L’autorité des psychanalystes à l’épreuve de l’autisme

Cea

Avez-vous déjà entendu parler du film Le mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ?

Pour celles et ceux qui n’en ont pas encore eu d’échos, il s’agit d’un documentaire réalisé en 2011 par Sophie Robert. Le film présente le point de vue de plusieurs psychanalystes à propos de l’autisme. Ce documentaire a beaucoup fait parler de lui car il est sorti au moment du débat sur la prise en charge des personnes avec autisme opposant les théories psychanalytiques et comportementales.

Après la diffusion du documentaire, trois des psychanalystes qui y sont interviewés ont décidé de poursuivre la réalisatrice, la production du film et leur partenaire Autistes sans Frontières car ils estimaient que leurs propos avaient été déformés.

Depuis deux ans, cette affaire a connu de nombreux rebondissements judiciaires. Et en ce début d’année, il y a encore du nouveau. Retour sur les grandes lignes de cette affaire :

 - En septembre 2011, le film est diffusé pour la première fois sur le site de la fédération Autistes sans Frontières.

 - Trois psychanalystes apparaissant dans le film poursuivent la réalisatrice pour atteinte à leur réputation.

 - Un premier procès se déroule en décembre 2011.

 - Le jugement est rendu en janvier 2012 : le tribunal de grande instance de Lille interdit la diffusion du film et la réalisatrice est condamnée à verser des dommages et intérêts.

 - Sophie Robert fait appel.

 - Second procès en novembre 2013.

 - Le 16 janvier dernier, la cour d’appel de Douai infirme de jugement du tribunal de Lille et reconnaît que les propos des psychanalystes plaignants n’ont pas été dénaturés. La diffusion du documentaire est à nouveau autorisée.

La victoire de Sophie Robert est plus qu’une victoire juridique, c’est aussi une victoire sociale face à « l’autorité des psychanalystes »1. Comme le dit Samuel Lézé, on peut se demander pourquoi les acteurs de ces pratiques (psychanalytiques) ne finissent pas par se rendre compte de leur inefficacité. Pourquoi la magie se maintient-elle sans preuves et n’aboutit-elle pas à sa critique ? Le « combat » de la réalisatrice Sophie Robert soulève donc une question d’ordre sociologique : comment la psychanalyse peut-elle encore se maintenir en France ?

1. Lézé, S. (2010). L'autorité des psychanalystes. Paris : PUF.

Après deux ans de combat juridique, vous pouvez donc maintenant voir le film de Sophie Robert, dont voici un extrait :

Pour avoir des informations fiables et actuelles sur l’autisme :

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  • marane

    Dans ce "Mur", des psychanalystes s'y sont laissé piéger, bien fait pour eux ! Les (belles) promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. Il s'agit bien de "l'autorité", vacillante pour la psychanalyse en tant que doxa et que pouvoir quasi hiérarchique. Le "que vous êtes joli, que vous me semblez beau" de la réalisatrice a parfaitement fonctionné, et ils ont ouvert, les psychanalystes en question, leur large bec. Pas de chance, c'était pas une copine, pan sur le bec.
    Le respect pour les pouvoirs encore hier constitués en prend un coup, pardi.
    Voici qu'on nous convoque les nouveaux sachants.
    Je te passe une blouse blanche, et je te montre des présentations de cerveaux multicolorisés par la RMNf. Le cerveau, vous dis-je, et les Docteur Z, les ex-psychiatres reconvertis en encéphalogues vous expliquent pourquoi votre fils est autiste, c'est le cerveau.
    On est plus guère avancé, le cerveau, c'est loin, loin, comment y arriver. On the road, again...... Comment on lui cause au cerveau, est-ce que ça fonctionne tout seul, dans son bocal, agité comme il se doit. On se rassure, le cerveau, il est dans nos doigts, nos esprits, nos gestes, nos préoccupations, nos rêves, nos amours et nos haines, nos con-comportementsn ah ceux là, la belle histoire. Tous ça, ça redevient humain, et puis c'est si compliqué le cerveau, tout comme l'âme humaine, finalement ça doit y ressembler, non ?

    Comment la psychanalyse peut-elle se maintenir en France ? Elle finira, sous les coups de boutoirs répétés, par succomber, d'abord comme pouvoir, c'est presque fait, et puis sans doute comme pratique centrale dans toute une série de domaines, et puis peut être comme pratique périphérique.

    Faudra-t-il sabler le champagne pour autant ? Je crains que non. Simplement un nouveau conformisme, borné comme le précédent, aura remplacé l'ancien.
    Les encéphalogues et les psychologues scientifiques paraderont sur la crête de leurs quelques certitudes, un cadre de nouveaux poncifs sera le nouvel air du temps. Tout cela arrivera alors qu'aux États Unis l'opinion, lassée des parties de cerveau en l'air et des con-comportements, réclamera du neuf, de l'âme, du psy, et la psychanalyse, pour un nouveau tour de manège, reviendra les enchanter. Encore une fois nous serons en retard d'une mode, peuchère. Mais ceci est une autre histoire

  • Aziel

    Peut être des psychanalystes
    fument une partie de la garniture des divans en cachette. Ils la
    remplacent ainsi par des billets de banque.

    Rappelons pour les profanes non initiés que seul l'argent
    liquide psychiquement apparenté au fluide vital est susceptible de transmettre le
    flux d'énergie sexuellement non transmissible au psychanalysé au travers de la
    barrière de son Inconscient à l'instar de la membrane cellulaire originelle.

    Mention légale: Ceci est une blague incompressible issue de
    ma matrice dite « imagination » et donc non justiciable ni sujette à des
    dommages et intérêts à 3 millions d'euros par mot.

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