Les syndicats belges en renfort des Français

Le drapeau belge flottait en tête du cortège lillois ce samedi. Près de 200 militants belges ont rejoint ce week-end le mouvement de lutte contre le projet français de réforme des retraites, à l’appel de la Fédération Générale du Travail en Belgique (FGTB), de la Confédération des Syndicats Chrétiens (CSC) et du Parti du Travail Belge (PTB).

Un succès de la réforme pourrait impacter directement la situation des retraites de l’autre côté de la frontière. En 2018, le gouvernement du Plat Pays proposait déjà de passer d’un système par répartition à un régime par points. Le projet avait finalement avorté ; moins à cause de la gronde sociale, qu’en raison de la chute du gouvernement. Les syndicats craignent donc aujourd’hui qu’une réussite de l’exécutif français inspire le prochain gouvernement belge, ou d’autres en Europe. A contrario, tous voient dans un possible échec l’occasion d’inciter davantage les travailleurs à se mobiliser contre les réformes qui, d’après eux, pourraient contrevenir aux acquis sociaux.

Et pour tenter de gagner ce bras de fer avec le gouvernement d’Edouard Philippe, les syndicats belges ont décidé de soutenir financièrement les grévistes français. Avec le PTB, ils ont déjà versé plusieurs milliers d’euros chacun dans les caisses de grève des syndicats hexagonaux. Et d’autres versements sont prévus. La FGTB appelle depuis une semaine ses adhérents à participer à une cagnotte, qui sera entièrement versée à sa cousine française la CGT. La CSC, ne privilégie, elle, aucune fédération en particulier ; ses adhérents peuvent décider de la branche syndicale française à laquelle ils souhaitent faire don.

Au total, chaque syndicat belge espère pouvoir verser plusieurs dizaines de milliers d’euros à ses partenaires. Un montant qu’ils reconnaissent faible au regard de l’importance des caisses de grèves françaises, mais symbolique. A titre d’exemple, la CGT serait en mesure de verser 7,30 euros par heure aux salariés qui participent à plus de sept heures de grève. Au-delà de leur soutien financier, les syndicats belges pourraient aussi participer à des actions plus concrètes, si le mouvement français s’intensifie.

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