syndicats minoritaires

    • marboeuf

      Mise au point, JF : je ne suis pas syndiqué, n'ai aucune accointance ni avec l'unsa ni avec la FCPE. Cela ne m'empêche pas de rendre compte des réactions des uns et des autres, et, à l'occasion, d'estimer que telle ou telle semble plus cohérente qu'une autre... Il ne faut pas voir le mal partout, JF ! 😉

  • mos

    de toute façon nous y serons dans notre école...une année scolaire se prépare.... je me demande bien quel syndicat peut soutenir une telle demande..... du coup
    on y sera sans être payé...Génial....!!!!!

    • Bidi Griche

      On y sera le 1er septembre, jour de pré rentrée officiel car fixé par arrêté par le ministère. Pour ma part j'y serai aussi le 29 aout mais certainement pas sans être payée... En effet, les 2 demi journées que l'on doit faire avant La Toussaint seront regroupées ce 29 août pour nous permettre de bien prepérer la rentrée. Nos obligations de services, fixées par décret, sont de 24h hebdo sur 36 semaines et de 108 h annuelles. L'arrêté, hiérarchiquement inférieur au décret, ne peut modifier nos obligations de service. Donc ces 6 h que nous ferons le 29 aout seront légalement déduites de nos 108 h et plus précisément des 24 h de concertations.... ...Comme nos obligations sont fixées à 36 semaines, il faut quand même demander l'autorisation de l'IEN pour venir le 29 aout... Voilà ! Si je n'ai pas été assez claire :

      http://snudifo95.over-blog.com/personnels

  • Antoine

    "Rentrée scolaire des élèves : mardi 3 septembre 2013
    Une journée de cours sera rattrapée :
    - pour les élèves qui ont cours le mercredi matin : le mercredi 13 novembre 2013 après-midi et le mercredi 11 juin 2014 après-midi"

    C'est ça le problème : on rattrape une journée déjà travaillée... c'est tout.

  • Calixtine White

    Ne vous inquiètez
    pas! visiblement, la rentrée des élèves va être, elle aussi, reportée
    d'un jour! Et c'est pas un cadeau fait aux profs, c'est une difficulté
    administrative qui fait que la rentrée est repoussée : nos arrêtés
    commencent le 1er septembre, on ne peut pas faire commencer les nouveaux
    collègues avant le début de leur contrat, tout simplement. Le système informatique du ministère ne peut pas gérer la contrainte, tout simplement! :)

    • Phib

      Exactement ! Les PV d'installations ont tous effet le 1er septembre, ça serait injustifiable administrativement de commencer en août.

  • ferdna

    Du grand n'importe quoi! Une fois encore le ministère est loin des réalités du terrain. La plupart des enseignants du primaire et maternelle sont déjà présents dans leurs écoles quelques jours avant la rentrée officielle en dehors de toute contrainte administrative, mais l'administration ne veut pas reconnaître cela comme journées de pré-rentrée. Les syndicats se targuent d'avoir obtenu "quelque chose" en faveur des enseignants alors que cela arrange l'administration, beaucoup de parents et surtout les professionnels du tourisme. Quand ils ne sont plus écoutés à la base, les syndicats appellent à la grève. Du fait de leurs divisions, ils n'obtiendront jamais rien de concret pour améliorer les conditions matérielles des enseignants

    • Christel

      Je ne suis pas syndiquée car ils ne défendent pas notre métier, nos conditions de travail; je constate même que c'est de pire en pire. Et Fini les grèves...a part perdre de l'argent, je ne vois pas ce que cela améliore... Grève Oui mais sur mon lieu de travail en accueillant les enfants sans assurer les cours...

  • Gilbert AMBROSI

    Mais franchement qu'est ce que nous en avons à faire de ce que dit PLAY MOBILE, en effet mes enfants rentreront à l'école quand je voudrais peut être le 2 ou le 5 septembre on verra. Et si les retraités faisaient l'école à nos enfants!!!! ils pourraient arrondir leur fin de mois et cela libérerait des jeunes qui pourraient produire jusqu'à 40 ans et ensuite ils enseigneront à leur tour jusqu'à 65 ans ou plus.

    • amandree0

      Parce qu'enseigner, ce n'est pas produire ?
      Alors, dans le même ordre d'idée, les soignants, les personnels sociaux et de sécurité (police, pompiers....) ne produisent pas, eux non plus. Vivement qu'on les mette au travail, au vrai et qu'ensuite ils exercent le métier pour lequel ils sont formés ... quand ils n'auront plus la force de le faire !
      ... jusqu'à 65 ans et plus : c'est déjà le cas et c'est problématique : essayez, à cet âge de tenir une classe de gamins de moins en moins courageux dont les parents ne vous respectent pas (idem pour leurs rejetons).

  • Gilbert AMBROSI

    c'est simple a comprendre, plus on instruit quelqu'un, plus il perd de logique, et pour certain instruit il pense avoir leur bâton de maréchal et il devient plus bon à rien après.

  • laborey

    lili encore une fai gnace de prof apres 4 mois de vacances sur l'annee tu regardes a 2 jours pres

    • Fasquel

      Bonjour ! Je suis professeur des écoles (je préfère le mot instituteur). J'ai les clés de mon école et j'y vais quand je veux pour préparer ma classe, il en est de même de tous mes collègues de mon école et, je pense, d'une immense majorité d'entre nous. Je n'attends pas la date fixée pour la pre-rentrée pour préparer ma rentrée. Les fournitures scolaires ont été livrées début juillet et je prépare toutes les en-têtes des cahiers, il y en a 8 par élèves, pendant les vacances. Etant auteur de ma méthode d'apprentissage de la lecture, je contrôle tous les fichiers et les modifie en fonction des prénoms des élèves qui arrivent. Chacun d'entre eux aura reçu fin juin un petit livret contenant quelques phrases qu'ils auront étudiées avec leur enseignant de maternelle aucours de l'année et qu'ils pourront travailler pendant les vacances pour bien entamer leur CP. Tout cela ne se fait pas en une journée. Un instituteur et ses élèves travaillent toute l'année dans la même classe, il faut donc que celle-ci soit un cadre de ie agréable. Pendant les grandes vacances, les services techniques de la municipalité font le grand ménage : aucun affichage ne doit subsister, tout doit être rangé dans les armoires. A la rentrée, chacun de mes élèves aura sur sa table tout le matériel nécessaire (stylos, règle, ciseaux, cahiers, fichier de lecture etc etc) pour que nous puissions commencer à travailler tout de suite dans de bonnes conditions. Vous comprendrez bien qu'une journée de pré-rentrée n'est pas suffisante et que nombre d'entre nous, surtout en primaire ont passé plus d'une journée à préparer la rentrée. En fait, il y a deux journées de pré-rentrée, la deuxième se passant... après la rentrée pour faire le point sur la rentrée.... Cette journée se fera par des réunions entre collègues le soir. Après la classe.

      • amandree0

        Oui, la journée de prérentrée ne sert pas à préparer sa classe (on n'aurait pas le temps !) mais à réunir les équipes et organiser la vie de l'établissement.

  • Phib

    Meuuuuh pas de panique, vous savez très bien ce qui va se passer : la prérentrée aura lieu comme d'habitude selon les mêmes modalités. Si ce n'est pas le ministre c'est le chef d'établissement qui convoquera les élèves seulement le lendemain ; c'est probablement ce qu'ils feront pour que l'on garde notre première journée de réunions et de découverte d'emploi du temps ! Quant à perdre une journée, oui et non. Les premières heures sont des heures de prise de contact, règles de vie de classe, vérifications administratives diverses. Qu'on commence le 1 ou le 2 ne fait vraiment pas une grosse différence. Le collègue qui a peur de ne pas boucler son programme peut choisir de raccourcir le temps de prise de contact. Il y a aussi des occasions de grappiller des heures pendant l'année aussi, (remplacements de courte durée aussi)... Vu les événement divers qui ponctuent et perturbent l'année scolaire, ce n'est pas une bataille pour 1 heure de cours en tout début d'année qui va faire avancer le schmilblick !

    • amandree0

      "Si ce n'est pas le ministre c'est le chef d'établissement qui convoquera les élèves seulement le lendemain"
      C'est tout simplement interdit. La date de rentrée des élèves est la même sur tout le territoire. Les chefs d'établissement n'ont aucune latitude.

      • Phib

        Ils ont le pouvoir de banaliser une journée, me semble-t-il ? Ben voilà, on banalise !

        • amandree0

          Sous certaines conditions et que pour certaines classes dans le second degré (pour l'accueil des nouveaux élèves par exemple) mais c'est totalement interdit dans le premier degré. Il y a classe dès la première heure le premier jour. On ne peut se réunir, préparer et, en même temps, être en classe devant ses élèves.

          • Phib

            Vous ne comprenez pas ce que je raconte. Dans le second degré, les journées banalisées sont monnaie courante, pour l'ensemble de l'établissement et sans AUCUNE distinction de classe, pour des cas particuliers comme projets pédagogiques spéciaux ou réunions de l'équipe (formations, projet d'établissement...). Une journée banalisée serait, il me semble, tout à fait indiquée pour la pré-rentrée.
            Quant au primaire, évidemment le cas se pose différemment. Mais soyons rassurés que notre ministre trouvera une réponse à cela. En ce qui me concerne, je ne vois pas comment interpréter ce qui se passe autrement que : on va faire EXACTEMENT comme d'habitude !!!

          • amandree0

            Dans le premier degré, tout ça (élaboration de projets, formations, réunions d'équipes....) ça se fait sur du temps hors élèves, ce qui veut dire hors les horaires scolaires (le soir, le mercredi après-midi, le samedi matin....on ne banalise pas de journée pour ça (l'école est une trop bonne garderie pour avoir le droit de rendre les enfants à leurs parents une journée de temps en temps !). Deux poids, deux mesures, avec un temps de présence devant élèves supérieur et pour un salaire inférieur- si on compte les primes de ceci et cela- alors que le statut est le même !

          • Max Geister

            Mais dans le second degré non plus, on ne banalise pas pour des concertations !
            Les deux demi-journées banalisées que j'ai pu voir en 20 ans de carrière... c'était pour décider de la marche à suivre suite à une agression !!
            D'ailleurs, dans un lycée ouvert sur 5 jours de 8H à 18H et qui emploie plus de 120 enseignants, la réunion "banalisée" va forcément : 1) supprimer des cours pour certains et 2) obliger d'autres à venir sur une demi-journée où il n'avaient pas cours.

          • Phib

            C'est ça la vie d'artiste ! Si vous saviez le nombre de fois où j'ai dû me déplacer sur des journées où je n'avais pas cours, rien que par exemple pour un conseil de classe !

          • Max Geister

            "les journées banalisées sont monnaie courante" ??????? J'ai pratiqué 20 ans dans le second degré, sur 12 établissements différents et votre affirmation péremptoire vaut bien celle des commentateurs qui traitent tous les enseignants de fainéasses.
            Sans doute généralisez-vous le cas d'un établissement d'une personne de votre entourage.

          • Phib

            Cher collègue, sachez que je ne fais que constater ce qui se passe dans mon établissement, ceux eu j'ai fréquentés depuis ma titularisation, et ceux de mes collègues et amis. La banalisation d'une journée est rare, évidemment, parce que les chefs d'établissements ont tout naturellement des scrupules à supprimer des heures de cours, et à juste titre. Cependant c'est une procédure admise, si la raison et bonne et qu'il n'y a pas d'autres solutions. J'ai moi-même été à l'origine d'un projet pédagogique culturel qui a entraîné la banalisation d'une demi-journée, et je ne parle pas des établissements qui banalisent les mercredis après-midi de rattrapage mis à profit du projet d'établissement, donc sans élèves. Donc non, mon affirmation n'est pas péremptoire, je constate ce que je vois.

  • anne dindon

    Le secondaire obtient tout au quart de tour:dommage que les rythmes scolaires ne les concernent pas sinon ça fait longtemps que ce serait bouclé!!Leurs syndicats seraient-ils plus efficaces???

    • Max Geister

      Dingue, cette guéguerre entre primaire et secondaire !! Sûr qu'au MEN et qu'au MEDEF, on boit du petit lait.
      Et le Snuipp doit avoir plus de poids que le Snes : comme les profs de lycée n'ont jamais pratiqué la grève du bac depuis 1968 et que les ados sont assez grands pour se garder tout seuls, les parents se fichent pas mal des grèves du secondaire !

  • Bidi Griche

    Je ne suis pas du tout d'accord avec l'angle que tu as choisi de développer dans ton article sur ce cafouillage au sujet de la pré-rentrée.

    Ceux qui ont critiqué les enseignants en disant qu’ils ne voulaient pas
    rentrer en août alors qu’ils ont 2 mois de vacances ne sont pas au courant du
    décret fixant nos obligations de service, qui n'est ni plus ni moins que notre
    contrat de travail....

    Bien sûr qu’une rentrée, ça se prépare. La question, pour moi, n’est pas de
    savoir si on a besoin de 1 jour, 2 jours ou 3 jours…. La vraie question est « que
    dit notre contrat de travail » ???

    La rentrée est fixée par un arrêté communiquant le calendrier scolaire. Le
    jour de la pré rentrée y est précisée. En note, il est ajouté que « Deux
    demi-journées (ou horaire équivalent), prises en dehors des heures de cours,
    seront dégagées, avant les vacances de la Toussaint, afin de permettre de
    prolonger la réflexion engagée lors de LA journée de prérentrée ».

    Nous avons donc 1 seule journée de pré rentrée, contenue dans les 36
    semaines (le décret fixe notre temps de travail à 36 semaines pas 37… en tout
    cas pas pour le moment :-s). Dans la pratique, beaucoup préfèrent
    regrouper les fameuses 2 demi journées avant la pré rentrée, donc souvent fin août ces derniers temps. Qu’on les regroupe le 29 août ou qu’on les fractionne sur 2 mercredis après-midi, peu importe, l’important est de comprendre que ces 6 h ne sont pas dues en plus des 108 h, elles doivent être déduites des 24 h de concertations.

    La question n'est pas de savoir si les enseignant font 1, 2 ou 3 journées
    de pré rentrée, ou encore de savoir si on vient bosser fin aout dans sa classe
    (au passage tout le monde s'en fiche royalement....), mais ce qui est soulevé,
    et à juste titre, c’est que nous avons des obligations de service fixées par
    décret !!

    24 h hebdo sur 36 semaines + 108 h annuelles, la pré-rentrée doit faire
    partie des 36 semaines (c'est le décret qui le dit). D’ailleurs, pour venir le
    29 aout, il faut demander la validation de son IEN (pour question d’assurance).
    C’est évident puisque nous sortons de nos obligations qui sont de 36 semaines… Regrouper les 2 demi journées le 29 août pourquoi pas, mais décomptées des 24 h…

    Après rien n’interdit le pur bénévolat… mais un contrat de travail fixe des
    règles et nous protège…

    • Lucien Marboeuf

      Pas si facile à suivre, chère amie...
      Pour faciliter la lecture de tous ici, il aurait été judicieux de donner le lien vers le décret en question. Qui j'imagine fait bien la différence entre les 36 semaines de classe pour les élèves et 36 semaines de travail pour les enseignants...