« Nous d'abord » ? Les jeunes et la préférence nationale

La question de la préférence nationale à l’embauche taraude l’ensemble des pays européens. La question « En période de fort chômage, l’emploi devrait être réservé en priorité aux français » se décline pour chaque nationalité.

Les résultats pour la France, disséqué en 2014, ne varient pas deux ans plus tard : 65% des jeunes de 18 à 34 ans répondent « pas d’accord ». Mais un jeune sur trois est d’accord, ce qui confirme l’importance d’un vote d’adhésion au FN dans la jeunesse.

Qu’en est-il à l’échelle de l’Europe ?

Logiquement, plus il y a de chômage et plus cette question devrait être clivante. Or surprise : l’Espagne répond « pas d’accord » à 71%, l’Italie à 63%. Des chiffres comparables à d’autres pays où le plein emploi règne, comme l’Allemagne, pas d’accord à 75%, le Luxembourg (64%) ou la Belgique (61%).
Au dessus de la barre des 40% de « d’accord » avec la préférence nationale, soit bien au delà de la sphère de la jeunesse la moins diplômée et/ou la plus précaire, on trouve l’Irlande, (59% de « pas d’accord »), les Pays Bas et la Suisse (tous les deux à 58/42).
Mais ce qui frappe, ce sont les pays où la préférence nationale est majoritaire dans la jeunesse. L’Autriche est le pays d’Europe ayant le taux de chômage des jeunes le plus bas, et pourtant 55% des 18/34 ans sont d’accord avec la préférence nationale à l’embauche. Opinion également majoritaire chez les Tchèques et les Britanniques.

On peut donc être surpris de constater que la France, le pays d’Europe où ce thème est débattu depuis le plus longtemps (percée du Front National au début des années 80) est parmi ceux où les jeunes résistent le plus. Le contexte social ne modifie rien : les différences de taux de chômage ont beau être sidérantes entre l’Allemagne (à peine 5% de la jeunesse) et l’Espagne (plus de 30%), les réponses « pas d’accord » sont quasiment les mêmes.

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