En attendant un médiateur

Journée chargée pour les grévistes de PSA Aulnay. Tôt ce matin, ils ont d'abord apporté leur soutien au sixième ouvrier reçu pour un entretien préalable à licenciement. Ensuite, c'était un peu à la carte. Il y avait ceux qui préféraient rester à l'usine et ceux qui préféraient sortir pour manifester. Première destination proposée, Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) pour rejoindre les ouvriers de Goodyear devant le siège de leur groupe. Et se joindre à une manifestation de salariés d'entreprises visées par des plans sociaux comme Sanofi ou ArcelorMittal. Au même moment, au siège de PSA, avenue de la Grande-Armée à Paris (16e), quatre syndicats, le SIA, la CFTC, la CGC et FO, donnaient un avis favorable aux mesures d'accompagnement du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) proposées par la direction.

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"Comment dit-on 'en grève' en anglais ?"

Histoire de se mettre en voix, petite séance de répétition des slogans sur le quai en attendant le RER à Villepinte. Globalement, quand les ouvriers de PSA déboulent dans une rame de métro, ils sont plutôt bien accueillis. Une dame s'excuse, elle a une Volkswagen mais elle est solidaire, une autre se félicite que son mari ait acheté une Citroën. Enfin, une petite fille demande son badge à un gréviste qu'elle embrasse avant de quitter le wagon sous l'œil étonné de sa maman. Allez expliquer la grève d'Aulnay en anglais à une passagère du RER. Pourtant, certains ouvriers d'Aulnay s'y essaient. "Comment dit-on en grève en anglais ? " s'interroge Julien qui essaie de dialoguer avec une jeune anglaise "Ah oui, on strike".

Devant le siège de Goodyear, une nuée de journalistes attend les grévistes de PSA. Une forêt de micros et de caméras tendus à leur leader CGT, Jean-Pierre Mercier. Derrière, un vieux militant cégétiste murmure : "Tout ça pour 30 secondes au journal ce soir."

Gigi, ouvrière à Aulnay, converse avec Boris, ouvrier d'Arcelor Mittal. Ils se racontent leurs galères respectives. "Chez nous, en Lorraine, tout tourne autour de l'industrie", explique le premier. "Une fois que les grosses sociétés ferment, ça devient difficile." "On n'a pas le choix, le seul moyen c'est de s'unir, rétorque la seconde. Une heure est passée, il est déjà temps de repartir vers la Grande-Armée.

"Ouvriers décorateurs"

"Nous sommes des ouvriers décorateurs", scandent les grévistes en collant des affiches sur la vitrine du siège de PSA, dans le 16e arrondissement de Paris. A grand renfort de fumigènes, de pétards, de jets de peinture. Les grilles ont été baissées. C'est ensuite au tour du prestigieux showroom de Citroën, le C42, sur les Champs-Elysées, d'être "décoré". Quelques minutes plus tard, toujours sur les Champs-Elysées, le Peugeot Avenue, l'autre grande vitrine de la marque au lion, reçoit aussi la visite des grévistes d'Aulnay.

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En attendant un médiateur

Entre deux manifestations, on fait ses comptes. Cinq mille euros brut pour ceux qui espèrent être mutés, et 9 à 12 mois de salaire pour ceux qui quitteront le groupe. Azzedine, avec plus de dix ans d'ancienneté, gagne 1300 euros net par mois. Si l'on en croit le délégué CGT, Jean-Pierre Mercier, il ne peut espérer plus de 18 000 euros en quittant PSA. Pour les grévistes et  le responsable CGT d'Aulnay le compte n'y est toujours pas. Les mesures d'accompagnement du PSE viennent de recevoir un avis favorable de la part de quatre syndicats de PSA. Ils l'apprennent en rejoignant le métro.

Pour le responsable syndical de l'usine d'Aulnay, le seul recours désormais, c'est l'intervention d'un médiateur et l'ouverture de nouvelles négociations. "Il faut que l'Elysée nomme un médiateur pour débloquer la situation et engager des discussions avec le ministère du travail", explique-t-il.

Quelques moments choisis de cette journée d'actions.

 

 

 

Publié par Francine Raymond / Catégories : Actu

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