Un retour raté pour les Libertines ?

Onze années ont passé depuis leur séparation. Après quoi, les fans des Libertines, dont l'auteur de ces lignes, ont écouté un temps les différents projets des différents membres du groupe – Babyshambles, Dirty Pretty Things puis l'album solo de Pete Doherty et celui de Carl Barât – avant de faire le deuil, pour préférer des produits de l'époque. Et voilà que les chantres du retour des guitares resurgissent d'entre les morts (les deux leaders ont lentement périclité), contre toute attente. Qu'attendre, d'ailleurs, de ce Anthems For Doomed Youth, nouvel album né d'une probable prise de conscience que Doherty et sa bande ont connu leur apogée avec les Libertines et qui sort vendredi 11 septembre ?

Déjà ringard ?

Il faut bien avouer que le groupe britannique a conservé son savoir-faire en matière de refrains enivrants, ce qu'avait déjà laissé entrevoir le premier single, intitulé Gunga Din. Fame And Fortune confirme, entre autres, cet état de fait. Comme d'habitude, la section rythmique (John Hassall à la basse et Gary Powell à la batterie) tiennent la baraque sur les chansons les plus rapides, tandis que les deux leaders/chanteurs/guitaristes balancent des petits solos sur des riffs foutraques.

Le problème, c'est que ces effusions de guitares électriques sont démodées et ça s'entend. Il y a de ça une décennie, Pete Doherty était une idole, il paraît désormais ringard, traînant ses guêtres sans classe.

Ci-gît la nostalgie

Autre exemple de l'anachronisme gênant qui règne : le titre You're My Waterloo, chanson composée au tout début du groupe, mais jamais sortie officiellement. La nouvelle version, réenregistrée, débute sur un air de piano, un clavier sonnant comme de la musique d’ascenseur. La faute au producteur, Jake Gosling, connu pour avoir travaillé avec les One Direction ? Peut-être, tant la production de l'album manque de folie, de rock'n'roll.

Mais le mal est plus profond. Il vient de l'essence même de ces reformations de groupes cultes motivées par la nostalgie du public. Or, ce sentiment de tristesse naît justement du regret d'une époque qui n'existe plus. Et les Libertines n'y échappent pas.

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