Dans l'Ohio, la bataille politique gagne les cours de récré

Mitt Romney et son colistier Paul Ryan en visite dans la ville de Celina, Ohio, le 28 octobre 2012. (BRIAN SNYDER / REUTERS)

La petite bourgade de Celina, dans l'ouest de l'Ohio, se trouve malgré elle prise dans le tourbillon de la campagne présidentielle. Des élèves du lycée municipal accusent l'administration de les avoir injustement sanctionnés après qu'ils ont manifesté leur soutien à la communauté gay. Simple mesure de maintien de l'ordre, affirme l'établissement. Décision biaisée, affirment les étudiants.

Difficile pour les habitants de cet Etat clé de garder la tête froide : l'Ohio, considéré comme une prise quasi-indispensable pour l'emporter le 6 novembre, fait l'objet depuis des semaines d'un véritable matraquage publicitaire de la part des deux campagnes.  L'incident est d'ailleurs survenu deux jours après une visite de Mitt Romney et Paul Ryan dans l'établissement, dimanche 28 octobre.

L'histoire commence par une facétie de deux lycéennes : lors du "Twin Day" de l'établissement, qui célèbre les jumeaux, elles arborent des T-shirts qui portent l'inscription "Lesbienne n°1" et "Lesbienne n°2". Dans ce comté très conservateur, qui a voté à plus de 70% pour John McCain en 2008, la blague passe mal, et les demoiselles sont priées d'y mettre fin. Le frère de l'une d'entre elles, Jimmy Walter, interrogé par US News, affirme qu'elles font alors l'objet d'une agressivité injustifiée.

Les pro-life laissés en paix

Mardi 30 octobre, il enfile avec plusieurs camarades un t-shirt de soutien aux droits des gays, mariage pour tous notamment. Nouvelle sommation des cadres de l'établissement. Mais cette fois, elle est assortie de sanctions pour les récalcitrants, dénonce Erick Warner, l'un des organisateurs, sur le site Reddit (sous le pseudonyme de KyraGrace).

Le problème ? "Le lycée soutient [à l'inverse] le club pro-life (anti-avortement) de l'établissement. Ils ont leurs propres T-shirts, qui arborent un fœtus et des messages pro-life", et "qu'ils portent quand ils veulent", explique le lycéen au site HyperVocal. "Si ça ce n'est pas politique!"  Pour se défendre, le proviseur Jesse Steiner affirme que les étudiants n'ont pas été interpellés à cause du message en lui-même, mais parce qu'ils troublaient le fonctionnement normal du lycée. Mais les principaux intéressés, dont certains auraient reçu des heures de colle, selon les organisateurs, affirment que c'est bien le caractère politique du message qui a été invoqué au moment des faits.

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