Catalogne : des référendums d'autonomie à venir en Vénétie et en Lombardie

Le référendum catalan pourrait encourager les envies indépendantistes en Italie. En Vénétie et en Lombardie, deux référendums se tiendront le 22 octobre. L'enjeu : plus d'autonomie pour ces deux régions. 

Au chapitre des réactions italiennes au référendum en Catalogne émaillé par des violences policières, la plus vive est venue du Mouvement 5 étoiles, le parti antisystème fondé par l’ex-comique Beppe Grillo. Le parti a clairement critiqué le gouvernement espagnol : « La corruption en Espagne et en Italie, ça on la tolère. Un peuple qui décide, comment, quand et pourquoi voter par contre, non. Et vous appelez ça la démocratie ! ».

Matteo Salvini, le leader de la Ligue du Nord, parti d’extrême-droite et qui se bat pour l’indépendance des régions du nord de l’Italie depuis plus de 20 ans a défendu lui aussi le peuple catalan. Il a voulu toutefois rassurer les habitants de Lombardie et de Vénétie qui sont appelés aux urnes le 22 octobre pour un référendum sur l’autonomie de leur région, précisant que « leur choix est totalement différent de celui de la Catalogne ». « Nous avons choisi une voie pacifique, dans le respect des règles. Le 22 octobre il n’y aura pas de policiers ». Le gouverneur de la Vénétie l’assure : le référendum - qui n'aura aucune valeur légale - se fera « dans la légalité et le respect de la Constitution », mais se dit prêt à « aller en prison » pour défendre les « vénitiens ». Pas question pour les deux régions de parler de séparation et d'indépendance par rapport à l'Italie, mais bien d'acquérir plus d'autonomie grâce à leur statut spécial comme bénéficient déjà des régions comme la Vallée d'Aoste, la Sardaigne, la Sicile ou encore le Frioul.

L'indépendance fiscale

Au cœur des revendications indépendantistes : la fiscalité. La Lombardie et la Vénétie sont les deux poumons économiques du pays. En versant près de 70 milliards d'euros par an en impôts, les deux régions participent à environ un quart du PIB italien. Un transfert de richesse jugé « insupportable et inacceptable » par la Ligue du Nord qui souhaiterait garder 80 % de cette somme sur son territoire. Depuis des années, elle dénonce un « Mezzogiorno assisté, bon seulement à gaspiller le fruit du travail des régions les plus économes et industrieuses ».

Les pulsions indépendantistes en Italie

Depuis 1997, la tendance au fédéralisme et à l'autonomie ne cesse de croître dans les régions du nord de l'Italie. Selon un sondage publié par Il Messaggero, les indépendantistes ne représentaient que 10% de l'opinion publique nationale il y a encore vingt ans. Ils sont près de 26% aujourd'hui, concentrés dans le nord mais aussi en Sardaigne et en Sicile. La crise, le chômage, l'immigration, le terrorisme ou encore la question de l'euro et de l'Europe ont joué un rôle clé dans cette augmentation. La multiplication des référendums en Europe, dont celui d'hier en Catalogne, pourrait donner des ailes à ceux qui, en Italie, ne veulent plus dépendre de Rome.

Publié par François Beaudonnet / Catégories : Non classé

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