Belgique : l’exil de Puigdemont provoque un début de crise diplomatique

L’ex-premier ministre belge a qualifié le régime espagnol de « franquiste autoritaire », le parti de Mariano Rajoy réclame des excuses.

Cette phrase ne passe pas du côté de Madrid. Pour Esteban González Pons, porte-parole du Parti Populaire espagnol, «Les actions de Mariano Rajoy et du gouvernement vis-à-vis du combat indépendantiste catalan sont conformes à la législation espagnole et ont été soutenues par le PSOE, parti frère du Parti socialiste belge dans lequel milite M. Di Rupo».

Pour le porte-parole, «les seuls qui se sont comportés de manière autoritaire et ont violé les lois ont été, malheureusement, les membres du gouvernement catalan destitué». En écho à l’arrestation de Carles Puigdemont, il explique que «ceux qui décident de la légalité d’une situation sont les juges, et non le gouvernement».

Madrid ne supporte pas la comparaison avec le régime franquiste. Pour le parti, la déclaration de l’ex-premier ministre belge est irresponsable. "J'espère qu'il sait parfaitement que le régime franquiste appartient au passé et que l'Espagne est une démocratie où prévalent la loi, l'Etat de droit, la séparation des pouvoirs et le respect des droits du peuple" a réagi M. González Pons.

Pas la première déclaration hostile au gouvernement espagnol

Hier déjà, E. González Pons réagissait aux propos de Jan Jambon, Ministre de l’Intérieur belge, du parti  indépendantiste flamand N-VA. Celui-ci se demandait "Qu'ont-ils fait de mal?", à propos des membres du gouvernement catalan poursuivis pour avoir déclaré l’indépendance. "Simplement appliquer le mandat qu'ils ont reçu de leurs électeurs. Je me pose donc des questions"

Le responsable espagnol discrédite ces accusations. « Ce parti auquel appartient M. Jambon est connu pour ses antécédents xénophobes et à l'encontre de l'égalité entre les personnes, ainsi que pour son rejet des étrangers. Il serait donc préférable qu'il s'abstienne de donner des leçons ».

Certains, lassés de ces prises de paroles préfèrent tourner cette passe d’armes en dérision.

Le Ministre des Affaires étrangères tente de calmer le jeu

Didier Reynders déplore les déclarations des politiques belges sur la question catalane. Il se confiait ce matin au micro de la radio RTL. « Certains commentent la crise alors que ce n'est pas leur rôle ». En effet, ces prises de positions, condamnées par le parti Premier ministre Mariano Rajoy sont susceptibles de tendre encore davantage les liens diplomatiques entre les deux pays. Carles Puigdemont et ses quatre ex-ministres ont été remis en liberté par la justice belge, temporairement, et sous des conditions strictes : « interdiction de quitter le territoire belge sans l’accord du juge d’instruction, résider à une adresse fixe et obligation de se présenter personnellement à tous les actes de procédure ou à toutes convocations des autorités judiciaires et policières ».

C. Martin & V. Lerouge

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