La cigarette : tempête dans un cendrier

(JOE KLAMAR / AFP)

Elle ne pèse que quelques grammes qui partent en fumée en deux minutes. Pourtant, la cigarette représente, politiquement et économiquement, un poids considérable avec ses 27.000 buralistes ou son prix au paquet qui, en janvier, devrait dépasser les 7 euros. Et puis, le tabac rapporte 14 milliards chaque année à l'Etat mais coûte surtout 47 milliards à la collectivité, soit 3% du PIB, suivant les chiffres donnés par la Cour des comptes fin 2013.

Avec son Plan Santé dévoilé fin septembre, Marisol Touraine perpétue les politiques anti-tabac entamées dès les années 90 avec la Loi Evin et accentuées depuis 2003 avec des hausses continues du prix du paquet. La but est simple et affiché : dissuader de fumer. Cette semaine a donc vu la grogne des buralistes, d'abord à Tulle puis devant le Sénat jeudi. Dans le viseur, cette fameuse hausse et la loi sur le paquet neutre qui devrait arriver début 2016.

Pour calmer le jeu, Christian Eckert, le secrétaire d'Etat au budget, a aussi annoncé que les acheteurs de cigarettes sur internet seraient bientôt sanctionnés. Malgré cela, les buralistes seront-ils contraints de se mettre un jour à la parapharmacie pour palier le manque à gagner ? Ou  se contenter de vendre dans des cachous, des chewing-gums et des tickets du Kéno ?

Leur travail de cigarettier semble, tôt ou tard, en voie de disparition. Cela semble aussi inévitable que la désertification des  cigarettes au cinéma : qu'il est loin  le temps où Bogart ou Michel Piccoli fumait comme des pompiers sur Grand Ecran.

Et la musique dans tout ça ? D' Oasis (Cigarettes and Alcohol) à Serge Gainsbourg (Dieu est un fumeur de Havane) en passant par Annie Cordy (Cigarettes, whisky et p'tites pépées), My Bloody Valentine (Cigarette in your bed) ou M (je suis une cigarette), ils ont tous chantés la clope.  Celle qui réchauffe, celle qui soulage, celle que l'on donne à son amant et celle qui... tue aussi, assurément. Parmi toutes les chansons, il y a celle de Mélanie Pain  qui parle de dépendance amoureuse et de dépendance au tabac. Deux phénomènes parfois similaires.

Qu'en sera-t-il pour la musique, domaine où la cigarette a souvent été l'accessoire idéal du rockeur ou du  couple amoureux ? Est-ce que l'on écrira encore des chansons sur elle ? Ou est-ce que, considérée comme une apologie du tabac, on la remplacera par une cigarette électronique...ou un patch à la nicotine.

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