"PES 2017" ou la malédiction du football romantique

Dans le dur depuis une décennie, la simulation de football de Konami retrouve des couleurs depuis deux saisons et ambitionne de retrouver son lustre d'antan avec ce nouvel opus, sorti le 15 septembre sur consoles et PC. Pour y parvenir, PES a décidé de mettre le paquet sur ce qui avait fait sa force dans les années 2000 : le gameplay.

L'art du contrôle

A l'image de ces entraîneurs apôtres du beau jeu comme Marcelo Bielsa, Johan Cruyff ou Francisco Maturana, les développeurs de PES 2017 ont particulièrement soigné leur fond de jeu. Premier principe de base respecté à l'extrême : les contrôles. Amortis, orientés, appuyés, dédiés à une remise... Ils sont tous d'une importance cruciale et leur maîtrise est aussi difficile qu'essentielle, au plus grand plaisir du joueur, et sûrement de Michel Platini, qui a toujours martelé que le contrôle était à la base du foot.

Même constat pour les passes. PES 2017 offre aux joueurs un large éventail de possibilités pour transmettre la balle. Outre les traditionnelles passes simples, lobées ou en profondeur, les passes manuelles sont d'une redoutable efficacité et nécessitent un apprentissage conséquent pour en profiter pleinement. Mais c'est surtout la possibilité de développer un véritable style pour son équipe qui transfigure le système de passes. Du "tiki-taka" espagnol aux remontées fulgurantes dignes de Jürgen Klopp, on peut imprimer, via les menus, un style à sa formation sans que cela ne soit un simple artifice. De quoi donner un fond de jeu très réaliste et goûter à ce que ressent un entraîneur tel que Marcelo Bielsa lorsqu'il voit ses consignes appliquées par ses joueurs.

Un jeu bien frappé

Le même amour du beau jeu est visible sur chaque frappe ou passe. Bien plus "punchy" que sur Fifa, elles donnent une intensité particulière aux matchs. Même si elles semblent un poil exagérées sur certains tirs, la qualité des frappes de balle permet de construire des actions léchées qui collent à votre philosophie. Il est ainsi possible de faire tourner la balle à l'image de la Colombie de 1994 ou de jouer de façon beaucoup plus verticale comme Dortmund. Des styles de jeu auxquels il faut aussi savoir faire face contre certaines équipes comme Barcelone ou Arsenal.

Des soucis dans la finition

Ajoutez à cela des graphismes réalistes et réussis, et vous obtenez un PES 2017 très sexy et jouissif à prendre en main. Mais bien jouer n'est pas gagner. Le titre de Konami a beau développer un jeu attrayant, il pèche sérieusement dans la finition. A l'image du design des différents menus qui semblent tout droit sortis du début des années 2000. Les différentes options de jeu sont présentées dans des rectangles assez pauvres, accompagnés d'une playlist limitée. Sans oublier que l'interface pour accéder à son équipe et effectuer des changements est loin d'être intuitive. Des détails ? Mais tout fan de foot sait que les matchs se jouent souvent sur des détails. Et quand, en plus, on commet de grosses boulettes...

Car à force de tout miser sur le jeu, PES 2017 a oublié d'être rigoureux sur un point essentiel dans toute bonne simulation de foot : les licences. Bien que bénéficiant des droits pour la Ligue des champions et la Ligue Europa, le titre de Konami affiche de grosses lacunes en ce qui concerne les championnats européens. La Premier League ne compte ainsi que deux équipes sous licence (Arsenal et Liverpool), pour le reste il faudra passer par la case modifier pour changer le nom des clubs (London FC => Chelsea...). Heureusement, les joueurs conservent leurs noms. Pareil pour le championnat espagnol où seuls le FC Barcelone et l'Atlético Madrid sont présents.

PES2

Pire, la Bundesliga, elle, est carrément absente ! Seuls Dortmund et Schalke 04 sont jouables. Alors certes, la Ligue 1 et la Ligue 2 sont présentes, tout comme les championnats argentin et brésilien, mais cela fait léger, surtout comparé aux licences proposées par Fifa, qui sait se montrer bien plus pragmatique dans ce domaine. Autre gros point noir, un manque flagrant de stades avec seulement sept enceintes européennes (en comptant le Parc Saint-Jacques du FC Bâle en Suisse). Un peu maigre.

Des lacunes qui empêchent PES 2017, malgré tout le plaisir qu'il procure, de s'affirmer comme le champion des simulations de football devant Fifa. Mais ses progrès et sa jouabilité léchée font qu'il restera dans le cœur de n'importe quel fan de foot. Oui, on admirera toujours les quatre titres de champion du monde de l'Allemagne, mais c'est quand même les Pays-Bas de 1974, la bande à Platini ou l'Argentine 2002, perdants magnifiques, qui nous feront toujours kiffer.

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