"The Man in the High Castle" : quand Hitler et les nazis envahissent les séries télé

Imaginez un monde où les alliés ont perdu la seconde guerre mondiale. Où l'Allemagne nazie et l'empire du Japon, les grands vainqueurs du conflit, se partagent l'occupation des Etats-Unis. Où le drapeau du Reich flotte de New York jusqu'au Texas. Tel est le point de départ de The Man in the High Castle, une série adaptée d'un roman de Philip K. Dick, produite par Amazon et Ridley Scott, et dont le site a diffusé un nouveau trailer, vendredi 10 juillet, à l'occasion du Comic Con de San Diego. La sortie est prévue à l'automne 2015.

Ce n'est pas la première fois que les nazis prennent le pouvoir sur le petit écran. Pop Up' revient sur quatre précédents.

"Misfits" : le téléphone portable qui fait gagner Hitler

"Allo, Hitler ?" Dans la saison 3 de la série britannique Misfits, trop méconnue de notre côté de la Manche, le Führer n'a pas conquis les Etats-Unis, mais la Grande-Bretagne à l'issue de la seconde guerre mondiale. La faute à Friedrich Hirsch : en 2011, ce survivant de la Shoah remonte le temps pour tuer le leader nazi avant la mise en place de la solution finale, espérant ainsi sauver ses proches des camps de concentration. En plus de rater son coup, le justicier laisse dans le bureau d'Hitler un téléphone portable, tout droit venu du XXIe siècle. De quoi faire basculer l'Histoire.

"Les alliés perdent la guerre en raison d'un bond technologique des nazis", titre un journal de l'époque. "L'impensable est arrivé", résume un autre : les nazis occupent Londres et le reste du pays. Ce n'est que grâce aux protagonistes de la série, cinq jeunes délinquants british dotés de superpouvoirs, que le cauchemar se termine. Kelly, l'une des héroïnes, voyage dans le temps pour récupérer le précieux téléphone portable, non sans asséner un coup de boule au Führer et l'interroger, avec son franc-parler habituel : "Mais pourquoi t'es aussi con ?"

"Doctor Who" : le Führer reste dans le placard

Au cours de ses nombreux voyages dans l'espace-temps, le Docteur Who a fini par croiser le Führer. Dans la saison 6 de Doctor Who, le TARDIS, la machine à voyager dans le temps, endommagé par un coup de feu, finit sa course à Berlin (Allemagne), en 1938. Accompagné de ses acolytes, Amy et Rory, le Docteur se retrouve face à Hitler, menacé dans son bureau par un robot déguisé sous les traits d'un officier de la Wehrmacht.

Cette fois-ci, le cours de l'histoire n'est pas modifié. La présence d'Hitler n'est qu'un prétexte à un affrontement loufoque entre le Docteur et Melody Pond : "J'allais à une bar-mitsvah homo tzigane pour handicapés", lâche ainsi la fille d'Amy et Rory face à des soldats allemands, se moquant ouvertement du Reich. Le leader nazi, lui, parvient à s'en sortir sans une égratignure et finit, quelques minutes seulement après le début de l'épisode, enfermé dans un placard dont on ne le verra plus sortir.

"Sliders" : le monde parallèle du "California Reich"

Dès son pilote, Sliders avait imaginé une Amérique dominée par les Soviets. Dans la (mauvaise) saison 4, Quinn Mallory et ses partenaires de voyage glissent cette fois-ci dans le "California Reich" : l'Etat de la côte Ouest est dirigé par le gouverneur Schick, "un véritable Hitler", selon les mots de Rembrandt Brown. A peine débarqué, le seul noir du groupe, considéré comme un "migrant", est transporté manu militari dans un "camp de rapatriement", géré par la "police raciale".

Dans ce monde parallèle, le gouverneur Schick est en course pour la Maison Blanche, avec un slogan de campagne : "L'Amérique aux Américains", comprendre aux Américains blancs. Les autres, les "migrants", sont les victimes d'une expérience scientifique glaçante, transformés en "Eddies", des travailleurs muets et inexpressifs, esclaves des temps modernes. Quinn, Rembrandt et les autres parviennent finalement à s'échapper, non sans avoir perturbé le meeting du candidat Schick, en livrant un message de tolérance aux électeurs de ce monde.

"Star Trek" : les nazis de l’espace, bannis en Allemagne

L'Allemagne a été, pendant des décennies, "l'ultime frontière" pour Star Trek. L'un des épisodes de la série culte, produit en 1968, a longtemps été banni outre-Rhin, occulté de toutes les retransmissions télévisées, jamais doublé en allemand avant le milieu des années 1990. Son scénario s'inspire du national-socialisme, trop sensible dans un pays marqué par son lourd passé nazi.

Dans cet épisode, intitulé "Patterns of Force" en version originale, le vaisseau Enterprise fait escale sur Ekos. En guerre avec leurs voisins de Zeon, les habitants de cette planète adoptent les pratiques du troisième Reich à l'égard de leurs adversaires, raconte le Telegraph (en anglais). Il a fallu attendre 2011 pour que l'épisode fasse son apparition en clair à la télévision outre-Rhin, explique le Bild (en allemand). Mais seulement diffusé après 22 heures, car interdit aux moins de 16 ans.

- Mathieu Dehlinger

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