Jérusalem: la poudrière Al-Aqsa

En réponse à l’attaque qui a coûté la vie à deux policiers, les autorités israéliennes ont installé des portiques détecteurs de métaux aux entrées de l’esplanade des mosquées. Cette mesure, à priori temporaire, irritent les fidèles musulmans qui refusent de se plier à des fouilles. De leur coté, les factions palestiniennes ont appelé à une “journée de la colère, ce mercredi. Elles dénoncent une atteinte intolérable à ce lieu saint de l’islam, vénéré également par les juifs. Explications.

Une souveraineté israélienne limitée
En juin 1967, à l’issue de la guerre des Six-jours, l’armée israélienne s’empare de la vieille ville de Jérusalem. Le mur des Lamentations est aménagé, puis rouvert aux Juifs. Toutefois, pour éviter une confrontation avec le monde arabe, l’Etat hébreu décide de confier la gestion de l’esplanade des mosquées - appelé également “Mont du temple” - au Waqf, une fondation religieuse contrôlée par la Jordanie. Par conséquent, les Israéliens n’y assurent depuis qu’un contrôle sécuritaire et n’y pénètrent qu’en cas de débordements.

Un fragile “statu quo”
Selon les règles en vigueur, dites du statu quo, les fidèles juifs peuvent se rendre sur l’esplanade à condition qu’ils n’y organisent pas de prières. Mais depuis les années 1980, un courant messianique juif tente de remettre en question ce modus vivendi. Ses adeptes exigent qu’y soient établis des horaires de prière pour les juifs et les musulmans, à l’image de ce qui se fait au Caveau des patriarches, à Hébron. Ils entendent ainsi réaffirmer la souveraineté juive sur ce lieu qui, jadis, abrita le Temple du roi David, détruit par les Babyloniens, puis par les Romains, et dont le seul vestige est le mur des Lamentations. D’après le livre d’Ezéchiel, la reconstruction de ce lieu sacré du judaïsme permettra la venue du Messie et la rédemption du monde.

Lieu saint de l’islam
Le site, appelé par les musulmans Al-Haram al-Charif (Noble sanctuaire), abrite la mosquée du Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa (la Lointaine) car c’est le sanctuaire le plus lointain où, selon la tradition musulmane, le prophète Mahomet se soit rendu. Selon la tradition musulmane, le Dôme du Rocher se dresse sur le rocher d’où le prophète est monté aux cieux sur sa jument ailée, al-Bourak. L’esplanade est ainsi le troisième lieu saint de l’islam après la Grande Mosquée de La Mecque et la mosquée du Prophète de Médine, en Arabie saoudite.

Guerre de religion?
Sur l’esplanade, les heurts sont fréquents entre policiers israéliens et jeunes lanceurs de pierre palestiniens.  Ces images d’affrontements suscitent à chaque fois de vives condamnations du monde arabe, qui ne cessent de mettre en garde Israël contre les risques d’embrasement régional. En septembre 2000, 7 Palestiniens avaient trouvé la mort dans des affrontements qui avaient suivi la visite d’Ariel Sharon sur ce site. Ces évènements ont précipité la seconde Intifada. En 2015, les autorités israéliennes ont fait interdire les mourabitoune (les sentinelles d’Al-Aqsa), des musulmans payés par des organisations islamistes du Golfe pour perturber l’entrée de fidèles juifs sur le lieu saint.
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  • Alain Horowitz

    curieusement, aucune mention sur France Info ou sur RFI du fait que les deux policiers assassinés étaient Druzes. Et que depuis cet attentat, un fossé s`est creusé entre les Palestiniens Israéliens et les Druzes, une dissidence Musulmane, qui représenent en Israël une population équivalente aux Arabes Chrétiens. Le fait que l`attentat n`ait été condamné que du bout des lèvres par les Palestiniens y compris ceux vivant en Israël a infurié la communauté Druze