L'heure du revenu de base est-elle venue?

Il y a quelques semaines, un camion rempli de millions de pièces de monnaie a été déversé devant le parlement suisse; en même temps, a été apporté la liste de 125 000 signatures nécessaires pour la mise en place d'un revenu de base en suisse. Son montant n'a pas été précisé, mais les promoteurs de l'initiative proposent 2500 francs suisses par mois par adulte, et 625 par enfant de moins de 18 ans; soit environ respectivement 1 900 et 500 euros. Cela peut sembler beaucoup mais la Suisse est un pays riche, et ces montants correspondent au seuil de pauvreté du pays. En France, l'équivalent correspondrait à des montants d'environ 950 et 300 euros. Du coup, cette idée ancienne refait débat. Elle a les honneurs du New York Times, il y a une initiative européenne sur le sujet, on en parle dans tous les pays. En ces temps de débats mornes, d'austérité et de croissance en berne, et si le revenu de base était une utopie raisonnable? quelques éléments du débat.

Qu'est-ce que le revenu de base?

le revenu de base, ou revenu inconditionnel, consiste à verser à chaque membre d'une communauté politique un revenu inconditionnel permettant à chacun de vivre au dessus du seuil de pauvreté. Le mot clé est inconditionnel. Cela ne dépend pas du fait de travailler ou non, de conditions d'âge, ni même de conditions de revenus; le sdf reçoit exactement le même montant que Liliane Bettencourt au titre du revenu de base; en France, cela donnerait environ 2500 euros par mois pour une famille de deux parents et deux enfants, 900 euros par mois pour un adulte. Ensuite, les gens peuvent compléter ou non cette allocation avec des revenus supplémentaires, et celle-ci est soumise à la fiscalité générale comme tous les revenus.

Combien ça coûte?

Très cher. Si l'on considère la population française, et les montants ci-dessus, cela correspond à environ 650 milliards d'euros par an; Soit un tiers du PIB total. Il faut cependant nuancer ce montant en se souvenant que cela viendrait se substituer à toute une série de dépenses sociales déjà existantes. Le RSA, la prime pour l'emploi, les allocations familiales, la partie des retraites jusqu'au montant de base, allocations chômage, etc. Par ailleurs, le dispositif a le grand avantage d'être très simple à administrer, ce qui permettrait de réaliser des économies budgétaires par rapport à tous les dispositifs existants. Pour certains de ses promoteurs, cela permettrait aussi de considérablement flexibiliser le fonctionnement de l'économie; il deviendrait par exemple possible de libéraliser le fonctionnement du marché du travail, de réduire le montant du salaire minimum, supprimer de nombreuses régulations dommageables à l'emploi, de supprimer la distinction activité et retraite, toute une série d'aides à l'emploi peu efficaces, sans conséquences dommageables pour les salariés qui ne seraient plus soumis à l'obligation de travailler pour vivre.

Mais il ne faut pas se leurrer : cela représenterait un coût très important, une extension majeure de l'état-providence sous une forme très différente du système actuel. Cela dit, c'est moins radical qu'il n'y paraît, parce que le système actuel coûte déjà très cher, pour des résultats décevants par rapport à son coût.

Plus personne ne voudra travailler!

C'est la crainte principale des adversaires du dispositif. Sans la pression de devoir travailler pour vivre, l'incitation à travailler disparaîtrait, et avec elle les revenus nécessaires pour financer le revenu de base. Il se trouve que cette idée a été testée; le revenu de base est l'une des rares utopies ayant fait l'objet d'expérimentations dans les années 70. En versant à des gens choisis au hasard une allocation correspondant au seuil de pauvreté, il est apparu une réduction du temps de travail de l'ordre de trois semaines à un mois par an. Peu de gens accepteront de faire des emplois désagréables et mal payés s'ils touchent déjà le revenu de base. Pour les promoteurs de l'idée, c'est une conséquence désirable du système; offrir aux gens la liberté de choisir vraiment de travailler, sans la contrainte de survie, les émanciperait réellement. Un revenu de base au niveau du seuil de pauvreté, par ailleurs, n'est pas l'abondance. De nombreuses personnes souhaiteraient compléter cela en travaillant à plein temps. Les employeurs devraient alors offrir des emplois et des conditions de travail réellement attrayants pour attirer du personnel.

Certes, on risque de voir des segments de la populations perdre le contact avec le travail de façon durable, sur des générations. Mais les diverses réformes des années récentes, consistant à accroître les incitations à travailler, n'ont pas eu d'effet très probant. Subordonner les allocations au travail conduit effectivement les pauvres à travailler, mais dans des emplois faiblement productifs et peu rémunérés, dont il est très difficile de sortir. On remplace la trappe à inactivité par une trappe à pauvreté, pour satisfaire des a priori idéologiques contestables.

Se pose également la question de l'avenir du travail. De nombreux économistes craignent que l'évolution technologique ne conduise à rendre de nombreuses personnes aussi inemployables que le sont devenus les chevaux au 20ième siècle. Ces craintes ne sont pas certaines mais il n'est pas inutile de réfléchir à des utopies concrètes si le travail vient effectivement à disparaître petit à petit, sauf pour une minorité.

Pourquoi en parle-t-on si peu?

Le revenu de base est poussé par un ensemble assez hétéroclite. Des écologistes, mais aussi des libéraux, ou encore Christine Boutin ou Dominique de Villepin en France se sont déclarés favorables à la mesure. Lorsqu'un écologiste apprend qu'il a une idée commune avec Christine Boutin, l'esprit de clan fait qu'il pense qu'il doit y avoir un malentendu. Partout, c'est le même attelage improbable qui est favorable au revenu de base, constitué d'activistes d'extrême-gauche utopistes et de libéraux affirmés (Milton Friedman ou Charles Murray se sont déclarés favorables à la mesure). Pour les premiers, il s'agit d'un moyen de mettre fin au capitalisme, pour les seconds, de faire disparaître la bureaucratie de l'état-providence. Pas étonnant qu'ils aient du mal à constituer un front uni. L'idée intéresse aussi des scientifiques plus nuancés, comme le belge Philippe Van Parijs ou l'anglais Tony Atkinson. Mais elle reste en dehors de la fenêtre d'Overton et n'est tout simplement pas débattue.

Sur le papier, elle semble séduisante et générerait probablement de nombreux problèmes en pratique; l'idéologie managérialiste de notre temps n'est guère favorable aux idées simples, qui sont rapidement noyées dans la complexité et les arbitrages politiques. Mais c'est une idée qui a plus de mérites que son absence du débat public ne suggère. Le referendum suisse sur le sujet lui donne un éclairage bienvenu.

A lire aussi

  • Toto

    Et, avantage de taille, on pourrait aussi en profiter pour supprimer l'armée. (Vous aviez oublié ce genre de boulots :) (heureusement que j'suis passée par la))

    • brinde lucidite

      Non cela ne corresponds pas au projet RBI ... on peut remplacer l'armée par service civile ou plus rien... et ça ne sera pas conditionné au RBI ... le RBI est INCONDITINNEL ... tout comme les détenus qui avec leur RBI payeront partie de leurs frais (pas la location des bâtiments évidement non leur pain, draps, etc-... (c'est mieux que se soit toute la collectivité) comme avant détention... le RBI est Insaisissable

      • Toto

        Nan, mais j'ai fais cette reflexion, par rapport a l'auteur. (après, si ca se trouve, il travaillle a Saint Cyr, le lieu, et pas l'école)

        Oui, j'étais d'humeur a taper droit dans l'égo.

        Parce que quelque part, "une extension majeure de l'état-providence" on a quand même le droit de rappeler que l'état providence existe, réellement, et en l’occurrence, c'est surement plus les profs d'éco de Saint Cyr qui en profitent, que les pauvres en tous genre.

        (et re : si si, un revenu de base, peut aussi servir a ca : que les boulots qui aujourd'hui concrètement servent surtout a entretenir des gens qui jouent a apprendre la guéguerre, ne soient plus tellement loués. (et meme qu'ils auraient eu aussi, le droit de choisir faire un boulot qui ait du sens)))

        (et accessoirement, 37 milliards (budget de l'armée) ca peut toujours très bien servir comme partie de financement du revenudebase.)

        voila voila.

        • claude01

          Supprimé l'armé c'est aussi supprimé la gendarmerie et autre
          pompier, police....

          • Toto

            (ben nan, les pompiers sont utiles, eux) (mais j'ai dit que je sortais)

  • Toto

    (z'avez pas passé mon comm? Trop décue je suis)
    Je vais donc devellopper un aspect non négligeable de ce fameux revenu de base. Nous ne serions plus obligés, pour avoir de quoi manger, de faire des boulots, donc la finalité, a hélas un but totalement nuiisible pour l'ensemble de la communauté.
    (Nan, mais c'est qu'il faudrait d'abord, en fait, parfois, penser a réduire les couts ouvertement dangeureux, de notre cher état)

    (DE RIEN°

    • brinde lucidite

      Le fait de ne plus être obligé de "sacrifier son existence" pour les besoins de base ne dispense pas de bosser(80% de la pop. continuerait à bosser avec un RBI! voir film gratos internet "RBI une impulsion culturelle") , créer une activité rémunérée, pour développer d'autres projets -au contraire le RBI y invite- car il est conçu justement comme un socle (plutôt qu'un filet social en cas d'échec) pour entreprendre (on n'entreprends plus pour subsister mais on entreprends par ENVIE...! voyez vous la différence) Le RBI nous invitera à développer la créativité, les talents -inutilisés par les employeurs- et participer plus consciemment et sereinement à l'activité économique qui sera plus au service de l'être humain et non plus une "chaine existentielle" ! Découpler revenu et salaire représente une option bien plus raisonnable et économique que de "compétir" tout azimut car la compétition effectivement comporte des coût collatéraux extravagants !! Le RBI procurera un pourvoir de négociation salariale bien plus important que son absence... il ne faut pas être énarque pour accepter une telle évidence !!!

      • ernestP

        dans un monde parfait & équilibré ça aurait un sens...

        mais dans le monde actuel ça semble plutôt absurde surtotu aujourd'hui sachant que 900euros c'est juste combien de fois le salaire mondiale moyen ? pour des gens qui bossent hein :p

  • encore et encore

    Inciter et encore inciter certains à ne pas être autonomes ! on va dé responsabiliser les fainéants !certains vivront à l'étranger et se feront envoyer les 900 € en Thaillande ou dans un pays où la vie est moins chère !

    • Marina Lebas

      Lorsque Sarkozy a voulu faire travailler ceux qui percevaient le RMI quelques heures par mois, cela a été un tollé général de la gauche et pourtant l'idée était bonne cela aurait permis à ceux qui le touchaient de retrouver le monde du travail et pourquoi pas trouver un travail mais voilà en France la solidarité n'est que dans un sens
      Les suisses n'auraient pas agit ainsi

      • jérome

        Trop de demandeurs pour le nombre de places disponibles. Ca n'aurait rien changé sauf remplacer quelques pions par d'autres.
        Faut être lucide, le système s'effondre. Tout augmente, les taxes font fermer des milliers d'entreprises par an. Rien qu'en prenant pour exemple le rsa, c'est de l'argent qui sort des entreprises, qu'elles fonctionnent, ou non. Ca taxe bêtement sans se préoccuper des conséquences. Du coup les ouvriers sont des fardeaux au lieu d'être des atouts. Passer l'argent avant la personne tel est la conception du système actuel. Ca ne peut plus durer.

      • encore et encore

        En Suisse la base de travail c'est 45 H hebdomadaires , et en France on se plaint !

    • boudupont

      ça veut dire quoi être Autonome (avec un A et pas un a )?

      • encore et encore

        ???????????????????????

        • boudupont

          Ben oui, quand vous écrivez "inciter à ne pas être autonome" quel sens apportez-vous à autonome dans cette phrase ? Est-ce qu'être autonome signifie vivre du seul revenu de son activité salariée?

          • encore et encore

            sans avoir besoin des autres , sans se plaindre , sans pleurer misère chaque fois que l'on a un petit souci , les hommes les vrais se font rares .être à la hauteur !Savoir prendre sa valise quand il le faut , sans ronronner dans les pattes de ses parents , se moucher tout seul Voilà ce qu'est l'autonomie dont je parle !

          • encore et encore

            Parfaitement , c'est se prendre par la main se conduire en responsable de sa vie , de ses actes , ne pas attendre après des droits , anticiper , et bouger , !

          • boudupont

            Suis pas sûr que vous définissiez ici l'autonomie, on dirait plutôt une définition de l'individualisme ou de l'indépendance...Or nous sommes tous interdépendants. Mais sinon peut-être que 900 euros par mois peuvent permettre à des gens de quitter le travail dont ils n'ont pas envie pour être plus investis dans d'autres formes de travail, jusqu'ici non reconnues parce que non salariées et qui pour autant contribuent à l'avenir de la société comme par exemple et entre autres, s'occuper de ses enfants...De ses ascendants, de son prochain quelque soit le support....

  • superyahoo

    S'appuyer sur les suisses, c'est bien, mais il faut alors avoir un regard d'ensemble. La politique ? Les mandats sont souvent d'une seule année : pas de temps perdus à faire campagne, résultats jugés dans l'immédiat. Le principe de démocratie ? Il y a en moyenne un référendum par trimestre, avec brochure documentée du pour et du contre. Le travail ? Il n'y a pas de CDI, ce qui rend l'embauche facile (avec des contrats à 100, 80, 50% ...) et le chômage très bas (2 à 5% selon les cantons, et une moyenne de chômage généralement inférieure à 6 mois). Les salaires ? Supérieurs à 5000 euros / mois dans la plupart des domaines d'activité, ils donnent envie de travailler. La retraite ? Le système de solidarité existe, mais le suisse peut choisir de ne cotiser que pour lui. L'immigration ? Les étrangers ont un permis de travail différent, paient un petit impôt supplémentaire et ne sont pas prioritaires sur les postes, mais les clivages sont moins importants qu'en France. Les prélèvements et impôts ? Ils sont faciles à comprendre sur la feuille de salaire. Mais fini les 50 000 aides ou niches fiscales. Retour à la réalité, à peu près tout se paie. >> Alors oui, le revenu minimum semble super, mais cela enclencherait des révolutions dans de nombreux domaines. Encore faut-il que les politiques français y voient un intérêt.

  • LEVADOUX

    J'ai été d'accord avec ce schéma, quand j'étais encore jeune et pleine d'illusions. Aujourd'hui, je pense que l'obligation de travailler, pour un nombre important de personnes, leur permet de "tenir debout" : 9 français sur 10 aiment leur travail (le titre était : 1 français sur 10 n'aime pas son travail (!)) et se lèvent le matin, pour aller travailler. Aujourd'hui, je suis à la retraite, et j'avoue, de temps en temps, avoir du mal à me lever, car les occupations que je me suis créées et que je désirais ne suffisent pas toujours à me "tenir debout".

    • Toto

      Ben va bosser gratuitement n'importe ou. (DE RIEN) (ok, je sors, je sors)

  • ACD

    Cent fois oui !
    Tout d'abord, cessons de nous battre avec l'innovation. Elle détruit constamment des emplois et nous passons notre temps à chercher de nouveaux emplois en misant sur.... l'innovation. Le parallèle avec les chevaux au XXeme est pertinent.
    Ensuite, le gain économique possible en simplifiant l'administration du pays est énorme.
    Enfin, cessons l'argument du "plus personne ne travaillera". Chacun pourra contribuer à la société mais pas forcément par une action salariée, par l'associatif par exemple. Voir dans ce sens le dynamisme de la communauté open source sur Internet, un bel exemple. A noter que les grandes avancées scientifiques des derniers siècles ont été faites par des hommes n'ayant pas vraiment de souci d'argent, mais opérant par passion pour la science.

    De plus tout le monde voudra augmenter son niveau de vie. Mais cela se fera sans la violence du système socio-économique actuel qui se résume à "si tu n'as rien à vendre tu crèves".
    Si 9 personnes sur 10 aiment leur boulot, alors elles continueront à se lever pour aller bosser, mais dans des conditions rendues humaines.
    Un gros verrou en France : l'héritage judéo-chrétien : "dans la vie, faut en chier".

  • shatonga

    900 euros en plus de mon salaire. Je pourrai signer, mais je préfère payer 900 euros de moins en impôts sur le revenu.

    • jérome

      Plus tu payes d'impôts et plus t'en as dans le portefeuille. Il faut payer des impôts c'est normal, si ils sont bien sur raisonnable, pas comme aujourd'hui.

  • LEVADOUX
    • FiltreToutesVosInfos!

      Faut pas lire que les titres et faut pas mal les interpréter non plus.
      Va voir sur ton lien, tu verras qu'il y a du texte sous le titre, ça s'appelle un article.

      Donc oui j'ai bien ri 5 minutes

  • LEVADOUX

    Il s'agit bien là de méthodes de vieux poulet : insulter et provoquer pour amener le faux-pas. Je suis hermétique à ce genre de méthode, j'ai beaucoup manager -et oui, je suis vieille !-, et je ne perd pas de temps avec ça. Amusez-vous bien.

    • FiltreToutesVosInfos!

      Je m'était excusé pour ça mais c'est pas encore validé...

      La phrase que tu cherches et certainement celle-ci:

      Ne cherchez pas à mener un débat avec des imbéciles.
      Ils vous rabaisseront à leur niveau puis vous battront sur ce terrain là avec leur expérience.

      source:
      “Never argue with stupid people, they will drag you down to their level and then beat you with experience.”
      Mark Twain

      • Hélène Millaud

        c'est une réalité!!!

  • Marina Lebas

    Nous avons un revenu minimum, maintenant ce serait un don minimum, d'accord pour les retraités, les handicapés ou les chômeurs à addition qu'ils qu'ils ne fer usent pas les emplois qui leur sont proposés
    Mais nous vivons dans un pays où l'on donne des aides sociales à outrance : résultat une immigration non choisie et sans compétence
    La Suisse est un petit pays environ trois départements français pour y venir en tant qu'étranger il faut : un permis de travail et du travail , un logement , parler la langue et respecter les lois, autrement c'est l'expulsion sans aucune aide au retour
    De plus la mentalité n'est pas du tout la même qu'en France, c'est un pays zen où il fait bon vivre, sans jalousie pour les autres qui tient à sa tranquillité et sa propreté et au respect de tous
    De plus c'est une confédération où les politiques et les médias restent neutres et le patronat n'a pas la grosse tête

  • jérome

    La plupart des gens sont pessimistes ça me fait peur. S'enfermer sur soi, être content de bosser 35h pour 1100 pauvres euros avoir peur d'une évolution sans réfléchir sur la question ni même se renseigner un minimum. Le Revenu de base évite le gaspillage et relance l'économie, les 2 millions de millionnaires qui bloquent l'argent dans le marché du lux et du prout prout en France n'ont pas eu leur argent comme par magie, ils ont profité du système actuel, volé le temps de leur ouvriers et c'est l'argent que les autres personnes n'ont pas pu recevoir. Et ce n'est qu'un exemple.

  • Colibric41AC

    Les jeunes ne rêvent que de starification. Tant qu'ils auront la béquille du revenu universel ils tenteront de réaliser leur utopie.
    Le moindre service, coiffeur etc deviendra hors de prix. Tout augmentera et ceux qui travailleront encore ne pourront pas subvenir aux besoins du système.
    Les étudiants ne feront plus les efforts nécessaires pour réussir leurs études censées leur garantir un bon emploi. Le niveau de compétence global va chuter.

    D'où sort cette idée que les gens vont au travail la fleur au fusil, les vacances sont le graal, l'idée de repousser l'âge de la retraite est odieuse. Et ils vont travailler si on les paie toujours à rester chez eux ?
    Comme si on n'était pas capable d'estimer la tendance avec le RSA aujourd'hui qui est déjà une forme d'allocation universelle ?
    Je suis pour qu'il y ait un débat et même des expériences concrètes, mais je n'ai guère d'illusions.
    S'il y a suffisamment d'imbéciles pour penser que çà fonctionnera et pour payer pour les autres, tant mieux, moi en tout cas je resterai au chaud grâce à votre naïveté.

    • Olivier

      Cela peut marcher si on apprend à l'école l'entreprenariat.

    • boudupont

      Et pourtant là où cela a été testé, il n'y a que des retours positifs...

    • Khaur

      "Les jeunes ne rêvent que de starification."
      Ah bon ? Je suis jeune, de même que la plupart de mes connaissances, mais je ne connais personne qui ne rêve que de starification. Certains d'entre eux ont même des projets concrets d'entreprise (et non des utopies), qu'ils ne peuvent pas réaliser faute de "béquille". Mais peut-être avez-vous une source (fiable de préférence)?

      "Le moindre service, coiffeur etc deviendra hors de prix. Tout augmentera et ceux qui travailleront encore ne pourront pas subvenir aux besoins du système."
      Ça reste à démontrer… les coiffeurs percevront eux aussi le RBU, ce qui veut dire qu'ils auront moins besoin de faire des bénéfices pour subvenir à leurs besoins. Quel effet dominera reste à déterminer.

      "Les étudiants ne feront plus les efforts nécessaires pour réussir leurs études censées leur garantir un bon emploi."
      L'incitation à poursuivre des études ne disparaîtra pas complètement: elles permettront toujours d'accéder à des emplois plus agréables ou mieux payés.
      En revanche, les étudiants n'auraient plus le couteau sous la gorge sur un point de vue financier, et ne seraient plus contraints d'abandonner prématurément leurs études pour un emploi pour lequel ils sont surqualifiés, ou d'avoir un travail à temps partiel qui les empêche de se consacrer pleinement à leurs études (avec redoublement/abandon à la clé).

      Le RSA est bien différent du RBU puisqu'il est perdu lorsque l'on trouve un emploi, ce qui fait que le gain marginal est bien inférieur au salaire net, or c'est bien le gain marginal qui compte pour l'incitation.

      Je ne nie pas que les effets que vous citez se produiraient, mais la question est dans quelle mesure, et il ne faut pas oublier les effets qui agiraient en sens contraire.

  • Michel van der Masnova

    900 euros pas mois sans travailler moi je dit ouiiiiiiiiiii

  • fifokaswiti

    Un aspect de la question que je ne vois jamais évoqué, c'est l'influence d'un revenu de base sur les prix. Intuitivement, si les gens ont plus d'argent, alors les prix vont augmenter. Si on pousse un peu plus le "raisonnement" (qui est intuitif donc peut-être faux, mais je n'ai que des bases de microéconomie), la mise en place d'un RBI va avoir des conséquences différentes en fonction des populations :
    - pour les très riches : ça ne change rien (principe de l'utilité marginale diminuante)
    - pour les très pauvres : ça ne change rien, ou pas grand-chose (substitution des aides sociales existantes par le RBI)
    - pour les classes moyennes : gros bonus
    En fonction de la distribution de la population dans ces deux dernières catégories (on va dire que Liliane Bétancourt a une influence négligeable sur la consommation agrégée du pays, hein) on peut se retrouver avec des gros déséquilibres, du type les aliments de base ne fluctuent pas mais le prix de l'immobilier explose et vient compenser peu ou prou l'augmentation de revenu des classes moyennes… et contribue à expulser les pauvres des zones centrales des agglomérations. (Ou alors, les HLM font partie des aides sociales qui ne sont pas remplacées par le RBI ? Avec un effet de seuil : quid des gens qui bossent peu et sont mal payés, juste assez pour ne plus avoir droit au HLM ?)

    • PaldaChlyo

      Je ne suis pas sur que, pour la question du logement, les choses iront ainsi. Je pense plutôt que la répartition sur le territoire se fera plus naturellement, qu'il y aura moins de concentration dans et autours des grandes villes. Les gens (pas tout le monde non plus car il y a toujours ceux qui se laissent porter) devraient voir leur esprit d'entreprendre se développer (sans crainte d'avoir des fins de mois trop difficiles) et, pourquoi pas, s'installer dans les villages et apporter ainsi la vie à ces communes désertées ... Du coup, les prix de l'immobilier devraient plus s'uniformiser par le bas il me semble.

  • encore et encore

    le mieux c'est que le peuple reprenne son destin ! La politique c'est du flan , des mensonges , depuis le temps si on avait voulu que ça tourne rond cela serait fait ! Pas un politique ne tient ses promesses , tout est du vent !c'est un métier la politique , c'est s'affronter avec des paroles , mais pas avec des actes concrets .

    • PaldaChlyo

      C'est un métier et c'est justement ça qui n'est pas normal : la politique ne devrait pas être un métier. Et c'est vrai que les promesses ne sont valables que pour ceux qui les écoutent :-)

  • bigben

    Bonjour,
    Merci pour cette synthèse bienvenue sur le RBI.
    Est-ce que des expériences ont déjà été tentées ? (A petites échelles)
    Économiquement parlant, quels sont les résultats attendus ? de l'inflation en plus, du chômage en moins ?
    J'ai cherché un peu sur le web mais n'ai vu que des militants pour ou contre.

    Merci d'avance
    Bigben

  • Cathy Erel

    le RSA une misere c honteux

  • Olivier

    Le Revenu citoyen, c'est le chaînon manquant du parfait capitalisme. Regardez le jeu du Monopoly : tous les mois la banque vous donne un salaire qui vous permet de prendre des risques d'entreprenariat afin de gagner plus ou perdre de l'argent tout en continuant de vivre sereinement !

  • guillaume

    Le seuil de pauvreté est relatif, ne risque-t-on pas de voir les prix simplement grimper pour les produits dont l'offre est limitée, par exemple le logement, et annuler de fait l’émancipation vis à vis du travail?

    • FredP

      Bonjour à a tous!
      tout d'abord un grand Merci a Mr Delaigue pour son blog ! :-)
      J'ai la même question que "guillaume", Qu'elle est l'influence sur les prix?
      Quelle est la corrélation entre le seuil de pauvreté et les revenus dans la population?
      Le même question posée plusieurs fois sur ce blog , mais pas de simulation ou d'étude citées.
      Bonne journée

      • jérome

        Il me semble qu'ils avaient parlé d'un bloquage des prix, j'ai donc pensé aux prix proposé par les petits commercants et aux grandes surfaces ou tout simplement tout ce qui s'achète (Pas comme le passage à l'Euro ...). Sinon pourquoi un revenu de base ? Si c'est pour inciter à l'accumulation de richesse et donc créer un plus grand fossé entre ceux qui en ont vraiment besoin et les plus fortunés.

  • http://www.propositions-audacieuses.net Jacques Heurtault

    A lire certains commentaires, je me demande si tout le monde a bien compris la différence FONDAMENTALE qu'il y a entre "Revenu Minimum" et "Revenu de Base Universel".
    Sans doute faut-il apporter les précisions suivantes :
    1. Le Revenu Minimum est une allocation dite "différentielle". Si les revenus autres de la personne n'atteignent pas le niveau de seuil fixé, alors la puissance publique, d'une façon ou d'une autre, verse une allocation différentielle qui vient compléter les revenus de la personne afin que, globalement, ceux-ci atteignent le seuil fixé.
    2. Le Revenu de Base Universel, lui, ne relève pas du tout de la même logique! Dans TOUS les cas, toute personne reçoit ce revenu même si elle a de quoi vivre largement par ailleurs (ce qui est le cas de Madame Bettencourt!).
    On voit immédiatement qu'un problème politique majeur se trouve posé ... Il ne fait aucun doute que la mise en oeuvre d'une telle allocation soulèverait un tollé de la part du plus grand nombre (qui ne comprendraient pas qu'elles en seraient pourtant elles-mêmes bénéficiaires ...).

    Pour résoudre cette difficulté (qui est très loin d'être mince!), il faut donc prévoir AUSSI son financement ... Sur la base de 500 euros par mois et par personne physique, il faut prévoir un financement de l'ordre de 450 milliards d'euros, c'est à dire pratiquement une fois et demi le budget de l'Etat!
    Il y a deux matières imposables fondamentales :
    - les revenus
    - les patrimoines
    Rien n'interdit d'asseoir ce nouvel impôt sur les patrimoines plutôt que sur les revenus ... C'est un CHOIX politique!
    Bien entendu, les payeurs ne seront pas les biens taxés mais les PROPRIETAIRES de ces biens ..., c'est à dire des PERSONNES (physiques ou morales)....

    Je ne souhaite pas assommer les lecteurs avec des détails ... techniques.
    Ceux et celles qui veulent en savoir plus pourront se rendre sur mon site personnel que j'ai créé depuis 9 annnées (Septembre 2005).
    http://www.propositions-audacieuses.net